Démission de François de Rugy : Macron est-il fragilisé ?

François de Rugy a démissionné hier. Emmanuel Macron est-il pour autant fragilisé, comme il l’a été par l’affaire Benalla ? C’est le débat du jour avec Véronique Jacquier dans "Info vérité" sur Sud Radio le 17 Juillet. "Info Vérité" est diffusée tous les jours à 7h10 et 9h15.

François de Rugy ne pouvait plus rester avec les dernières révélations.

Le Président de la République est-il de près ou de loin touché par l’affaire de Rugy et affaibli ? "Emmanuel Macron incarne le nouveau monde en politique et il découvre que François de Rugy est très ancien régime ! Ce n’est pas la faute du président", estime Véronique Jacquier.

 

De nouvelles révélations fatales

Contrairement à Alexandre Benalla, l’ancien ministre de la Transition Ecologique n’est cette fois pas un intime du chef de l’Etat, et il n’aura pas été défendu bien longtemps. Hier, Médiapart assénait le coup de grâce à l’écologiste : ses frais de représentation de mandat de député ont servi en 2013 et en 2014 à payer ses cotisations au parti Europe Ecologie Les Verts. Une pratique à l’époque légale, mais déjà jugée contestable par le déontologue de l’Assemblée. En plus de cela, l’argent public versé au parti a permis à François de Rugy de déduire de l’argent de ses impôts. Or, l’argent des frais de représentation de mandat, qui est une indemnité et non un revenu, n’a pas le droit d’être défiscalisé.

François de Rugy, incapable de justifier ce tour de passe-passe, a démissionné. D'autant plus que Ouest-France et toujours Médiapart révèlent ce matin que le ministre faisait un usage immodéré de ses voitures avec chauffeurs, y compris quand il rentrait à son domicile à Nantes. "L’homme a droit à la présomption d’innocence, mais il est de moins en moins défendable, explique Véronique Jacquier. Avant-hier, depuis la Serbie, Emmanuel Macron disait qu’il jugerait les accusations sur des faits. On y est presque. Attention, certaines accusations peuvent se dégonfler mais il en restera toujours quelque chose."

Quelles traces pour Emmanuel Macron ?

Mais est-ce Emmanuel Macron qui a demandé à son ministre de partir ? "Non. François de Rugy ne pouvait plus rester avec les dernières révélations, estime Véronique Jacquier. Emmanuel Macron a temporisé pendant quelques jours pour ne pas céder à la pression de Médiapart, à ce qu'il appelle la « République de la délation ». Mais le chef de l’Etat avait sans doute hâte d’en finir. "Sa cote de popularité peut en prendre un coup et il avait des remontées des élus de la République en Marche qui se sont fait sermonner le 14 juillet dans leur circonscription. « Où est la République exemplaire ? » leur ont dit les citoyens."

Qu’est-ce que l’affaire laissera comme trace sur Emmanuel Macron ? "Un affaiblissement à court terme car le départ de François de Rugy souligne encore une fois le peu de poids politique des élus de la Macronie." Le président a vite trouvé un successeur : Elisabeth Borne, mais qui ne sera pas ministre d’Etat. "Là, on a fait express pour montrer que l’affaire n’avait pas d’impact. Pour trouver Christophe Castaner, ce fut 15 jours ! Et puis en deux ans de mandat cinq ministres ont quitté le gouvernement. Cela fait beaucoup !" Mais sur le long terme, Emmanuel Macron ne peut être jugé comptable du manque d’éthique personnelle de François de Rugy. La démission de Christian Blanc n’avait pas touché directement Nicolas Sarkozy sous son quinquennat. Celle d’Aquilino Morelle, conseiller de François Hollande, a fait trembler l’Elysée une semaine puis ce fut oublié. "Ce qui ne s’oublie plus, c’est le devoir d’exemplarité et de sobriété, après la colère des Gilets Jaunes et à l’heure des réseaux sociaux. De cela, Emmanuel Macron devrait bien se souvenir, jusqu’à la fin de son quinquennat."

 

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