Frédérique Vidal : "ce n'est pas le gouvernement qui bloque les trains !"

Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation, était l'invitée politique du Grand Matin Sud Radio le 20 décembre.

Frédérique Vidal, interviewée par Christophe Bordet sur Sud Radio le 20 décembre à 7h40.

Frédérique Vidal : "ce n'est évidemment pas le gouvernement qui bloque les trains actuellement"

En ce jour de départs en vacances, c'est la cohue dans les aéroports et dans les gares. Pour Frédérique Vidal, "ce n'est évidemment pas le gouvernement qui bloque les trains actuellement. Les syndicats les plus responsables ont appelé à cette trêve de Noël, nous rentrons dans une période où les gens ont envie d'être dans un moment festif et retrouver leur famille, c'est bien normal qu'ils puissent le faire, estime-t-elle. L'UNSA-Ferroviaire a effet annoncé une pause dans le mouvement de grève pendant les vacances scolaires. "Depuis le début, on a des syndicats qui ont des positions extrêmement différentes sur cette réforme, explique Frédérique Vidal. Certains estiment que le système dans lequel nous sommes ne peut pas continuer, c'est aussi l'avis du gouvernement. Sur la question d'un système qui soit plus compréhensible, plus lisible, plus juste, il y a des syndicats qui adhèrent à cela".

 

La plupart des syndicats de veulent pas de la réforme du gouvernement, nuance Christophe Bordet. "Il y a des avancées saluées par certains syndicats, qui réclament depuis longtemps une réforme telle que nous la proposons, à points, plus lisible et plus juste. Il y a encore des ajustements à faire, c'est pour ça que le Premier ministre les recevait encore hier et avant-hier et les recevra encore en janvier, pour qu'on avance", ajoute Frédérique Vidal. Beaucoup de choses qui ont été mises dans cette réforme viennent des propositions portées par les syndicats. Il y ceux qui veulent continuer à avancer et à faire progresser le système et il y a ceux qui ont décidé qu'on ne changera rien".

 

"L'âge légal de départ à la retraite reste 62 ans, et ça peut être 60 ans pour les carrières pénibles et les carrières longues"

Beaucoup disent que le gouvernement a fait un pari en présentant cette réforme 15 jours avant les fêtes de Noël. "Cette réforme est travaillée depuis plus de deux ans, se défend Frédérique Vidal. Un premier rapport a été remis, beaucoup de choses étaient sur la table depuis cet été. On nous a beaucoup reproché d'annoncer des réformes sans les avoir discutées, nous avons cette fois-ci discuté. On se focalise beaucoup sur le sujet de l'âge pivot à 64 ans, mais ça fait partie des choses mises sur la table en termes de discussion depuis l'été. Il y a beaucoup de gens qui partent à la retraite à 67 ans, car c'est l'âge actuel à partir duquel on ne subit plus la décote. Dans la réforme en cours d'application de la loi Touraine, il était prévu qu'on travaille jusqu'à 64 ans". Frédérique Vidal rappelle que "l'âge légal de départ à la retraite reste 62 ans, et ça peut être 60 ans pour les carrières pénibles et les carrières longues".

Édouard Philippe est-il insensible à la souffrance des Français ? Pour Frédérique Vidal, "Le Premier ministre est quelqu'un qui a énormément de respect, de considération et d'empathie pour les Français. Nous savons que c'est très difficile pour eux". Gérald Darmanin, le ministre de l'Action et des Comptes publics, a dit qu'Emmanuel Macron devrait s'entourer de personnes "qui boivent de la bière et mangent avec les doigts". Le président Macron et son entourage vivent-ils dans un autre monde ? "Je ne me sens pas déconnectée et le président de la République n'est évidemment pas déconnecté !" estime Frédérique Vidal.

 

Enseignants : "l'engagement qui a été pris est que les pensions ne baisseront pas pour cette catégorie de personnels"

Parmi les victimes collatérales des grèves, il y a des étudiants qui ont vu leurs examens reportés. "Ce sont quelques milliers sur un peu plus de 2 millions et demi d'étudiants, précise Frédérique Vidal. C'est extrêmement difficile pour eux. Soit les épreuves sont reportées, de manière à ce que tout le monde puisse s'y rendre de façons sereine, dans d'autres cas, lorsque le contrôle continu est installé, il y a déjà eu des notes sur le semestre. Les universités qui ont dû reporter les examens sont en train de faire en sorte qu'on puisse positionner les examens sur des journées où les étudiants aient le temps d'arriver pour les passer".

Concernant les enseignants et les chercheurs, "on a un nécessaire besoin de revalorisation des salaires pour qu'il n'y ait pas de pertes dans les pensions, explique Frédérique Vidal. Il faudra qu'on compense le manque de primes actuel, de façon progressive. La transition doit être la plus douce possible. L'engagement qui a été pris est que les pensions ne baisseront pas pour cette catégorie de personnels".

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