Elisabeth Borne - Bridgestone : "On ne laissera pas tomber les salariés"

Elisabeth Borne, ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion, était l’invitée du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 18 septembre 2020 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Elisabeth Borne interviewée par Patrick Roger sur Sud Radio le 18 septembre 2020 à 7h40.

Elisabeth Borne - Bridgestone : "Cette annonce est brutale, elle est extrêmement choquante"

L’usine Bridgestone de Béthune va fermer, à la suite d’une annonce du producteur de pneus japonais. Elisabeth Borne, ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion, confirme qu’elle se rendra sur les lieux lundi 21 septembre 2020 "pour rencontrer les élus, les représentants des salariés et voir ce qu'on peut faire, quelles sont les prochaines étapes. Cette annonce est brutale, elle est extrêmement choquante", souligne la ministre qui précise que le site emploie 863 salariés alors "qu’aucune étude de scénario alternatif" n’a été réalisée. "Ce n’est pas responsable."

 

"C’est vraiment la responsabilité de l’entreprise de regarder les alternatives : on ne peut pas comme ça annoncer qu’on ferme un site."

La ministre précise qu’il existe des outils très puissants mis en place par l'État, comme le "chômage partiel de longue durée", mais également d’autres systèmes. "Il faut que l'entreprise nous explique pourquoi elle ne se saisit pas et comment elle peut se saisir de ces outils" ."C’est la responsabilité de l’entreprise de se saisir de tous ces outils". "On ne laissera pas tomber les élus, on ne laissera pas tomber les salariés", affirme Elisabeth Borne.

 

Plan de relance : "On sera attentifs à ce que ça permette de sauver le maximum d’emplois"

Pour la ministre, face à la crise, il y a bien "une réponse européenne". "On a 100 milliards d’euros dans le plan de relance, 40% sont financés par l’Europe".

De plus en plus de voix, en France, s’élèvent pour que le gouvernement demande des contreparties aux entreprises qui bénéficient du plan France Relance. "On sera évidemment attentifs à ce que ça permette de sauver le maximum d’emplois." L’argent du plan servira également à "créer de nouveaux emplois dans la transition énergétique, dans les mobilités propres, dans le digital, dans les métiers du soin".

 

Rachat d'Alinéa : "Je trouve qu’on doit se réinterroger sur cette ordonnance"

Durant la crise de la Covid-19, une ordonnance publiée au Journal officiel permet à un actionnaire ayant déclaré son entreprise en cessation de paiement, de la racheter. Les actionnaires de la chaîne Alinéa l’ont utilisée, et certains se demandent si l’ordonnance ne risque pas de créer des abus. "Je trouve qu’on doit se réinterroger sur cette ordonnance", concède Elisabeth Borne. L’ordonnance avait "pour objet de permettre qu’il y ait le maximum de chances de reprise des entreprises". "On voit qu’il y a effectivement des cas où c’est mal utilisé." Elle a donc demandé à plus de vigilance au tribunal de Commerce.

L’ordonnance n’est valable que jusqu’à la fin de l’année, et d’ici-là la vigilance sera de mise. "Je trouve qu’il y a des situations choquantes."

 

"L'activité partielle de longue durée va durer au moins deux ans dans les entreprises qui signent des accords"

Le chômage partiel pris en charge par l’État est une mesure qui est encore en vigueur. "On a près de 9 millions de Français qui ont vu leur rémunération prise en charge par l’État au plus dur de la crise", rappelle la ministre. Pour la suite, le dispositif de chômage partiel de longue durée s’adressera à "des entreprises, des secteurs, qui vont avoir une activité qui est durablement, pendant les prochains mois, en-dessous de ce qu’elle était avant la crise".

Le système va durer "au moins deux ans dans les entreprises qui signent des accords, ce qui suppose un dialogue social dans l'entreprise".

 

Plans sociaux : "On est à 394 plans sociaux depuis le mois de mars, ça représente 57.000 emplois"

Certaines entreprises ont abusé du chômage partiel durant la crise. "On a fait beaucoup de contrôles, des contrôles a priori, des contrôles a posteriori", explique la ministre du Travail. "Il y a eu à peu près 270.000 contrôlesOn va continuer les contrôles pour éviter qu’il y ait des abus." En cas d’abus et d’escroqueries, "je peux vous assurer qu’il y aura des poursuites pénales".

De plus en plus d’entreprises annoncent des plans sociaux du fait de la crise. "On est à 394 plans sociaux depuis le mois de mars, précise la ministre, qui souligne que ça représente 57.000 emplois".

 

"Le télétravail reste une pratique qui est fortement recommandée"

Le virus circule de plus en plus vite. "On a un protocole très clair qui s’applique depuis le 1er septembre", souligne la ministre. "Ces règles sont très importantes" ."Quand on met bien en place ces mesures, ça permet de continuer de travailler en protégeant les salariés."

"Le télétravail reste une pratique qui est fortement recommandée", explique Elisabeth Borne qui tient toutefois à ce qu’il y ait "des bonnes pratiques".

 

 

 

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