Frédéric Lefebvre : "Nicolas Sarkozy est devenu une âme égarée, il s'est perdu"

L’ancien député et secrétaire d’État Frédéric Lefebvre était l’invité politique de Michaël Darmon ce samedi. Financement de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy et avenir de la droite actuelle étaient notamment au programme.

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Ancien député des Hauts-de-Seine (2007-2009) et des Français de l’étranger (2013-2017) et ancien secrétaire d’État chargé du commerce (2010-2012), Frédéric Lefebvre a surtout été un temps l’un des proches conseillers de Nicolas Sarkozy lors de son ascension vers le pouvoir. Invité politique de Michaël Darmon ce samedi sur Sud Radio, il s’est notamment confié sur le passage de l’ancien président de la République au journal télévisé de TF1 jeudi soir, après sa garde à vue et mise en examen dans le cadre des soupçons de financements libyens de la campagne présidentielle de 2007.

"Je l’ai trouvé éprouvé, excédé, affûté, très offensif contre les journalistes et ceux qu’ils accusent d’être à l’origine d’un complot, tout en épargnant les magistrats. Il était en réalité déjà concentré sur le procès qui va arriver et qui sera une longue route pour lui. Finalement, l’exercice auquel il s’est adonné jeudi est celui qu’il maîtrise le mieux : prendre l’opinion à témoin et crier son innocence avec force", analyse-t-il, tout en bottant en touche sur le fond de l’affaire. "Je ne suis pas en mesure ni d’infirmer ni de confirmer quoi que ce soit de ces accusations. Cette campagne a été pleine de rebondissements, et en 2006, lors du retour de Cécilia qui avait quitté Nicolas Sarkozy alors en pleine conquête du pouvoir, j’ai été écarté du pilotage de la campagne. Je ne participais plus à aucune réunion d’organisation de la campagne, je n’avais pas le droit de me rendre au QG, etc. (…) Je ne dirais pas que c’est impossible, je n’étais pas en mesure de voir quoi que ce soit", assure-t-il.

"Laurent Wauquiez va se faire croquer par Marion Maréchal-Le Pen"

Aujourd’hui co-fondateur du parti Agir, la droite constructive, Frédéric Lefebvre a pris ses distances avec Nicolas Sarkozy et Les Républicains, mais reste droit dans ses bottes. "Ma ligne de conduite est toujours la même. Dans l’entourage de Nicolas Sarkozy, j’ai été pendant de longues années, avant de considérer qu’il est devenu une âme égarée et qu’il s’est perdu, celui qui a théorisé l’ouverture. J’ai toujours construit en pensant que l’intérêt du pays devait passer avant l’intérêt des partis politiques. Je dis la même chose aujourd’hui. Les vrais transformistes sont ceux qui, en réalité, transforment leurs convictions et leur stratégie en fonction de ce qu’ils pensent être l’air du temps de l’opinion publique. Au Parlement, j’ai été le seul député de droite à voter la loi Macron – ça m’a valu les foudres de Nicolas Sarkozy – et j’ai rencontré un homme (Emmanuel Macron) qui avait une attitude politique assez audacieuse. Je me retrouvais enfin avec un ministre d’un gouvernement de gauche prêt à travailler avec moi de manière sincère", explique-t-il.

Celui qui vient de publier Chaos - Histoires secrètes de la guerre des droites n’est par ailleurs pas très optimiste pour l’avenir politique de Laurent Wauquiez. "Le rapprochement de la droite et de l’extrême-droite est inéluctable car Laurent Wauquiez a fait le calcul que Macron avait capté l’électorat modéré. C’est pour ça qu’il n’attend qu’une chose, que les modérés de droite continuent de partir les uns et les autres, pour pouvoir faire sa tambouille et assumer son créneau de reprise de l’extrême-droite. Il ne parie pas sur une alliance avec le Front national mais avec Marion Maréchal-Le Pen, car il a compris que les Le Pen se passent le pouvoir de générations en générations. Là où il fait une erreur, c’est qu’il va se faire croquer par Marion Maréchal-Le Pen", prédit-il.