Brune Poirson : "NDDL ? En France, il y a quelque chose qui s'appelle l'État de droit"

Brune Poirson, secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire

Secrétaire d'État auprès du Ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot, Brune Poirson était l’invitée politique du Grand Matin Sud Radio ce mardi.

"Il n’y a pas de bons et de mauvais zadistes. Le 17 janvier, le Premier ministre a pris une décision : ne pas faire l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Ensuite, nous avons dit qu’à la fin de la trêve hivernale, ceux qui n’auraient pas de projet et ne se seraient pas régularisés devront quitter les lieux". Au micro de Sud Radio, la secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire Brune Poirson assume totalement l’intervention musclée des forces de l’ordre depuis lundi matin pour déloger certains occupants de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, rappelant notamment que le droit était du côté du gouvernement.

"En France, il y a quelque chose qui s’appelle le respect de l’État de droit et qu’il est fondamental d’appliquer. Pendant trois mois, nous avons tendu la main aux zadistes, et certains l’ont d’ailleurs bien saisie. La préfète a fait un comité de pilotage au sein duquel ceux qui avaient un vrai projet agricole pouvaient le monter, mais il fallait qu’ils s’inscrivent à la chambre départementale d’agriculture, qu’ils se mettent en conformité vis-à-vis de la mutuelle sociale agricole, qu’ils s’acquittent de leurs factures, etc. Dans mon ministère, on ne peut que soutenir des projets agricoles innovants, qui explorent de nouvelles façons de faire dans les circuits courts et l’agriculture bio par exemple", souligne-t-elle avant d’enfoncer le clou.

"Pour moi, la ZAD est devenue une zone à construire"

"Une Zone À Défendre ? Mais contre qui et contre quoi ? Pour moi, c’est devenu une zone à construire, avec des projets agricoles innovants, une zone où il y a tout à refaire. C’était une zone de jachère, et c’est sur la jachère qu’il faut construire les choses. (…) Dans la République, on fait appliquer les lois de l’État ! Sinon, qu’est-ce qu’on dit aux autres Français qui vivent ailleurs ? On leur explique qu’en France il y a un groupe de gens qui ont décidé de ne pas payer leurs factures, de s’installer dans un endroit qui n’est pas à eux, etc. ? Il y a des Français qui galèrent tous les jours pour boucler leurs fins de mois, comment est-ce qu’on leur expliquerait ça ?", clame-t-elle.

Celle qui se définit comme "judéo-chrétienne, mais pas catholique, ni pratiquante ni croyante" a également évoqué le discours d’Emmanuel Macron lundi soir devant les évêques de France au collège des Bernardins. "Ce qu’il faut retenir de ce discours, c’est la laïcité, sur laquelle a insisté le président de la République. Après, il ne faut pas lier le fait qu’en France il y a des gens qui croient. Cela fait partie de la réalité. Si l’Église catholique peut participer au débat national, il est clair qu’elle n’a rien à attendre de l’État. Le Président l’a rappelé. En revanche, l’État est en droit d’attendre de l’Église catholique qu’elle contribue au débat. Sur la transition écologique, le pape François a écrit une encyclique verte qui participe fondamentalement à l’éveil des consciences et de la sensibilisation à ces questions", affirme-t-elle.

"Le système ferroviaire anglais ? Une catastrophe, rien ne fonctionne !"

Alors que l’actualité sociale est plutôt chargée actuellement, Brune Poirson a réagi à la situation tendue dans le milieu universitaire. "On parle d’une poignée d’individus dans trois universités qui ont décidé de bloquer certains cours et de déranger le cours normal de la vie universitaire. Ce sont quelques centaines d’individus – alors qu’il y a 1,6 million d’étudiants – qui ont probablement juste envie de bouleverser le système", tempère-t-elle tout en justifiant la mise en place de Parcoursup, dans le viseur de nombreux étudiants et lycéens : "Parcoursup, c’est la fin de la sélection par l’échec. Des milliers d’étudiants voyaient leur vie dépendre d’un tirage au sort, d’un coup de dés ! C’est incroyable et intolérable !".

Quant à la réforme de la SNCF en cours, Brune Poirson l’assure : le si décrié modèle britannique n’est pas l’inspiration du gouvernement. "J’ai vécu en Angleterre, et je peux vous dire que le système ferroviaire anglais est une catastrophe ! Il est hors de question qu’on fasse ça en France ! Il coûte très cher, il n’est pas à l’heure, absolument rien ne fonctionne !", s’exclame-t-elle.

"Nous avons déséquilibré certains systèmes, cela crée un peu de frottement"

Enfin, la secrétaire d’État ne s’étonne pas outre-mesure du très lourd agenda médiatique d’Emmanuel Macron cette semaine, qui effectuera entre autres deux longues interventions à la télévision. "Il ne descend pas dans l’arène. Premièrement, l’intervention du président de la République était prévue de longue date. Ensuite, nous avons déséquilibré volontairement certains systèmes puisque nous sommes en train de transformer la France. Cela crée un peu de frottement, certaines personnes s’attachent à un certain immobilisme parce que c’est plutôt rassurant. Il est alors fondamental de rappeler où allons-nous, quelle est la grande ligne. C’est en expliquant qu’on tend la main et qu’on enlève les incompréhensions", indique-t-elle.

Réécoutez en podcast l’interview de Brune Poirson dans le Grand Matin Sud Radio

 

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