Budget de la PAC : les agriculteurs français ne croient pas à l'excuse du Brexit

Alors que la Commission européenne a proposé ce mercredi de réduire de 5% le budget de la Politique Agricole Commune (PAC) pour le budget 2021-2027, les agriculteurs français s’unissent au gouvernement pour critiquer cette décision.

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Pas touche au budget de la PAC ! C’est le message qu’a envoyé le Premier ministre Édouard Philippe mercredi après avoir pris connaissance de la proposition de la Commission européenne de baisser de 5% le budget de la Politique Agricole Commune (PAC) dans le cadre du budget 2021-2027 de l'Union européenne. "Nous ne l’acceptons pas et allons donc discuter avec nos partenaires pour leur expliquer pourquoi nous pensons que compte tenu de l’urgence de la transformation de nos modèles agricoles, des enjeux de sécurité sanitaires et d’autonomie alimentaire, il faut consacrer un budget important à l’agriculture", a-t-il confié devant les journalistes.

Pour Henri Brichart, premier vice-président de la FNSEA, les agriculteurs français vont grandement pâtir d’un éventuel budget agricole européen en baisse. "C’est directement le porte-feuilles de l’agriculteur qui est visé, puisque ces aides de la PAC représentent une grande partie de leurs revenus. Ça varie selon les productions, mais en général on peut dire que ces aides de Bruxelles équivalent à 50% et parfois plus du revenu de l’exploitation", assure-t-il au micro de Sud Radio.

Par ailleurs, alors que la Commission avance le coût du Brexit comme explication à cette proposition de baisse du budget de la PAC, Bernard Lannes, président de la Coordination Rurale, dénonce un leurre. "C’est le Brexit qui cache la forêt ! Je pense qu’il y a derrière ça une volonté politique de l’Europe de diminuer le budget agricole depuis un bon moment. Comme on est sur une vision financière, on va chercher une fois de plus sur le budget agricole qui, rappelons-nous, doit normalement nous aider à avoir des prix rémunérateurs pour nous protéger durant les crises. Pour nous, cette baisse est un très mauvais signe : l’Europe nous dit qu’elle ira chercher ailleurs l’alimentation des Européens et des Français, puisque d’autres peuvent produire moins cher que nous", avertit-il.

Propos recueillis par Steven Gouaillier