Élisabeth Lévy - Macron remet une pièce dans le jukebox de la repentance permanente

Dans une interview accordée au média en ligne Brut et suivie par plus de 7 millions de personnes, essentiellement des jeunes, le président de la République a dit ce que cette jeunesse voulait entendre. Contrôles au faciès "inacceptables", le sujet de la colonisation pas assez évoqué selon lui, "violences policières", tout était fait pour séduire. Sauf que ce n'est pas leur rendre service à cet audimat.

Tous les matins à 8h15, le regard libre d'Elisabeth Lévy dans le Grand Matin Sud Radio.

 

Revenons sur l’entretien accordé par Emmanuel Macron à Brut.

Une cuillère pour Chevènement, une cuillère pour Justin Trudeau. Après le Macron républicain - défenseur de l’ordre - pourfendeur du séparatisme, on a eu droit vendredi au Macron “multikulti” et communautariste, expliquant que parler arabe ou haoussa était une chance pour la France. 

Le chef de l’État voulait s’adresser aux jeunes. Il a surtout parlé à la jeunesse issue de l’immigration.  Et il lui a dit ce qu’elle voulait entendre. Tout est de notre faute. Vous êtes contrôlés au faciès, discriminés, victimes de “violences policières”, le mot que je n’aime pas mais que je prononce quand même. 

 

Pourquoi les contrôles au faciès ont tout de la vraie fausse polémique ?

Sans doute car contrairement aux institutions, les êtres humains voient les différences et ils ne les aiment pas toujours. Cependant, sont-elles le signe d’un racisme systémique de la société française ? 

Sur l’exemple de contrôles au faciès, Emmanuel Macron a déclaré : « Aujourd'hui, quand on a une couleur de peau qui n'est pas blanche, on est beaucoup plus contrôlé ». Sans doute, mais cela a-t-il à voir avec le racisme ou avec le fait que la jeunesse immigrée est surreprésentée dans la délinquance et dans les prisons. Dira-t-on bientôt que les juges jugent au faciès ?  

 

Et en quoi les contrôles au faciès font rejaillir sur les citoyens lambda les nuisances des délinquants ?

Il ne fait aucun doute que tous les immigrés ne sont pas délinquants mais une partie notable des délinquants sont immigrés. Et tous les autres, à savoir la grande majorité, sont victimes d’un amalgame injuste qui fait rejaillir sur eux les nuisances causées par cette minorité de racailles. Comme les policiers sur qui, selon Obono, rejaillit les fautes de quelques-uns. 

Plus largement, il y a indéniablement une crise de l’intégration : une partie des enfants d’immigrés ne se reconnaît pas comme française. Et toujours selon Emmanuel Macron, on ne parle pas assez de colonisation. Pire. On va vous honorer parce que vous êtes noir. Noir pour la France !  Bref, le chef de l’État en rajoutait dans la repentance. S’il respectait cette jeunesse, au lieu de la caresser dans le sens du poil identitaire et victimaire, il lui dirait que la France est une chance pour elle et l’appellerait à saisir cette chance.