Aurore Bergé : "Éric Zemmour a peur des femmes, des homosexuels et des immigrés"

Aurore Bergé, députée des Yvelines, était l’invitée du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 30 septembre 2021 sur Sud Radio.

Aurore Bergé, interviewée par Patrick Roger sur Sud Radio le 30 septembre 2021 à 8h15.

 

Aurore Bergé : "On a besoin aussi que les ados aillent" se faire vacciner

Le pass sanitaire s’applique dès ce jeudi 30 septembre 2021 pour les adolescents de 12 à 17 ans. Pour Aurore Bergé, "c’est une bonne chose que les jeunes continuent à se faire vacciner", ce qui est "le seul levier" pour lutter contre la crise sanitaire. Elle souligne "la situation aux Antilles", véritable "contre-exemple" selon elle. "On a une sous-vaccination" ce qui conduit le territoire à être de nouveau dans une situation critique. La vaccination étant la seule solution, "on a besoin aussi que les ados y aillent".

L’application du pass sanitaire a été "différée" pour les adolescents, "pour qu’ils aient plus de temps", souligne Aurore Bergé, mais aussi car la vaccination ne leur a pas été ouverte aussi tôt que pour les adultes. Néanmoins, la députée des Yvelines rappelle que le gouvernement "leur laisse aussi la possibilité de se faire tester gratuitement" afin de leur accorder un "délai supplémentaire".

"Le pass sanitaire est un levier pour permettre la vaccination"

La mesure instaurant le pass sanitaire pour les adolescents paraît illogique car ce dernier n’est pas obligatoire dans les établissements scolaires. "La logique, c’est que vous n’avez pas le même brassage : quand vous êtes dans votre classe, vous êtes dans votre classe tout au long de la journée." Dans les écoles, afin d’éviter un maximum le brassage, "ils ont mis en place énormément de choses : ils font en sorte que les élèves ne se mixent pas à la cantine, par exemple ; ils font des services qui sont différenciés, ils font des tables qui sont différenciées...", rapporte la députée.

"Ils font tout pour le limiter", souligne Aurore Bergé, ce qui n’est pas le cas dans une salle de sport ou encore au cinéma. Là, "vous fréquentez des gens qui sont très différents de ceux que vous fréquentez habituellement". Mais, surtout, "le pass sanitaire est un levier pour permettre la vaccination".

 

"La loi nous permettra" de réactiver le pass sanitaire

La prolongation du pass sanitaire est en discussion au sein du gouvernement, et une loi pourrait être présentée au Parlement dès le 13 octobre 2021. Gabriel Attal l’a une nouvelle fois confirmé, mercredi 29 septembre, à la sortie du Conseil des ministres. Aurore Bergé, présidente déléguée du groupe LREM à l’Assemblée nationale, tient à donner plus de précision. Elle confirme le projet de loi mais, "l’idée, c’est pas de prolonger ad vitam aeternam l’état d’urgence ou le pass sanitaire : c’est de se dire, si jamais on une nouvelle vague qui arrive, qu’on a un nouveau variant, qu’on a besoin à un moment de réactiver le Pass sanitaire, alors la loi nous le permettra", assure l'élue.

Ainsi, si dans des régions où le taux d’incidence est bas, le pass sanitaire "pourrait être supprimé", il sera possible pour le gouvernement, si besoin, "de pouvoir le réactiver". "Donc, ça n’est pas se dire on continue", mais bien de "se dire ‘si on en a besoin’". La députée des Yvelines assure, par ailleurs, que le Parlement "a toujours été saisi de tous les textes sur l’état d’urgence sanitaire" et que, de fait, il sera saisi de ce nouveau "projet de loi" qui "sera forcément débattu au Parlement".

 

Hausse des taxes locales : "ça, c’est la responsabilité des communes"

Jean Castex, Premier ministre, devrait annoncer ce jeudi 30 septembre 2021 des mesures pour limiter la hausse du prix de l’énergie qui explose en France. "Il y a la mise en place de ce chèque énergie", rappelle Aurore Bergé, qui va aider les ménages qui ont du mal à gérer les dépenses régulières, comme le carburant. Une situation qui touche surtout les habitants des territoires ruraux qui n’ont d’autre choix pour se déplacer. L’action du gouvernement est donc de permettre le passage à l’électrique, mais aussi "de lutter contre la précarité énergétique", notamment avec la Prime Renov’ qui vise à "permettre à des foyers qui n’auraient pas les moyens de faire les travaux, puissent les faire".

