Carole Delga : "Il y a une vrai déconnexion" entre Jean Castex et les Français

Carole Delga, présidente PS de la région Occitanie et présidente de Régions de France, était interviewée sur l’antenne de Sud Radio le 1er octobre à 9 h, dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Jean Castex et Carole Delga visitent ensemble une fabrique de céramique près de Tarbes le 9 janvier 2021. Lionel Bonaventure - AFP/Archives

Carole Delga : "Nous avons eu un Premier ministre qui nous présentait une situation idyllique de la France"

Carole Delga était le 30 septembre dernier au Congrès des régions de France. Elle y a accueilli le Premier ministre Jean Castex, et lui a demandé un effort de financement pour les régions. "Le premier sujet de différence que nous avons avec Jean Castex, c’est sur la perception réelle de la vie des Françaises et des Français, explique la présidente PS de la région Occitanie. Il y a une vraie déconnexion." Jean Castex vient d’annoncer un 'bouclier tarifaire' associant un gel des tarifs réglementés du gaz et un plafonnement à 4% de la hausse des prix de l'électricité via une baisse de la fiscalité. Le gouvernement aurait-il pu aller plus loin ? "Enfin une réponse, réagit Carole Delga, car nos concitoyens subissent des augmentations du coût de l’énergie depuis plusieurs mois. Cela les repousse dans six mois, et comme par hasard, ce sera l’élection présidentielle. L’allégement des taxes aurait pu être un réponse plus pérenne. La question du pouvoir d’achat est fondamental. Les Français ont de plus en plus de mal à boucler les fins de mois."

Lors de ce congrès des régions de France, "nous avons eu un Premier ministre qui nous présentait une situation idyllique de la France, indiquant que l’État avait tout bien fait et que tout allait bien, regrette la nouvelle président des Régions de France. Nous avons été déçus de ne pas avoir de réponses concrètes sur les questions de mobilité, de transports du quotidien, des routes à rénover. Derrière, bien sûr, il y a la question de l’argent, le nerf de la guerre. Les régions sont les seules à voir leur budget diminuer alors que le président de la République annonce des milliards. Pourquoi vouloir restreindre les budgets des régions ?"

 

Carole Delga : "Plus de 250 000 emplois qui ont été sauvés grâce à l’aide de la région"

Pour autant, peut-on faire des économies dans les budgets régionaux ? "Quand on est président de région, on fait en sorte que chaque euro dépensé soit utile car on est à portée d’engueulade, estime Carole Delga, présidente de la région Occitanie. Nous avons pu doubler le budget de l’agriculture, pris en charge le coût des masques alors que c’était à l’État de les payer. L’aide aux entreprises est passée de 250 à 400 millions d’euros par an. Je sors d’une campagne électorale où l’on m’a reproché d’avoir trop aidé les entreprises. Ce sont plus de 250.000 emplois qui ont été sauvés grâce à l’aide de la région. Nous sommes la seule région à avoir mis la gratuité des transports scolaires. 150.000 enfants sont transportés gratuitement car la région a fait des économies. Les jeunes de moins de 26 ans prennent le train gratuitement en Occitanie."

"Nous ne voulons pas tout faire, nous voulons faire avec, explique Carole Delga. Le Premier ministre nous a dit 'Circulez, il n’y a rien à voir'. Je réponds à tous les problèmes des Français. Nous voulions aussi parler de comment amplifier les actions sur la transition énergétique, les énergies renouvelables. On nous a répondu ‘tout va bien en France' et vous serez les seuls sanctionnés". "Je suis écologiste mais pas intégriste, souligne la présidente de la région Occitanie. Il faut savoir répondre au réchauffement climatique, mais être dans une logique d’accompagnement. il faut que la puissance publique donne l’exemple en ayant plus d’énergie renouvelable. En Occitanie, nous allons mettre en place l’éolien flottant pour produire de l’hydrogène. Ça, c’est la solution de l’avenir. Nous allons devoir investir dans ces énergies renouvelables qui, au début, coûtent cher et après sont bénéfiques. Sur les panneaux photovoltaïques, la France n'a pas voulu investir il y a de cela quinze ans. Aujourd’hui, ils sont présents partout en France mais sont fabriqués en Chine. Cela veut dire que la valeur ajoutée et l’emploi sont au bout de la planète."

 

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