Baisse du nombre de parlementaires : une bonne réponse aux Gilets Jaunes ?

Promesse du candidat Macron, la baisse du nombre de parlementaires est effective. Mais quelles seront les conséquences ?

Le nombre de parlementaires a baissé de 25% en France. (Photo by STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Le nombre de parlementaires a baissé de 25% en France. Mais est-ce une bonne ou une mauvaise réponse à la crise des Gilets Jaunes ?

 

La revendication principale des Gilets Jaunes est d'approfondir la démocratie

La baisse des parlementaires est effective : - 25% ! Une bonne nouvelle pour les Gilets Jaunes, mais ce n'était pas la revendication centrale des Gilets Jaunes. Pierre Villa, salarié d’une association d’insertion professionnelle à Montreuil et Gilet Jaune, répond : "Ce n'était pas la principale, voire la première, des revendications en matière de réforme constitutionnelle. Ce qui a émergé du mouvement et qui reste LA revendication, c'est d'approfondir la démocratie, au travers notamment le référendum d'initiative citoyenne. La question est de savoir comment les citoyens organisés ont des droits nouveaux pour contribuer aux politiques publiques".

Cette baisse du nombre de parlementaires était une promesse du candidat Macron. Valérie Gomez-Bassac, députée du Var et porte-parole du groupe LREM à l'Assemblée nationale : "La promesse était de baisser d'un tiers, effectivement, c'était dans son programme. Il y a eu des discussions avec le Sénat, on a vu que ce n'était pas une mesure qui était acceptée par tous. On est tombé à un quart, c'est dans l'avancée. Maintenant, il faut voir toutes les conséquences que cela représente aussi. D'un côté, vous avez des citoyens qui demandent plus de proximité avec des élus, plus de terrain, même si nous avons un mandat national, si on est moins, on sera forcément moins sur le terrain. Il faudrait avoir de bons relais locaux pour expliquer les mesures".

Des dispositions vont accroître la main-mise de l'exécutif

Pierre Villa poursuit : "Mon problème est moins le nombre de parlementaires que leur ancrage dans un territoire et le fait qu'ils soient l'expression d'un point de vue majoritaire d'une certaine manière. C'est ça le problème fondamental : on taxe à tort ou à raison, ce n'est pas le sujet, les parlementaires de la majorité de godillots. Là, ce projet de loi constitutionnelle, en sus de réduire le nombre de parlementaires, va poser des problèmes de représentation des territoires dont ils sont élus, même s'ils représentent la Nation, il y a d'autres aspects de ce projet de loi qui vont réduire les droits du Parlement. Il y a le droit d'initiative parlementaire qui va être réduit. D'autres dispositions vont accroître la main-mise de l'exécutif".