Geoffroy Didier : "Je demande l’interdiction du Black Friday"

Geoffroy Didier, député européen LR et vice-président de la région Île-de-France, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 9 novembre 2020 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Geoffroy Didier interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 9 novembre 2020 à 7h40.

Geoffroy Didier : "Personne n'arrive aujourd'hui à la cheville du Général de Gaulle"

Le 9 novembre 2020 est le 50e anniversaire de la mort du Général de Gaulle, qui a également été à l’origine d’une certaine partie des mouvements politiques de droite en France. Geoffroy Didier, député européen LR, "espère" que son parti en est encore le digne héritier. "50 ans après sa mort, Charles de Gaulle est une leçon de politique permanent pour nous tous." Il a bien évidemment été l’un des artisans de la Libération mais a également mis en avant "l’indépendance de la France", souligne le député européen. "L’indépendance stratégique par rapport à la concurrence mondiale."

"Le Général de Gaulle n’est pas seulement une leçon de politique : il doit aussi être une leçon de modestie, parce que tout le monde s’en réclame mais personne, je dis bien personne, ne lui arrive aujourd'hui à la cheville", affirme Geoffroy Didier.

 

"Je ne suis pas pour une primaire fermée"

Charles de Gaulle est l’image du chef incontesté, ce qui manque à la droite, concède le vice-président de la région Île-de-France. "Il y a un président Les Républicains, Christian Jacob, qui a été élu et qui anime les équipes, les sensibilités de la droite, mais lui-même a dit qu’il ne serait pas à l’élection présidentielle." Pour Geoffroy Didier, "il faudra une sélection démocratique pour que nous nous trouvions un chef", ce qui signifie "une primaire qui ne dit pas son nom parce que nous savons que son nom est maudit".

Ce vote devra même aller "bien au-delà des Républicains" car "nous savons qu’il y a des responsables politiques de haut rang qui ne sont plus membres des Républicains aujourd’hui et qui pourraient très bien porter nos couleurs". "Je ne suis pas pour une primaire fermée", souligne le député européen, "mais je suis aussi pour une primaire qui soit respectueuse de l’esprit militant des Républicains" et qui donc fermerait totalement les portes à la gauche.

 

"Valérie Pécresse est une force tranquille, elle est solide dans la tempête"

Plusieurs noms circulent quant à un possible candidat de la droite. Pour autant, Valérie Pécresse, présidente de la Région Île-de-France n’a pas encore annoncé de candidature à une possible primaire. En tant que vice-président de la même région, Geoffroy Didier en est très proche : "elle est concentrée sur l’action réformatrice qu’elle mène en Île-de-France" autant sur le plan sanitaire qu’économique.

"Mais au fond, observez : elle est une force tranquille, elle est solide dans la tempête, et je pense que c’est ce qu’apprécient les Franciliens et peut-être demain, nous verrons, c’est ce qu’apprécieront les Français."

 

"Je demande l’interdiction de ce Black Friday, car je ne voudrais pas qu’à l’injustice s’ajoute l’indécence"

La gestion de la crise du Covid-19 continue de faire débat en France, surtout au niveau de la fermeture des petits commerces. Geoffroy Didier déclare avancer dans cette crise" avec beaucoup d’humilité". "On sait bien que cette ligne de crête, cette double exigence qui est à la fois de préserver l’économie et réduire l’épidémie, est du funambulisme." Toutefois, "le gouvernement a failli à bien des égards", souligne-t-il, notamment sur la question des masques, "sur la préparation de cette deuxième vague qui paraissait pourtant inéluctable"…

"Ce qui me révolte aujourd’hui, c’est l’injustice que subissent les petits commerçants." Le vice-président d’Île-de-France demande qu’on "trouve le plus vite possible, et en respectant les conditions sanitaires, des solutions pour ne pas laisser ces commerçants mourir à petit feu". Il juge que "des solutions alternatives existent" permettant d’ouvrir tout en respectant les conditions sanitaires.

