Gérald Kierzek : "Il faut arrêter de s’exciter sur les variants, c’est l’histoire naturelle d’un virus"

Gérald Kierzek, médecin urgentiste à l'Hôtel Dieu, directeur médical de Doctissimo et auteur de "Coronavirus, comment se protéger?" (Archipel), était l’invité du “petit déjeuner politique” de Benjamin Glaise le 19 février 2021 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Gérald Kierzek interviewé par Benjamin Glaise sur Sud Radio le 19 février 2021 à 7h40.

Olivier Véran a tenu une nouvelle conférence de presse sur la situation sanitaire, jeudi 18 février, dans laquelle il a maintenu l’ensemble des mesures sanitaires. "Il a raison, il faut y aller doucement", explique Gérald Kierzek pour qui "il n’est pas question de faire du on-off".

S’il ne "faut pas être dans un alarmisme à tous crins, il ne faut pas non plus être dans un rassurisme", estime le médecin. "L’idée c’est de trouver ce chemin, cette ligne de crête". Gérald Kierzek se dit plutôt défavorable à "tout rouvrir maintenant" et prône plutôt un relâchement progressif "avec des mesures différenciées".
Il ne faut pas "faire l’erreur du déconfinement" et "y aller vraiment étape par étape".

"Ça serait bien qu’on sorte un peu de cette hystérie sanitaire"

Si Olivier Véran n’a pas annoncé de relâchement, mais plutôt un allongement de la période d’isolement des malades, Roselyne Bachelot a, de son côté, annoncé la possibilité pour les festivals musicaux d’avoir lieu sous réserve d’une jauge de 5.000 personnes assises. "On prend les précautions sanitaires et politiques. Mais en tout cas, on voit bien qu’il y a ces deux lignes au gouvernement", analyse le directeur médical de Doctissimo. Pour lui, "ça serait bien qu’on sorte un peu de cette hystérie sanitaire et ou de cette hystérie politique, et qu’on arrive à un apaisement".

 

Les festivals pourront donc se tenir, mais aucune annonce n’a été faite pour d’autres secteurs, comme les cinémas ou les restaurants. "Il va falloir qu’on se remette à vivre", interpelle Gérald Kierzek qui rappelle malgré tout qu’il y a "des conditions de sécurité à prendre".

"Qui dit sécurisation des lieux, dit réouverture des lieux"

"Il y a des lieux de vectorisation que l’on connaît ; moi, j’aimerais bien qu’on aille voir ce qu’il se passe vraiment dans les hôpitaux, dans les établissements de soins, le coronavirus, c’est devenu quasiment une maladie nosocomiale", soit une maladie que l’on contracte dans les hôpitaux. "Il y a des lieux, comme ça, qu’il faut à tout prix sécuriser", insiste le médecin.

Néanmoins, Gérald Kierzek concède que "il y a des endroits où ça contamine, ce n’est pas à l’extérieur, dans un festival, ou à l’air libre". Les lieux à risque, "ça ne veut pas dire qu’il faut les supprimer", précise-t-il, mais "il faut les sécuriser" pour les redémarrer. "Et cette sécurisation des lieux de transmission n’est pas proposée", déplore le médecin urgentiste. Pourtant, des moyens existent comme les tests rapides ou encore le "pooling salivaire" qui permettrait de faire un test pour plusieurs personnes à la fois.

"Il y a une tendance mondiale" à une baisse de cas détectés

Le couvre-feu à 18 heures a été maintenu par Olivier Véran, après déjà plus d'un mois d'application en France. Pour autant, souligne Gérald Kierzek, on ne connaît pas son efficacité. "Toutes les mesures qui ont été prises, que ce soit le confinement, le couvre-feu, on voit des courbes, ça monte, ça descend, il y a des pays qui n’ont pas pris les mêmes mesures, ça monte et ça descend pareil… je vous rappelle qu’aux États-Unis, chaque jour, quand vous regardez, c’est -30 % en nombre de cas et en termes de décès...", note le directeur médical de Doctissimo.

"Il y a une tendance mondiale" à une baisse de cas détectés, confirmée par l’OMS, qui ne signifie pas "de malades", tient à préciser le médecin. "Ce sont des gens qui ont fait des PCR" mais le test n’étant pas standardisé, les comparaisons internationales sont compliquées à faire, assure-t-il.

Certains papiers disent que les mesures n’ont "pas eu d’impact" et que c’est plutôt la typologie de la population qui entraîne une évolution de la pandémie. Le médecin souligne néanmoins que le couvre-feu dans toute la France "n’a pas de sens" car les situations sont différentes selon les régions. "Il faut différencier les mesures" et prendre des mesures plus strictes "dans les territoires où il se passe vraiment quelque chose", recommande Gérald Kierzek.

 

"On ne doit absolument pas s'affoler"

Concernant les variants, qui inquiètent de plus en plus, Gérald Kierzek a un avis très tranché : "Il faut arrêter, là aussi, de s'exciter sur les variants". Pour lui, c'est anxiogène alors que c'est tout à fait normal : "un virus, ça mute". Les mutations, "ça fait partie de la vie naturelle, de l'histoire naturelle d'un virus". S'il concède qu'il faut suivre l'épidémie, et donc les variants, "on ne doit absolument pas s'affoler, prendre des mesures par exemple de confinement" si un variant circule plus. "De toute façon, les variants vont prendre la place de la souche de base, de la souche européenne" ce qui est parfaitement naturel, pointe le médecin.

 

 

 

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