Emmanuel Grégoire : "face à une crise sanitaire, on peut être amené à prendre des décisions qui attentent aux libertés publiques"

Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la mairie de Paris, était l’invité de Philippe David le 16 juillet dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h10. 

Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la mairie de Paris, était l’invité de Philippe David le 16 juillet dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio.

"Dans le détail, cela soulève énormément de questions"

Depuis les annonces présidentielles, plus de 3 millions de personnes se sont inscrites pour se faire vacciner. Est-ce une bonne nouvelle ? "C’est une excellente nouvelle. Je crois que c’était l’objet de ces annonces de créer un choc psychologique d’incitation à la vaccination, estime Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la mairie de Paris. C’est bien qu’elle continue à monter en puissance. Ce n’est pas la seule, mais notre meilleure arme pour lutter contre la pandémie." Certains voient cependant ces mesures comme liberticides. "Évidement, quand on est face à une crise sanitaire, on peut être amené à prendre des décisions qui attentent aux libertés publiques. Nous avons raison d’y être très vigilant. C’est le travail des parlementaires de veiller au dosage entre les mesures destinées à défendre l’intérêt général, et en même temps de protéger les libertés individuelles."

"Dans le détail, cela soulève énormément de questions", concède le premier adjoint à la mairie de la ville de Paris. Ne s’agit-il pas d’une obligation vaccinale déguisée ? "Cela y ressemble beaucoup. Mais sur le plan juridique, c’est très différent. Depuis des dizaines d’années, notre pays connaît des obligations vaccinales sur des maladies létales. Il y a une différence avec le fait que ne pas être vacciné interdise certaines activités. Tout est dans le dosage."

Stalingrad : "ce n'est pas de la compétence de la mairie"

Craint-il des débordements lors des manifestations à venir ? "Ces dernières années, une colère sociale très forte s’est installée avec une forme d’habitude de dégradation destinée de la part de certains manifestants à donner de la visibilité à leur mouvement, créer de l’écho. Il y a en plus ce phénomène d’infiltration de gens qui prennent plaisir à casser et à voler. Nous sommes vigilants sur toutes les manifestions, c’est vraiment problématique." Quid de la situation à Stalingrad ? "Ce n’est pas la compétence de la mairie de Paris, quand il y a des usagers de drogue dans l’espace public. Cela pose des problèmes d’ordre public, c’est de la compétence de la police. La situation est inacceptable, la maire de Paris fera des annonces prochainement pour créer un réseau pérenne de prise en charge de ces usagers de drogue pour qu’ils ne soient plus dans la rue. La colère de Didier Lallement est très feinte. Il veut recréer une deuxième colline du crack et nous y sommes opposés. Il faut sortir de ce schéma où l'on déplace les toxicomanes. Cette logique est arrivée au bout du bout."

Anne Hidalgo ne fait pas mystère de sa volonté de se présenter à la présidentielle. Quelles relations avec les EELV qui lancent leur primaire ? "Le torchon ne brûle pas, nous ne sommes pas de la même famille politique. Elle est très engagée sur les questions écologiques, mais a toujours considéré que le social était le fondement de l’action publique. Ce n’est pas anormal qu’il y ait des différences. Elle trace son chemin et dira en temps utile si elle est candidate ou non. Nous essayons de réfléchir à tout cela indépendamment des sondages. La question écologique est centrale, nul ne peut la porter seul. Personne n’a de légitimité naturelle, cela se construit. Le sujet est qu’est-ce que l’on veut proposer et comment le mettre en œuvre ?"

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