Emmanuel Macron doit-il s'occuper des municipales ? 

Emmanuel Macron doit-il s’occuper des élections municipales ? C’est le débat du jour avec Véronique Jacquier dans Info vérité sur Sud Radio le 9 juillet. Avec pour invités : - Jean-Didier Berger, maire « Libres ! » de Clamart ; - Valérie Gomez-Bassac, députée LREM du Var ; - Olivier Rouquan, politologue et constitutionnaliste ; […]

Emmanuel Macron (©DIMITAR DILKOFF - AFP)Emmanuel Macron doit-il s’occuper des élections municipales ? C’est le débat du jour avec Véronique Jacquier dans Info vérité sur Sud Radio le 9 juillet. Avec pour invités :
- Jean-Didier Berger, maire « Libres ! » de Clamart ;
- Valérie Gomez-Bassac, députée LREM du Var ;
- Olivier Rouquan, politologue et constitutionnaliste ;
- Othman Nasrou, président du groupe majoritaire Libre Républicains et indépendants à la région Île-de-France, candidat aux élections municipales à Trappes, pour Trappes citoyens ;
- Michel Fournier, maire des Voivres (Vosges) et 1er vice-président de l’Association des maires ruraux de France.
Info Vérité est diffusée tous les jours à 7h10 et 9h15 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Hier, le chef de l’État était à Lyon pour tenter d’apaiser les rivalités entre le maire Gérard Collomb et le président de la Métropole David Kimelfeld… Aujourd’hui, on devrait connaître le nom du candidat de la République en Marche à Paris. Emmanuel Macron aurait fait passer ses instructions. Est-ce normal que le chef de l’État s’implique à ce point dans la tambouille des municipales ?

 

Benjamin Grivaux ou Cédric Villani ?

"Tous les présidents de la République l’ont fait, surtout pour les grandes villes, rappelle Véronique Jacquier. Ce sont des villes trophées". Ainsi, en 1977, Valery Giscard D’Estaing avait adoubé Michel d’Ornano pour la mairie de Paris. Mais Jacques Chirac s’était engouffré dans la brèche et avait été élu ! "Si le Président ne choisit pas. Il prend un risque. Ainsi, en 2001, Jacques Chirac n'a pas tranché entre Jean Tiberi et Philippe Séguin. Bertrand Delanoë l’a emporté. Attention, donc, au choix et au non choix du chef de l’État".

Aujourd’hui ou demain, nous connaîtrons le nom du candidat de la République en Marche dans la capitale. "Cela fait des mois que Benjamin Grivaux est officieusement choisi par l’Élysée. Il doit tout à sa proximité avec Emmanuel Macron". Mais voilà qu’un franc-tireur pourrait lui damer le pion : le mathématicien et député Cédric Villani. "Il a une aura, une stature internationale, il est jugé moins clivant, plus rassembleur que son adversaire jugé très arrogant, souligne Véronique Jacquier. La bénédiction présidentielle pour Benjamin Grivaux n’est plus une évidence. Donc, même quand le chef d’État s’implique, la politique a ses raisons que la raison ignore. Rien de cartésien dans tout cela…"

Pas de listes LREM dans toutes les villes

Mais Emmanuel Macron a profité de son voyage à Lyon, pour la finale de la Coupe du monde féminine, pour trancher pour les municipales. Est-ce son rôle ? "En principe, il n’a pas à le faire. À quoi servent les commissions d’investiture ?" Mais c’est Gérard Collomb qui a appelé Emmanuel Macron à la rescousse : le maire de Lyon cherche la bienveillance du chef de l’État pour briguer la présidence de la Métropole qui donne plus de pouvoirs que la mairie. Emmanuel Macron a soigneusement évité de trancher hier entre son ancien ministre de l’Intérieur et David Kimelfeld. "Là encore, le Président est à la manœuvre mais sans garantie pour l’instant de succès, estime Véronique Jacquier. La droite a une petite chance de l’emporter face aux divisions de la gauche". Pourquoi Emmanuel Macron est-il à la manœuvre ? Parce que LREM n’a pas d’élus locaux. Le parti présidentiel vise donc le grand chelem à Paris, Lyon et pourquoi pas Marseille.

Emmanuel Macron compte s’investir encore plus à l’approche des municipales. "Il connaît la carte électorale par cœur, comme François Hollande ou Nicolas Sarkozy, rappelle Véronique Jacquier. Il veut une implantation locale de la République en Marche la plus forte possible. Il va s’investir comme il l’a fait au moment des européennes, ce qui lui avait pas mal réussi. C’est aussi une façon de recoudre sa relation avec les Français. On le verra sur le terrain, dans la foule. Mais attention, un maire est jugé sur son bilan, souvent sur sa personne, plus que sur l’étiquette. Le verdict sera donc dans les urnes".

"La machine LREM, dans beaucoup de villes, est relativement modeste, n’existe pas vraiment, constate Jean-Didier Berger, maire de Clamart. C’est normal que le Président s’implique, c’est son rôle de regarder tous ces sujets, car en cas de défaite, c’est lui qui sera en première ligne. Le score global des municipales risque d’être faible, comme il n’y aura pas de listes LREM partout, ou que ces listes vont pas forcément faire un excellent score, parce que les Français souhaitent plutôt garder leur maire, le président de la République va être impacté par ce mauvais résultat. Ce qui n’est pas normal, c’est de se faire chef de campagne, de faire le tour des villes avec l’argent de la République, l’argent de nos concitoyens".

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