Démission d'Emelien : "c'est de l'ordre du personnel"

La démission d'Ismaël Emelien, le "conseiller spécial" d'Emmanuel Macron mis en cause dans l'affaire Benalla, est un "choix très personnel", a assuré mardi le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.

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"Il a fait ses choix, c'est un choix très personnel", a estimé sur France 2 Benjamin Griveaux, en refusant de faire un lien avec l'affaire Benalla et en assurant que "le départ d'Ismaël Emelien est lié à l'écriture d'un ouvrage qu'il coécrit avec David Amiel sur le progressisme". "Ismaël, vous savez, je le connais depuis longtemps, c'est quelqu'un qui a été engagé sur le front des idées, il veut mener le combat désormais à l'extérieur d'une autre manière, c'est un combat important", a expliqué M. Griveaux qui, avec Emelien et Sylvain Fort, lui aussi démissionnaire récemment, fait partie de ce petit groupe que les Marcheurs appellent "les Mormons" de la "Macronie historique".

M. Emelien a justifié sa démission par la prochaine parution d'un livre qu'il cosigne sur le progressisme, le chef de l'Etat ayant interdit à ses conseillers de publier pendant qu'ils sont en poste à l'Elysée. Son départ, annoncé dans un entretien au magazine Le Point, sera effectif fin mars-début avril. Ismaël Emelien a été mis en cause dans l'affaire Benalla depuis que l'ex-chargé de mission du président a affirmé aux enquêteurs lui avoir transmis des vidéos obtenues illégalement auprès de la police, destinées à le disculper dans le déroulé des violences du 1er mai. Ces images s'étaient retrouvées sur des comptes Twitter pro-Macron. "Il ne faut pas y voir quoi que que soit de politique, c'est plutôt quelque chose de l'ordre du personnel", a abondé le ministre de la Transition écologique François de Rugy sur Europe 1.

Côté Républicains, on ne croit pas à cette version. "La capacité de ce gouvernement à prendre les Français pour des idiots est outrageante", a réagi sur Twitter l'un de leur porte-parole Gilles Platret. Ces accusations sont "ridicules et indécentes", a dénoncé sur BFMTV le ministre de la Ville et du Logement Julien Denormandie, lui aussi très proche d'Emelien. "C'est un engagé (...) il veut pouvoir porter ses valeurs du progressisme et pour faire ça, il faut sortir de la réserve d'un conseiller du président de la République", a-t-il assuré. Son ouvrage "sera je pense une pierre utile à notre édifice collectif", a défendu sur Sud Radio le délégué général de La République en marche Stanislas Guerini.