Geneviève Darrieussecq : "La dette envers les Harkis n’est pas réglée"

Geneviève Darrieussecq, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants, était l’invitée du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 25 septembre 2020 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Geneviève Darrieussecq interviewée par Patrick Roger sur Sud Radio le 25 septembre 2020 à 7h40.

Geneviève Darrieussecq : "la sagesse veut que nous soyons prudents"

Les nouvelles restrictions concernant le Covid-19 continuent de faire polémique alors que les bars et restaurants sont ciblés par des fermetures. Geneviève Darrieussecq, également allergologue de profession, comprend "l’inquiétude de chacun" alors que "tout le monde souhaitait reprendre une vie normale". "Ces nouvelles restrictions les perturbent dans leur économie mais aussi dans leur amour de leur métier", concède-t-elle.

Toutefois, elle estime que "c’est aussi la sagesse", que cette prise de décision est difficile. Elle souligne que "nous serons là pour les aider économiquement, mais la sagesse veut que nous soyons prudents et que nous puissions éviter les rassemblements trop importants".

 

"Ce qui est perturbant c'est qu’on ne peut pas se projeter dans le temps"

L’une des critiques faites au gouvernement est celle d’abuser de prudence et de créer une société anxiogène, un avis qui n’est pas partagé par la ministre. "Moi je crois que nous demandons des efforts individuels et des efforts collectifs." Ce qui est perturbant c'est "qu’on ne peut pas donner de date et d’objectif" et qu’on "ne peut pas se projeter dans le temps" sur ce qui est la fin de ces efforts demandés par le gouvernement. Geneviève Darrieussecq redoute surtout de "revoir les images vues dans l'est de la France au mois de mars, qui, elles, pour le coup étaient particulièrement anxiogènes".

Selon elle, "nous devons vivre, nous pouvons travailler, nous pouvons envoyer nos enfants à l’école, nous pouvons avoir une vie sociale modérée."

Les salles et clubs de sport ont également été fermés, suscitant, là aussi, l’incompréhension. Pour Geneviève Darrieussecq, "l’idée générale est que toute activité physique faite dans un endroit clos où de nombreuses personnes sont présentes dans un même temps, représente une possibilité de transmission virale". Elle rappelle par exemple qu’on peut "faire du sport à l’extérieur", par exemple.

 

"Je passe mes journées avec un masque : ce n’est pas la mer à boire !"

Sur le port du masque, qui fait également débat surtout en ce qui concerne le port obligatoire dans la rue, la ministre a un avis tranché : "le port du masque, moi je le recommande au maximum". Elle souligne que "le masque est une protection pour les autres" et que le masque doit devenir une habitude. "Je passe mes journées avec un masque". "Ce n’est pas la mer à boire."

 

"Lorsque nous arrivons dans une alerte maximale, l’État se doit de donner un cadre plus strict"

La décision de fermer les bars a été également critiquée pour la question du manque de concertation avec les élus locaux. "Je pense qu’ils se trompent", estime Geneviève Darrieussecq. Elle rappelle que sur la concertation, "ce que prône le Premier ministre depuis le premier jour, c’est qu’il y ait justement une différentiation des mesures en fonction de l’état sanitaire de chaque région".

"Il est évident que lorsque nous arrivons dans une alerte maximale, l’État se doit de donner un cadre qui est un cadre plus strict", juge-t-elle.

 

"La dette envers les Harkis n’est pas réglée mais nous avons fait beaucoup de chemin"

Ce 25 septembre 2020, en sa qualité de ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants, Geneviève Darrieussecq va procéder à une journée d’hommage aux Harkis. La dette que la France a envers les Harkis "n’est pas réglée" estime la ministre, "mais quand même, nous avons fait beaucoup de chemin".

Les Harkis "sont ces Français qui sont arrivés sur le territoire dans de très mauvaises conditions d’accueil" à cause d’un manque de préparation et d’un manque de volonté d’intégration. "Nous avons cette dette morale par rapport à eux, mais nous travaillons beaucoup. J’ai beaucoup travaillé dans le sens de la reconnaissance, dans le sens de la réparation et puis aussi dans le sens de la mémoire afin de ne pas oublier cette histoire et de faire en sorte qu’elle soit connue de chacun, et notamment des jeunes Français."

Geneviève Darrieussecq confie être inquiète "sur la fracturation des territoires français et de la société française. Je suis dans un domaine où la mémoire est un levier pour transmettre certaines valeurs. J'essaie de porter les valeurs de notre devise républicaine, liberté égalité fraternité, les valeurs de notre démocratie, à partir de la mémoire combattante et de l'engagement des soldats pour libérer la France et faire en sorte que notre pays reste une démocratie".

 

"Florence Parly n'a pas menti, elle a dit une inexactitude"

La ministre des Armées, Florence Parly, a reconnu devant la commission d'enquête sénatoriale sur la gestion de l'épidémie, avoir affirmé à tort en mars dernier que les militaires chargés de rapatrier des Français depuis Wuhan fin janvier avaient été testés au Covid-19. "Florence Parly n'a pas menti, elle a dit une inexactitude, estime Geneviève Darrieussecq. On ment quand on dit sciemment quelque chose que l'on sait faux, et je pense que ce n'était pas du tout le cas !"

Pour elle, "à cette période, tout a été fait comme il fallait le faire dans l'état des connaissances que nous avions. Ces soldats qui sont revenus de là-bas n'ont pas été à l'origine de la moindre épidémie en France".

 

 

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