Catherine Albert: "Depuis 4 ans, des écoles du Lot se battent pour garder leurs classes, leurs écoles"

Catherine Albert : "Depuis 4 ans, des écoles du Lot se battent pour garder leurs classes et leurs écoles"

Catherine Albert, maire de Cahus (Lot), était ce mardi l'invitée de Patrick Roger dans le Grand Matin Sud Radio.

De plus en plus d'élus locaux dénoncent la fermeture ou le rééquilibrage des classes en milieu rural, alors que le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer vient d'annoncer entre 200 et 300 suppressions à venir pour la rentrée 2018. C'est notamment le cas de Catherine Albert, maire de Cahus (Lot), petite commune d'environ 200 âmes qui ne cesse de se battre pour que sa seule école ne ferme pas.

"Cette année, on est encore sur la liste des écoles devant fermer, il y en a ras-le-bol"

Invitée ce mardi de Patrick Roger dans le Grand Matin Sud Radio, la première édile a fait part de son ras-le-bol, expliquant que plusieurs communes, dont la sienne, devaient se battre chaque année pour la survie de leurs établissement scolaires. "Les chiffres sont un peu moindres que cette année mais c'est déjà beaucoup trop. On a déjà eu tellement d'écoles et de classes fermées que pour nous - maires, enseignants et parents d'élèves - on trouve que c'est assez. Il faudrait s'arrêter maintenant même si les effectifs sont un peu en baisse", a-t-elle d'abord constaté, après avoir été invitée à commenter les annonces du ministre. "Déjà en 2016, nous avions eu cette proposition de fermeture de notre école. Nous nous sommes battus. De nouveau cette année, en 2018, nous avons été sur la liste des écoles devant fermer donc c'est un ras-le-bol. Tous les ans, tous les deux ans, il faut se battre. Il y a des écoles dans le Lot qui depuis 4 ans se battent pour garder leurs classes ou leurs écoles", a-t-elle ensuite déploré.

Quid du regroupement pédagogique ? Selon Catherine Albert, ce procédé s'avère positif et épanouissant pour les enfants. Un excellent compromis pour assurer la pérennité de ces établissements ruraux menacés. "C'est déjà ce que nous avons, un RPI (un regroupement pédagogique intercommunal) avec Laval-de-Cère, un village qui est à 2 km et ça fonctionne très très bien. Nos enfants arrivent au collège avec un bon niveau. Les enseignants travaillent ensemble et sont complémentaires. Donc, pour nous, il n'y a pas de soucis, tout fonctionne bien. Les enfants sont heureux et apprennent à vivre ensemble parce qu'ils sont en petits groupes et nous pouvons accueillir des enfants qui sont en difficulté, soit scolaires, soit de handicap", a-t-elle ainsi expliqué.

Et l'intéressé de conclure en s'adressant au ministre sur la question des effectifs et des transports scolaires. "Je voudrais bien savoir ce que M. Blanquer entend par petits effectifs. Nous avons 46 élèves sur 3 classes. C'est vrai que ça ne fait pas beaucoup - environ 15 élèves par classe - mais je pense que dans les REP, les REP +, c'est à peu près ça, voire un peu moins. Et nos enfants, pour certains, ont aussi des difficultés, peut-être moins qu'en REP ou REP+, mais je considère que plus on va amener les enfants loin, plus ils auront de transport et ce ne n'est pas pour autant qu'ils apprendront mieux.  Bien au contraire, avec la fatigue. Ce qui nous était proposé, c'était que les enfants fassent 50 minutes de transport le matin et la même chose le soir".

 

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