éditorial

L'édito de Véronique Jacquier

Véronique Jacquier
Politique

Êtes-vous convaincus par la stratégie d'Emmanuel Macron pour sortir de la crise ?

C’est la question que nous posons aux auditeurs ce matin après l’acte 19 de ce samedi. C’est vrai qu’il est difficile d’y voir clair dans la sortie de crise...

Nous avons d’un côté un mouvement inédit : les gilets jaunes. Inédit par leur mobilisation en dehors de tout cadre syndical ou politique. Inédit par leur longévité. 4 mois sans baisser les bras. Inédit aussi dans la forme via les réseaux sociaux. Et de l’autre coté nous avons un président qui dès le départ n’a pas pris ce mouvement de colère au sérieux. Et cela continue ! Pour preuve son week-end au ski alors que les Gilets Jaunes lui fixaient un ultimatum lors de l’acte 18. Alors, quelle est véritablement la stratégie d’Emmanuel Macron ? Le pourrissement de la situation ? Au début, oui. Mais ensuite c’est une faute politique que de laisser perdurer l’insatisfaction d’une partie de la population et la violence qui vient ternir les samedi de mobilisation. La fermeté ? Elle arrive aussi trop tard. Il aurait fallu prendre des interdictions de manifester dans certains secteurs tout de suite après les saccages du 1er décembre.

 

Donc sa stratégie c’est de faire des propositions à l’issue du grand débat…

 

Oui, en principe. Sauf que le président s’est piégé tout seul avec ce Grand Débat. Nous savons qu’il ne répond pas à la demande de plus de pouvoir d’achat des gilets jaunes ! Il aurait fallu, là encore début décembre, en plus des 10 milliards mis sur la table, frapper fort avec un ministère de la consommation ou du pouvoir d’achat, un « grenelle du reste à vivre » comme le demandait le leader de la CFDT, Laurent Berger. Emmanuel Macron a cru qu’en mettant de l’argent sur la table, la colère allait retomber. Mais le mal est plus profond. Quand dans les sondages, 53% des français disent encore soutenir les Gilets Jaunes, derrière il faut entendre « on ne veut plus du chef de l’’Etat ». C’est la première fois qu’un président a dans la rue un mouvement qui matérialise son impopularité. Dans le sondage IFOP pour le Journal du Dimanche, Emmanuel Macron regagne un petit point de popularité. 29% de bonnes intentions. Mais comme on ne voit pas ce qui va sortir du Grand Débat, attention au théâtre des illusions. Cette semaine, Emmanuel Macron reprend son tour de France. Pays de la Loire, Corse, Bretagne. Des heures à échanger avec les Français. Il ne faudrait pas que son costume et son jeu d’acteur soient sa seule façon de gouverner….

 

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