Les grandes surfaces, et le e-commerce, continuent de vendre alors que se prépare, en novembre 2020, la période de promotions appelée Black Friday, rendez-vous annuel de fin d’année. "Je demande l’interdiction de ce Black Friday, car je ne voudrais pas qu’à l’injustice s’ajoute l’indécence", déclare le député européen, qui estime que les marchands du web pourraient profiter "de cette période difficile pour tout le monde pour prendre tout ce qu’il y a à prendre au détriment de ces petits commerçants qui sont en train de rogner chaque semaine et qui sont en train de mourir à petit feu". "Je demande l’interdiction du Black Friday, car à l’injustice ne doit pas s’ajouter l’indécence", répète-t-il.

 

"Nous n'avons plus de débats, nous ne pouvons plus aller ni à Bruxelles ni à Strasbourg"

La gestion de la réouverture des écoles fait aussi débat, mais sur ce point Geoffroy Didier se dit "prudent". "La volonté du gouvernement, et je la partage, était de préserver coûte que coûte l’instruction", permettant ainsi d’éviter que se créent de profondes injustices. S’il concède qu’il y a peut-être "eu ici-là des défauts d’organisation", il "défend l’idée que les écoles doivent continuer à fonctionner".

Il n'y a plus de séances plénières à Strasbourg. "Le Parlement expédie les affaires courantes, il y a des commissions, des réunions en visio, explique le député européen. Mais nous avons un problème, reconnaît-il, nous n'avons plus de débats, nous ne pouvons plus aller ni à Bruxelles ni à Strasbourg. À un moment où nous avons plus que besoin d'Europe, où il y a une crise économique qui touche toute l'Europe, un plan de relance économique européen qui patine, où l'Europe entière est menacée par le terrorisme islamiste, il serait anormal que l'Europe se mette plus ou moins au chômage technique ou à l'arrêt. Je demande donc qu'on permette aux députés européens d'exécuter pleinement leur mission au service des peuples. Selon lui, on peut parfaitement trouver un équilibre avec des conditions sanitaires très strictes".

 

"Si on veut sauver le projet européen, c'est en la rendant beaucoup plus solide à ses frontières extérieures"

Les frontières de Schengen ne sont pas étanches face à l'immigration clandestine. Les quelques renforts dans les Pyrénées décidés par Emmanuel Macron vont-ils changer quelque chose ? "On a prévu d'arriver à 10.000 garde-frontières de l'agence européenne Frontex d'ici 2027, rappelle Geoffroy Didier. Peut-on attendre 2027 ? Combien de morts et de victimes du terrorisme aurons-nous à pleurer d'ici 2027 si on ne fait rien ? dénonce-t-il. Le problème de l'Europe aujourd'hui n'est pas seulement celui de la solidarité entre nous, mais celui de la solidité. Il ne peut pas y avoir de libre circulation à l'intérieur des frontières s'il n'y a pas de frontière extérieure solide, c'est-à-dire étanche.

Une frontière ça peut se traverser en toute légalité mais ça se respecte ! estime le député européen, qui ne comprends pas que de telles évidences aient pu devenir des combats politiques. Ça fait 10 ans que les politiques de droite et de gauche nous disent qu'il faut refonder Schengen, mais ils ne prennent jamais les mesures à la hauteur de leurs paroles. Aujourd'hui, l'Europe est en danger, et si on veut sauver le projet européen, c'est en la rendant beaucoup plus solide à ses frontières extérieures".

 

"Il faut créer un patriotisme européen"

Sur les élections américaines, "il ne faut pas être naïf sur ce que signifie le résultat de cette élection, souligne Geoffroy Didier. Donald Trump est passé de 63 millions d'électeurs en 2016 à près de 71 millions, il a donc aussi réussi, je ne juge de rien mais j'en prends acte, son mandat dans le sens où il a fait tout ce qu'il avait dit qu'il ferait, et il a été le véhicule d'une attente de protection. J'aimerais que nous arrêtions de moquer, de sous-estimer et de mépriser ses électeurs".

Par ailleurs, pour le député européen, "il ne faut pas être naïf sur ce que sera le mandat de Joe Biden, parce qu'il cherchera aussi uniquement les intérêts des Américains. Face au patriotisme américain qu'il aura bien raison de poursuivre voire amplifier, il faut créer un patriotisme européen. L'Europe doit se réveiller, arrêter d'être naïve, ne pas attendre d'être à la remorque une nouvelle fois des Américains et créer une indépendance stratégique".

 

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