Aurore Bergé : "Dans certains quartiers, il est difficile d'enseigner la Shoah, c'est intolérable"

Aurore Bergé (Députée LREM des Yvelines et porte-parole de la République en marche) était ce mardi l'invitée du petit-déjeuner politique, au micro de Patrick Roger, Christophe Bordet et Michaël Darmon.

Thumbnail

Invitée ce mardi du petit-déjeuner politique de Sud Radio, Aurore Bergé est bien évidemment revenue sur les attentats commis par Radouane Lakdim, dans l'Aude, mais aussi sur la problématique des fichés S, soulignant l'importance de la "reconquête républicaine" de certains quartiers, où l'embrigadement des jeunes, notamment au sein des lieux salafistes, peut conduire à des drames comme ceux de Trèbes et Carcassonne.

"Le salafisme est un courant de pensée et on ne peut pas interdire un courant de pensée"

La députée LREM des Yvelines a d'abord évoqué la fermeture de certains lieux salafistes avant d'insister sur le rôle de l'éducation. "On a cette possibilité qui existe de fermer un certain nombre de lieux de culte, c'est justement ce que l'on a mis dans le droit et c'est possible ! Il faut les fermer mais il faut qu'il y ait des motifs valables", a-t-elle ainsi indiqué. "Le salafisme est un courant de pensée et on ne peut malheureusement pas interdire un courant de pensée. Par contre, on peut le combattre politiquement, culturellement et c'est un travail de toute la société", a-t-elle néanmoins rappelé. *

Quid des enfants qui pourraient idéaliser les terroristes ? Pour Aurore Berger, il faut que l'école, à travers une transmission de modèles et de valeurs, joue pleinement son rôle éducatif. "Ce qui a changé avec le drame que l'on a connu à Carcassonne, c'est que pour la première fois, on a moins parlé du terroriste que de celui qui a permis de sauver des vies. On a plus parlé d'Arrnaud Beltrame et c'est plutôt ce nom là que j’ai envie de retenir. Je pense que parler de ceux qui se rendent coupables d'actes terroristes, c'est aussi permettre une sorte d'identification assez dangereuse", a-t-elle expliqué. "Je pense que l'on a un vrai combat culturel et éducatif à mener (...) L'école est toujours la priorité ! La transmission des savoirs et des valeurs, c'est toujours la priorité et elle ne se fait pas toujours dans les familles. Par contre, elle doit se faire au sein de l'école républicaine. Une scolarisation obligatoire, dès l'âge de 3 ans, c’est une bonne chose!", a-t-elle encore insisté.

Et l'intéressée d'évoquer les problèmes rencontrés par des enseignants qui affirment ne plus pouvoir enseigner certaines choses à l'école. "On se rend compte qu'il y a des choses que l'on ne peut plus enseigner dans certains de nos quartiers parce que l'on s'aperçoit que cette valeur clé qu'est la laïcité n'atteint pas un certain nombre de personnes, car dans leur famille et leur entourage, cette laïcité n'est pas une valeur clé", a-t-elle indiqué. "On sait qu'aujourd'hui, on a des difficultés, dans un certain nombre de quartiers, à pouvoir enseigner ce qu'a été la Shoah et c’est intolérable ! On a des enfants en face qui questionnent, qui ne comprennent pas car ça n'a pas été transmis dans les familles", a-t-elle ajouté. 

>> Retrouvez l'intégralité de l'interview d'Aurore Berger, invitée du petit-déjeuner politique