Cambadélis : "On est aujourd’hui dans la Macron-mania, le Macron-loving"

Jean-Christophe Cambadélis, ancien Premier secrétaire du Parti socialiste

Ancien Premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis était ce samedi l’invité politique de Michaël Darmon au micro de Sud Radio. Déménagement du siège du PS, nouvelle direction, premiers mois d’Emmanuel Macron… L’ancien député n’a éludé aucun sujet.

C’est une page qui se tourne pour le Parti socialiste. Cette semaine, le siège historique de la rue de Solférino a été le théâtre de ses tout derniers vœux pour la nouvelle année, avant un déménagement du parti déjà dans les tuyaux depuis de longs mois. Ancien Premier secrétaire du PS de 2014 à 2017, Jean-Christophe Cambadélis a réagi à ce changement, lui qui était l’invité politique de Michaël Darmon ce samedi sur Sud Radio. Il rejette notamment l’idée qu’en quittant Solférino, où François Mitterrand avait posé ses valises, le PS fermait boutique pour toujours.

"Solférino, c’est toute une histoire, évidemment"

"Le parti n’est pas fermé, c’est Solférino qui l’est. Depuis sa fondation, le Parti socialiste a eu sept sièges, donc on ne peut pas dire que le siège commande ce que l’on est. François Mitterrand était installé place du Palais Bourbon, et quand on a déménagé rue de Solférino, c’était juste avant l’élection présidentielle, il a donc été très peu de temps dans les locaux. Mais bien sûr, c’est toute une histoire, évidemment", reconnaît-il.

Celui qui assure ne pas être intéressé par "quelque mandat qu’il soit" s’est également exprimé sur l’actualité du PS et "la farandole des candidats qui font le détour pour déjeuner avec [lui]". "Ce sont des débats idéologiques, mais aussi des débats de composition de la future direction… Je préfère les discussions entre courants au fait que dans de plus en plus de partis, il n’y a qu’un seul chef sans aucun droit de contestation. À La République En Marche, c’est le président de la République qui nomme le chef du parti, au Front national on prend la porte si on n’est pas d’accord avec Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon n’est pas réputé pour vouloir partager son pouvoir", glisse-t-il.

"Toutes les Unes des hebdos étaient favorables à Macron depuis trois ans"

L’ancien député de Paris s’est ensuite longuement attardé sur le style Macron, que certains observateurs jugent autoritaire. "Il n’est pas sain pour une démocratie que la seule contestation du pouvoir en place soit dévolue au populisme nationaliste de Marine Le Pen et au populisme – faute d’autre caractérisation – de Jean-Luc Mélenchon. Le pouvoir prend la forme d’une pyramide inversée, sur sa pointe, sans contestation possible. Quand Le Clézio écrit dans le Nouvel Obs, le Président prend la mouche et le soufflette ! On a tellement perdu l’habitude d’une Une d’hebdomadaire critiquant le président de la République… Toutes les Unes lui étaient favorables depuis trois ans ! C’est donc évidemment un peu décalé par rapport à ce qu’il a l’habitude de vivre", s’amuse-t-il avant de réagir à la comparaison entre Emmanuel Macron et Charles De Gaulle.

"De Gaulle était dans des conditions historiques différentes, avec la question algérienne qu’il fallait régler. Mais c’est un pouvoir personnel, oui, qui n’est pas appuyé sur une majorité de Français. Le deuxième tour de l’élection présidentielle a généré, au fond, une majorité contrainte avec la droite du bout des lèvres et la gauche, plus allante, qui ont appelé à voter contre Marine Le Pen. L’effet mécanique de la Vème République a installé un président tout-puissant qui n’a pas dans le pays l’équation dont tout Bonaparte pourrait rêver", remarque-t-il.

"Le gouvernement précédent a eu des résultats, mais on ne veut pas l’entendre"

Enfin, appelant les socialistes à penser "une alternative globale", Jean-Christophe Cambadélis a rappelé que les résultats encourageants de l’économie actuellement trouvaient aussi leur source dans l’action du précédent gouvernement. "Les résultats actuels sont en partie – ne crions pas cocorico – dus à l’action du gouvernement précédent. S’il a été critiqué et bousculé – et il y a des raisons à cela –, il n’a pas non plus eu tout faux. Il y a eu des résultats, mais on ne veut pas l’entendre car on est aujourd’hui dans la Macron-mania et le Macron-loving", conclut-il.

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