Banlieues : "Si on fait le yo-yo sur la sécurité, on n'aura pas de résultat" prévient Samia Ghali

Samia Ghali, sénatrice PS des Bouches-du-Rhône

Samia Ghali, sénatrice socialiste des Bouches-du-Rhône, était l'invitée du Grand Matin Sud Radio

Le procureur de Marseille a fait le point, mardi, sur la fusillade qui s'est déroulée la veille dans la cité de la Busserine à Marseille, où une dizaine d'individus cagoulés sont arrivés en voiture, ont tiré en l'air puis ont forcé un homme à monter dans le coffre de l'une de leurs voitures.

Un enlèvement à ciel ouvert, en pleine journée, qui relance une nouvelle fois le débat de la sécurité dans les banlieues, au moment même où le président de la République a décidé d'enterrer le plan Borloo qu'il avait lui-même commandé.

Invitée du Grand Matin Sud Radio, Samia Ghali, sénatrice socialiste des Bouches-du-Rhône, a parlé de "jeunes qui veulent montrer que ce sont eux les patrons, que ce sont eux qui décident, dans une cité de 4000 habitants, ce qui est insupportable et inacceptable".

Pour l'élue, qui avait demandé, il y a quelques années, l'intervention de l'armée pour rétablir l'ordre dans les quartiers sensibles, il est temps d'arrêter de faire de la sécurité une variable d'ajustement du budget de l'État : "Les renforts, on les a perdus. On a perdu des compagnies de CRS, on a perdu 100 policiers et seulement 40 ont été remis... Il est clair que si on s'amuse à faire le yo-yo en matière de sécurité, on ne peut pas avoir de résultats sur la longueur. À chaque fois qu'on nous met des moyens, on nous les retire, alors que la délinquance, elle est constante, elle est même en augmentation plutôt qu'en diminution."

"On ne comprend pas qu'il y a une majorité de Français dans ces cités, qu'ils sont en souffrance, qu'ils sont dans des prisons à ciel ouvert et que, si on ne met pas les moyens, si on ne leur permet pas de vivre correctement, je ne sais pas comment ça va se passer, a ajouté Samia Ghali. Est-ce que tout le monde va basculer du côté des délinquants pour être tranquille ? Est-ce que c'est la République qui va gagner ou est-ce que c'est la violence ? C'est une vraie question."

Mardi, Emmanuel Macron a également promis une série de mesures, en juillet, pour lutter contre le trafic de drogue. Mesures qu'attend de connaître Samia Ghali avant de se prononcer : "J'attends de voir ce que va présenter le président de la République. J'ai hâte de voir ces mesures. Certainement qu'il y a travaillé, je l'espère en tout cas. J'espère qu'elles seront là parce qu'on a tous intérêt à ce faire en sorte que ce qui s'est passé ces derniers jours, ces derniers mois, dans les cités, ne se reproduisent plus."

Écoutez l'interview de Samia Ghali, invitée du Grand Matin Sud Radio, présenté par Patrick Roger et Sophie Gaillard

 

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