François Kalfon (PS) : "Nous demandons une hausse du Smic de 15% à la rentrée"

François Kalfon, membre du bureau national du PS et conseiller régional d'Île-de-France
François Kalfon, membre du bureau national du PS et conseiller régional d'Île-de-France

Membre du bureau national du PS et conseiller régional d’Île-de-France, François Kalfon était l’invité politique du Grand Matin Sud Radio ce vendredi.

Emmanuel Macron est-il le président des riches ? À cette question, François Kalfon, membre du bureau national du PS, répond clairement par l’affirmative, prenant notamment pour exemple le report de l’annonce du plan pauvreté à la rentrée, le chef de l’État pouvant se rendre dans les prochains jours en Russie pour soutenir… l’équipe de France de football. "J’ai trouvé ça d’une indignité absolument flagrante. La suppression de l’ISF c’est maintenant, la pauvreté c’est pour après la Coupe du monde. Ce gouvernement mélange une certaine forme d’indignité, de mépris, et une communication paillettes de pacotille. D’ailleurs, les Français ne s’y trompent pas, puisque ce matin vos confrères du Figaro font paraître une enquête selon laquelle 8 Français sur 10 considèrent l’attitude d’Emmanuel Macron comme étant méprisante et loin du peuple. J’ai même vu que c’était 66% chez les électeurs de La République En Marche ! Il se passe quelque chose cet été : les électeurs de M. Macron ouvrent enfin les yeux sur la nature de ce pouvoir. Il faut dire qu’il s’était bien caché, mais à un moment donné la vérité apparaît au grand jour", clame-t-il ce matin.

Face à cette cote en berne d’Emmanuel Macron, François Kalfon veut voir la gauche reprendre du poil de la bête et monter au créneau. "L’opposition, on va l’entendre, et elle doit pouvoir dénoncer cette présidence des super-riches et tracer un chemin. La gauche doit être par exemple très fortement présente sur la question des salaires. On voit le rétablissement des marges des entreprises et la diminution du chômage. Il faut donc qu’il y ait à la rentrée une augmentation du Smic de l’ordre de 15%, ce serait la contre-partie des efforts qu’ont consacré les Français au rétablissement des marges des entreprises, qui ont eu beaucoup de cadeaux. Il est temps de leur redonner du pouvoir d’achat", martèle-t-il.

"Les socialistes demanderont un référendum sur cette réforme"

Une opposition à la vision d’Emmanuel Macron que le socialiste éprouve également sur le plan institutionnel, avec en toile de fond le discours très attendu du président de la République face au Congrès à Versailles pour présenter la réforme à venir de la Constitution. "Les socialistes demanderont un référendum sur cette réforme : "Approuvez-vous la réforme constitutionnelle présentée par M. Macron ?". Nous nous ferons fort d’expliquer à quel point cette réforme est une réforme de confiscation. (…) À cela s’ajoute une présidence au profit des grands groupes financiers. Flat-taxe, suppression de l’exit-taxe... Tout ce qui concerne la protection non pas des chefs d’entreprise mais de la finance, que M. Macron connaît si bien, est à l’ordre du jour, en plus de la suppression des corps intermédiaires", insiste-t-il.

Pour le conseiller régional d’Île-de-France, il est aujourd’hui bien difficile de décerner le moindre satisfecit au locataire de l’Élysée. "J’aimerais bien lui donner un bon point, mais dans quel domaine ? Je cherche mais ne trouve pas vraiment. Sur la question de la relance européenne, on a eu un sommet de l’UE. Où en est-on du budget européen ? Très poliment, dans une rencontre bilatérale Mme Merkel dit qu’on avancera sur le projet en 2020. Mais quand vous regardez le communiqué de sortie du sommet, le budget européen n’est même pas mentionné ! Donc quelle est l’efficacité de M. Macron en la matière ?", se demande-t-il.

Réécoutez en podcast toute l’interview de François Kalfon dans le Grand Matin Sud Radio

 

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