Pour autant, Aurore Bergé ne semble pas convaincue par l’idée de suspendre ou baisser certaines taxes, qui pourtant représentent une grosse partie des factures d’énergie. Ces taxes, explique-t-elle, "permettent tout simplement de financer la solidarité nationale". "Sur la question du pouvoir d’achat, on digère très vite les bonnes nouvelles ; et on oublie très vite qu’elles ont existées", analyse la députée des Yvelines. Elle rappelle la suppression de la taxe d’habitation, décidée par Emmanuel Macron.
Toutefois, la suppression de cette taxe a conduit à une hausse des taxes communales ou encore départementales : "ça, c’est la responsabilité des communes", juge Aurore Bergé qui précise que "l’État compense à l’euro près".

"Il va falloir transformer en profondeur" notre système de retraite

Édouard Philippe évoque "l'urgence à venir", de repousser l'âge de la retraite, dans une interview accordée à Challenges. "Tout ce qu'on a dit sur la nécessité de transformer notre système de retraite, reste complètement d'actualité", réaffirme Aurore Bergé qui précise que "ce n'est pas parce qu'on a eu une crise sanitaire, que ce qu'on a dit sur le caractère illisible de notre système, et injuste avec les régimes spéciaux, a changé". "Il va falloir transformer en profondeur", ajoute-t-elle, rappelant le débat "assez houleux" lors de l'examen du projet de loi à l'Assemblée nationale.

Si Édouard Philippe prend ses distances sur le revenu d'engagement pour les jeunes, la proche de l'ancien Premier ministre rappelle qu'il est question de "la formation des jeunes", se félicitant de l'année "record" de l'apprentissage dans notre pays.

Si l'ancien chef du gouvernement va créer un nouveau parti politique, "la Maison commune", la députée des Yvelines estime "qu'il est déjà de facto dans la maison commune", qui est pour elle "le souhait du président de la République". Pour Aurore Bergé, "on peut rester" à la fois à En marche et dans le nouveau parti d'Édouard Philippe. "Je ne vois pas d'incompatibilité à ce qu'on puisse dire que l'on souhaite la réélection du président de la République et que l'on considère qu'il a été un grand Premier ministre, est un atout pour notre majorité", explique-t-elle en assurant que sa loyauté "va au président de la République".

 

Éric Zemmour "dit aux pères de famille que, potentiellement, leurs filles sont des butins pour les hommes politiques"

Damien Abad, député Les Républicains de l’Ain, a proposé à Éric Zemmour un débat, comme celui que le polémiste a fait avec Jean-Luc Mélenchon. Aurore Bergé souligne que si elle devait débattre, elle débattrait "contre" le polémiste, "parce que je pense qu’il ne faut pas lui laisser un centimètre carré d’espace". Pour elle, "il faut combattre ce qu’il est, ce qu’il représente et ce qu’il dit". Notamment, Éric Zemmour est "quelqu’un qui finalement a la trouille de dire qu’il est candidat", mais pas seulement.

"Éric Zemmour est quelqu’un qui a peur ; il a peur des femmes, en permanence, il a peur des homosexuels, il a peur des immigrés", affirme-t-elle. Aurore Bergé souligne qu’Éric Zemmour a, dans certains écrits, comparé "les femmes à un butin" ou encore que le monde "confond séduction et viol". "Il dit aux pères de famille qui nous écoutent que, potentiellement, leurs filles sont des butins pour les hommes politiques."


Pas de peur d'Éric Zemmour du côté de la majorité, mais "une peur des idées qui sont les siennes", jusqu'à en venir "à débattre des faits". "Le révisionnisme historique, ce n'est pas un fait", estime-t-elle. Sur la politique migratoire, Aurore Bergé se démarque en affirmant "qu'il ne faut pas seulement dénoncer ce qui ne va pas mais trouver des solutions".

 

 

 

Cliquez ici pour écouter "L’invité politique" avec Patrick Roger

Toutes les fréquences de Sud Radio sont ici !