Espagnac (PS) : "On souhaite que Macron réussisse, arrêtons la politicaillerie"

Frédérique Espagnac, sénatrice (PS) des Pyrénées-Atlantiques
Frédérique Espagnac, sénatrice (PS) des Pyrénées-Atlantiques

Sénatrice (PS) des Pyrénées-Atlantiques et membre de la direction collégiale du PS, Frédérique Espagnac était l’invitée politique du Grand Matin Sud Radio ce jeudi. L’élue socialiste déplore notamment la méthode du gouvernement sur les emplois aidés.

À l’heure où le Parti socialiste cherche tant bien que mal à se relever après un quinquennat difficile et une séquence électorale complètement ratée au printemps dernier, Frédérique Espagnac, sénatrice des Pyrénées-Atlantiques et membre de la direction collégiale du parti, était l’invitée du Grand Matin Sud Radio ce jeudi. L’occasion pour elle de réagir à l’actualité politique du moment, et notamment à la suppression de nombreux emplois aidés décidée soudainement par le gouvernement d’Édouard Philippe.

"Ça grogne énormément dans les territoires. Je remarque que M. Baroin a fait une conférence de presse hier avec l’Association des maires de France. Je pense qu’il aurait pu se réveiller avant. La rentrée scolaire s’est faite avec beaucoup de maires qui se sont retrouvés en l’espace de 15 jours à devoir faire des CDD qui n’étaient pas du tout budgétés par leurs communes. On peut être pour ou contre la philosophie des contrats aidés. Mais couper du jour au lendemain ces contrats, ça met en grande difficulté humaine les titulaires de ces contrats, les associations qui maillent le terrain et qui ont recours à ces emplois aidés car les dotations ont diminué, et les petites communes rurales qui sont dans une situation catastrophique", déplore-t-elle.

Emplois aidés : "Le gouvernement pouvait préparer les choses à l’avance"

"Les élus de terrain sont mobilisés. Les associations d’élus ont mis du temps à réagir puisqu’on a senti les choses dès le mois de juillet. On se retrouve dans beaucoup de communes avec des gens qu’on mettra du jour au lendemain à la porte. C’est gravissime sur le fonctionnement qui sera mis à mal, et pour des situations personnelles qui vont se terminer sans crier gare. Le gouvernement pouvait préparer les choses à l’avance et permettre aux gens de stabiliser leur situation et aller chercher du travail ailleurs", ajoute-t-elle par ailleurs.

Également interrogée sur la position du Parti socialiste vis-à-vis de la manifestation du 12 septembre contre la nouvelle loi Travail, Frédérique Espagnac a confié qu’elle n’y serait pas "personnellement", tout en rappelant la liberté de chacun. "Le PS a perdu les élections, et un congrès définira la ligne en février. Il est donc normal qu’il y ait une liberté de chacun", assure-t-elle tout en bottant en touche sur l’éventualité pour elle de rejoindre un jour le gouvernement : "Je ne suis pas dans une opposition stérile. Je pense que tout ce qui peut permettre à un gouvernement de réussir doit être fait. Je remarque juste qu’Emmanuel Macron avait dit "ni gauche, ni droite" et que ce gouvernement est perçu comme faisant une politique de droite". 

"Il y a peut-être un devoir de fierté vis-à-vis de François Hollande"

Enfin, l’élue du sud-ouest a également abordé le cas de François Hollande, de moins en moins en retrait de la vie politique. "Je vois François Hollande, qui doit voir pas mal d’élus, qui eux-mêmes demandent à le voir. Je l’ai croisé hier, j’ai vu que son agenda était chargé. Même s’il a été président de la République, François Hollande appartient au PS et fait partie des figures socialistes. Il a un poids moral sur ce qu’a été (en tant qu’ancien Premier secrétaire), ce qu’est et ce que doit être le Parti socialiste. Après, il y a aussi une nouvelle génération qui est arrivée et une direction collégiale qui a été mis en place", a-t-elle confié.

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Alors que certains à gauche pourraient réclamer un droit d’inventaire du dernier quinquennat, Frédérique Espagnac se montre très claire à ce sujet. "Il y a peut-être aussi un devoir de fierté. Pendant cinq ans, j’ai remarqué que le Parti socialiste n’a pas toujours été à ses côtés. On en a vu le résultat puisque cela a conduit au fait qu’il ne puisse pas se représenter. On peut toujours avoir envie de faire des droits d’inventaire comme certains l’ont fait à une époque, je crois qu’il faut tout simplement regarder ce qu’est le bilan. Il y a évidemment des points négatifs, mais aussi positifs, avec des indicateurs économiques qui redeviennent positifs et des chiffres du chômage qui oscillent mais vont dans le bon sens… Sur le terrain, de plus en plus de gens me disent que les décisions et les choix stratégiques qu’il a fait, même s’ils ont mis beaucoup de temps à avoir des résultats, ont pesé. Les chefs d’entreprises ont l’honnêteté de me dire que François Hollande a fait ce que même la droite n’a jamais fait pour eux", assure-t-elle.

"La bonne nouvelle, c’est que les choses sont quand même meilleures, et ce qui doit permettre au gouvernement actuel de continuer à enclencher les réformes dont la France a besoin, et en même temps permettre d’améliorer la vie des Français. (…) Est-ce qu’on souhaite qu’Emmanuel Macron réussisse et que la vie des Français s’améliore ? Oui, c’est indispensable, arrêtons la politicaillerie !", ajoute-t-elle.

Réécoutez l’interview de Frédérique Espagnac dans le Grand Matin Sud Radio

 

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