Boyer : "Ce n'était pas une élection mais le procès de Fillon, un hold-up démocratique"

Députée (Les Républicains) des Bouches-du-Rhône et proche de François Fillon, Valérie Boyer était l’invitée du 18h Sud Radio ce mercredi pour évoquer le premier "anniversaire" de l’éclatement de l’affaire Fillon, qui a plombé les ambitions présidentielles du candidat de la droite.

François Fillon et Valérie Boyer (©FRANCK PENNANT - AFP)

Cette semaine marque le premier "anniversaire" de l’éclatement de l'affaire Fillon, qui a considérablement mis sous pression le candidat des Républicains lors de la dernière élection présidentielle. Alors que deux documentaires (Qui a tué François Fillon ? et L'homme qui ne pouvait pas être président) seront prochainement diffusés à la télévision, la députée (LR) des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer, proche de l’ancien Premier ministre, était l’invitée du 18h Sur Radio ce mercredi pour faire le point sur cette affaire.

"Je ne comprends pas comment la justice de mon pays a fonctionné"

Et pour elle, l’enlisement de cette affaire ces derniers mois en dit long. "Je suis particulièrement choquée par tout ça. Il est certain – et encore on n’a pas tout vu – qu’on a assisté à un vrai hold-up démocratique. Ce n’était pas une élection présidentielle mais le procès de François Fillon. Et un an après, rien ! Dix personnes ont été entendues, et il n’en est rien sorti. Je ne comprends pas comment la justice de mon pays a fonctionné : on a bafoué la démocratie, la présomption d’innocence et le secret de l’instruction. Quelles en ont été les victimes ? Non seulement François Fillon et ses proches, mais aussi les Français, qu’on a privé de débat présidentiel", se désole-t-elle.

À la question de savoir si François Fillon a été "exécuté" ou non par les juges, Valérie Boyer ne cache pas son amertume. "Pas seulement, je pense que beaucoup s’y sont mis, et il était choquant de voir des proches ou des membres de sa famille politique qui ont ouvertement dit ne pas avoir voté pour lui. Il y a des trahisons politiques mais aussi des trahisons personnelles, et ce sont peut-être les plus douloureuses", assure-t-elle.

"Le secret de l’instruction a été piétiné"

"Cette affaire a été si prompte à sortir avec moult détails, a été particulièrement feuilletonnée et a mis à mal la démocratie. Ce qui s’est passé est absolument gravissime, même si je sais que les Français et les journalistes s’en fichent. Des documents confidentiels ont été donnés, et les principes de notre justice n’ont pas été respectés. Le secret de l’instruction a été piétiné, la salle de presse était dans le bureau du juge, ou le bureau du juge était dans la salle de presse ! Surtout, ça s’est passé à un moment où se jouait l’enjeu principal de la vie publique : l’élection présidentielle, qui a été volée aux Français. Ces derniers se sont d’ailleurs largement abstenus, peut-être en ont-ils eu assez d’être pris pour des abrutis", conclut-elle.

Réécoutez en podcast toute l’interview de Valérie Boyer dans le 18h Sud Radio