Boris Vallaud : Édouard Philippe "est droit dans les bottes d'Alain Juppé"

Invité du petit déjeuner politique, Boris Vallaud, député PS des Landes et porte-parole du Parti socialiste, a réagi aux annonces du Premier ministre hier, à propos de la réforme des retraites.

Boris Vallaud, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 12 décembre à 7h40.

Boris Vallaud : "la réforme des retraites est 'bricolo'"

Pour le Parti socialiste, "la réforme des retraites est 'bricolo' confie Boris Vallaud au micro de Patrick Roger. On nous a parlé de concertation pendant des mois et des mois explique-t-il. Résultat de la concertation : le gouvernement se retrouve tout seul avec plus personne, si ce n'est le Medef, qui soutient sa réforme. C'est un tour de force de réussir cette contre-performance estime-t-il. Avec l'âge pivot, il est sorti de l'ambiguïté : il faudra soit travailler plus longtemps, soit gagner moins, c'est inadmissible".

 

Pour les conquêtes sociales chères au PS, les petites pensions sont revalorisées note Patrick Roger. Pour Boris Vallaud, "le en même temps a ses limites ! La pension minimale à mille euros est une bonne chose, l'ensemble des députés et des sénateurs l'avaient proposé il y a deux ans et demi s'agissant des agriculteurs rappelle-t-il. Le gouvernement avait dit que ça attendrait la réforme. Pour ce qui est des femmes, des carrières hachées des mères de famille, c'est une bonne chose aussi. Mais pour le reste, par exemple pour la pénibilité, on n'est pas tous égaux face à l'espérance de vie. Treize ans d'écart entre les 5% de Français les plus riches et les 5% les plus pauvres. Six ans d'écart d’espérance de vie entre un cadre et un ouvrier. Puisqu'on n'est pas égal face à l'espérance de vie, il faut qu'on le soit un tant soit peu égal face à la vie dans la retraite. Cela veut dire qu'il faut des critères de pénibilité. Comment faire confiance à ce gouvernent ? Ils nous parlent de pénibilité, mais un des premiers actes de ce gouvernement a été de supprimer le compte personnel de prévention de la pénibilité, de gommer quatre critères: le port de charges lourdes, les postures pénibles, l'exposition aux risques chimiques avec une prévalence des cancers extrêmement importante, et les vibrations".

 

Édouard Philippe "est droit dans les bottes d'Alain Juppé"

Pour Boris Vallaud, "nous avons un système auquel les Français sont attachés, qui a de grandes vertus et qu'on doit préserver. Le taux de pauvreté des retraités est l'un des plus faibles du monde. On peut améliorer sa justice et lutter contre les inégalités, sur la question de la pénibilité, des carrières hachées, courtes, des femmes. Nous sommes, au PS, favorables aussi à l'amélioration du taux de remplacement de ceux qui ont eu des carrières à bas salaire. On a besoin aussi que les très hauts salaires contribuent insiste Boris Vallaud. Aujourd'hui vous contribuez à 28,1% jusqu'à 27.000 euros par mois. Demain, ce sera jusqu'à 10.000 euros. Ça fait plusieurs milliards d'euros qui vont pouvoir aller à la capitalisation" estime-t-il..

Est-il possible de faire bouger la position du gouvernement interroge Patrick Roger ? Boris Vallaud l'espère. "Chacun aurait préféré avoir de bonnes surprises, et pouvoir se dire sereinement : c'est une réforme de progrès, ça ira mieux demain qu'aujourd'hui indique-t-il. Pour lui, Édouard Philippe "est droit dans les bottes d'Alain Juppé. Je ne connais pas la psychologie des uns et des autres mais, peut-être que se sentant l'héritier, il a besoin d'être aussi l'exécuteur testamentaire" ajoute-t-il.

La CGT cheminots a indiqué jeudi 12 décembre au matin qu'il n'y aurait pas de trêve pendant les fêtes. "La balle est dans le camp du gouvernement estime Boris Vallaud. Les Français ont été patients, nous avons été pendant des mois dans l'incertitude. Je crois qu'il faut remettre tout sur la table avec des objectifs de préservation de ce modèle et d'amélioration de sa justice réinsiste-t-il. Il faut continuer à lutter contre ce projet de réforme : je soutiens toutes les formes de mobilisation, en espérant que le gouvernement ait la sagesse de donner la possibilité qu'il y soit mis fin vite, parce qu'il aura renoncé à ces mesures injustes".

 

 

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