Geoffroy Didier : "Laurent Wauquiez a les épaules pour mettre Macron sous surveillance"

Député européen (LR) et directeur de campagne de Laurent Wauquiez pour l’élection à la présidence du parti, Geoffroy Didier était l’invité politique du Grand Matin Sud Radio ce vendredi.

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Le parti Les Républicains joue une partie de son avenir à moyen terme ce dimanche avec le premier tour de l’élection du prochain président du parti, une élection dont Laurent Wauquiez apparaît comme le grandissime favori. Directeur de campagne de ce dernier, Geoffroy Didier était l’invité politique du Grand Matin Sud Radio pour évoquer ce rendez-vous important pour la droite.

"C’est une élection démocratique au sein d’une même famille politique. La campagne de Laurent Wauquiez n’a pas été un spectacle médiatique mais plutôt tournée vers les militants. Il a effectué plus de 70 déplacements, plus que ses concurrents réunis il me semble. Il a compris que le peuple de droite est aujourd’hui exaspéré par les discours que la droite a eus mais n’a pas réalisés dans les actes, et surtout par une élection qu’on disait gagnée d’avance et qui ne l’a pas été. Il faut réveiller et renouveler la droite, en écrire une nouvelle page. Laurent Wauquiez veut s’y atteler", assure-t-il d’emblée avant de faire part de son optimisme.

"Sur les 235 000 personnes du corps électoral, environ 100 000 sont à jour de cotisation 2017. Je considère inévitablement que ces 100 000 personnes sont le corps électoral de fait. Si on applique un taux de participation classique pour les élections internes (50-55%), on peut donc s’attendre à quelques dizaines de milliers de votants dimanche. Je suis convaincu qu’ils choisiront Laurent Wauquiez car il a aujourd’hui les épaules pour s’opposer à Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon et mettre Emmanuel Macron sous surveillance. Bien sûr, nous avons conscience de partir de loin et nous mesurons tout ce qu’il reste à faire à partir de lundi prochain", rappelle-t-il.

"Fillon a fait preuve d’un courage que certains considèrent comme exemplaire"

Alors que Laurent Wauquiez s’est distingué ces derniers jours en s’affichant aux côtés de Nicolas Sarkozy et François Fillon, Geoffroy Didier souligne que ces deux hommes gardent une certaine aura auprès des électeurs de droite. "Il est aussi sain de pouvoir rendre hommage à tout ce que la droite a pu faire entre 2007 et 2012 avec Nicolas Sarkozy et François Fillon. François Fillon a gagné la primaire de la droite, il a été légitimé par quatre millions de votants. Il a porté un projet, dont je ne cautionne pas tout,  et a fait preuve dans une adversité inégalée d’un courage que certains considèrent comme exemplaire. Beaucoup d’électeurs de droite en veulent à la façon dont François Fillon a été détruit et ont trouvé qu’il avait fait preuve d’un courage que l’on trouve assez rarement dans le combat politique", martèle-t-il.

Quant à l'affirmation du leader centriste Jean-Christophe Lagarde, qui a déclaré ce vendredi que l’UDI ne ferait plus alliance avec Les Républicains en cas de victoire de Laurent Wauquiez, Geoffroy Didier n’imagine pas cette éventualité. "Je suis optimiste parce que je pense que si la droite avance solide sur son socle, elle sera fédérée autour d’un leadership mais aussi du respect des différentes sensibilités. J’appelle à ce que Laurent Wauquiez, s’il gagne, assume le fait que c’est toujours la diversité de la droite qui a fait sa force. Je me souviens qu’il y avait au RPR d’un côté Philippe Séguin, et de l’autre Charles Pasqua. Toutes ces personnes avançaient ensemble autour d’un cadre et de valeurs communes. C’est possible et c’est ce que Laurent Wauquiez souhaite faire. Bien sûr, il faut un socle de convictions assumées, mais c’est précisément quand on sait où l’on est qu’on peut fédérer et rassembler. Après, il y a des petits jeux à quelques heures du vote, il est normal que le responsable d’une autre formation politique concurrente essaye de jouer son jeu médiatique, mais nous n’en sommes pas là", déclare-t-il.

"Emmanuel Macron n’est pas le Père Noël"

Pour le vice-président de la région Île-de-France, Les Républicains n’auront aucun problème à s’opposer à Emmanuel Macron quand ils le jugeront nécessaire. "L’élection d’Emmanuel Macron a eu un grand mérite : c’est la fin du sectarisme. On ne peut plus pratiquer une obstruction permanente comme la droite l’a trop souvent fait par le passé. Lorsqu’Emmanuel Macron supprime partiellement l’ISF, j’applaudis et je soutiens activement. Mais lorsqu’il ponctionne les retraites de ceux qui ont travaillé honnêtement, qui ont parfois galéré et qui verront leurs impôts augmenter de 300 euros par an, je leur explique à eux qu’Emmanuel Macron n’est pas le Père Noël", prévient-il.

Enfin, celui qui est également député européen s’est également projeté sur les prochaines élections européennes, rappelant ses divergences tant avec Emmanuel Macron qu’avec Marine Le Pen. "Le quasi-fédéralisme que promeut Emmanuel Macron et qui consiste à diluer la souveraineté française dans une Europe informe n’est absolument pas ce que ressentent la plupart de nos concitoyens. (…) Marine Le Pen est totalement anti-européenne. Tout son programme économique est basé sur la sortie de l’euro. Quand elle souhaite supprimer les drapeaux européens des manifestations officielles, augmenter de manière massive les salaires des fonctionnaires, rétablir la peine de mort, stopper totalement l’immigration, pensez-vous vraiment que nous avons les mêmes propositions et la même philosophie qu’elle ? Nous sommes très différents du Front national", insiste-t-il.

Retrouvez en podcast toute l’interview de Geoffroy Didier dans le Grand Matin Sud Radio