D. Obono: "L'exécutif fait payer aux plus modestes les cadeaux faits aux riches"

Danièle Obono, députée La France Insoumise de Paris, était l'invitée politique du Grand Matin Sud Radio.

Thumbnail

C'est le début d'une semaine de grogne sociale. Ce lundi, l'Éducation nationale ouvre le bal de mobilisations qui trouveront leur apogée samedi, avec le mouvement citoyen du 17 novembre contre la hausse du prix des carburants. Les enseignants manifestent, eux aussi, contre le manque de moyens.

Invitée du Grand Matin Sud Radio, Danièle Obono, députée La France Insoumise de Paris, juge légitime cette colère dans la population.

"Au-dela de la communication gouvernementale qui faisait de Jean-Michel Blanquer le grand gagnant du gouvernement, il y a une mobilisation des enseignants depuis quelques mois, a rappelé Danièle Obono. Il y a un problème de moyens humains. Et on ne parle pas seulement des profs. Il faut toute une communauté éducative. Dans la petite enfance, il y a plus que jamais besoin de recrutements."

J'avais proposé un amendement pour supprimer la niche fiscale sur le kérosène. La majorité l'a refusé parce qu'ils ne veulent pas faire peser la fiscalité sur les plus gros pollueurs

Interrogée sur la manifestation du 17 novembre, Danièle Obono évoque là-aussi "une colère légitime".

 

 

"Il y a une inégalité fiscale qui est extrêmement forte et qui pèse sur les plus modestes, a dénoncé la députée La France Insoumise de Paris. Et pas pour la transition écologique, parce que très peu d'argent y est reversé. C'est du pipeau. Ils font payer aux plus modestes tous les cadeaux qu'ils font aux riches depuis un an et demi. J'avais par exemple proposé un amendement pour supprimer la niche fiscale sur le kérosène. La majorité l'a refusé parce qu'ils ne veulent pas faire peser la fiscalité sur les plus gros pollueurs, l'aviation, les autoroutes..."

Le gouvernement est beaucoup plus rapide à stigmatiser les chômeurs qu'à aller chercher les fraudeurs fiscaux. Peut-être parce qu'ils les connaissent trop bien...

 

 

Danièle Obono qui s'est également insurgée contre la laxisme fiscal du gouvernement, qui préfère traquer les gens sur les réseaux sociaux, comme l'a annoncé Gérald Darmanin, plutôt que de réellement s'attaquer à la fraude : "Ça montre comment ils sont à côté de la plaque. C’est l’essence des réseaux sociaux que d’en rajouter. 80 à 100 milliards de fraude et d’évasion fiscale chaque année, mais le gouvernement ne se donne pas les moyens pour embaucher du personnel. C’est un secteur qui a perdu du personnel. Comment voulez-vous prendre au sérieux ce gouvernement ? Ils sont beaucoup plus rapides à stigmatiser les chômeurs qu’à aller chercher les fraudeurs fiscaux. Peut-être parce qu’ils les connaissent trop bien…"

Ce ne sont pas les nationalismes qui ont mené à la guerre de 14-18. Macron ne comprend pas que les politiques qu'il mène aujourd'hui ont amené à ce grand massacre

 

 

Revenant sur les commémorations du centenaire de la fin de la première guerre mondiale, Danièle Obono a reconnu un travail de mémoire "important" mené depuis plusieurs semaines, mais a regretté la sortie d'Emmanuel Macron sur le maréchal Pétain et dénoncé une semaine de communication présidentielle : "On est dans la communication assez superficielle. D’où vient la guerre de 14-18 ? Ce ne sont pas les nationalismes, comme le répète Macron. Le grand Jaurès disait que 'le capitalisme porte la guerre comme la nuit porte l’orage'. C’est la compétition internationale. C’est la première grande mondialisation moderne. Ce sont les sources qui ont mené à cette grande boucherie qu’on retrouve avec la guerre économique en Europe, avec le dumping social. Emmanuel Macron ne comprend pas que les politiques qu’il mène aujourd’hui ont mené à ce grand massacre."