Aurélien Pradié sur les violences faites aux femmes : "Le baratin, ça ne suffit pas pour protéger les femmes"

Aurélien Pradié, député LR du Lot et secrétaire général des Républicains, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 23 septembre 200 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Aurélien Pradié interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 23 septembre 2020 à 7h40.

Le gouvernement a annoncé, mardi 22 septembre, doubler la durée du congé paternité en France, jusqu'à 28 jours. "Une bonne nouvelle" pour Aurélien Pradié qui ne trouve "aucune raison de le critiquer". Une avancée sociale qui n’est pas du seul fait du Président, rappelle l'élu. "Emmanuel Macron l’a fait sur la pression aussi de beaucoup de parlementaires, j’en ai fait partie" explique le député du Lot qui estime qu'on "ne le doit pas à Emmanuel Macron, on le doit à la démocratie".

 

Des couacs et de l'incompréhension

La stratégie du gouvernement aux prises à l'épidémie de Covid-19 semble parfois contradictoire, ce qui lui est régulièrement reproché. Un avis partagé par le député du Lot qui confie "ne rien comprendre de la stratégie, depuis le début". Il rappelle notamment le couac de communication sur les masques. "Les mêmes qui aujourd’hui nous expliquent qu’il faut porter le masque absolument partout en toute circonstance sont ceux qui nous expliquaient, il y a quelques mois encore, qu’il ne fallait pas le porter, que ça ne servait à rien".

"Cette parole politique, celle du gouvernement, n’est pas crédible", juge le secrétaire général des Républicains, qui critique la gestion des tests estimant "invraisemblable que depuis le début de cette crise on n’ait pas tirer des enseignements" et qu’il y ait aujourd'hui des files d’attentes "de plusieurs heures" pour se faire tester.

 

Un problème de décentralisation des règles sanitaires ?

Aurélien Pradié revient sur l'intervention d'un auditeur de Sud Radio, chef d’entreprise dans le tourisme, qui a appelé le 23 septembre 2020, et critiqué les messages anxiogènes du gouvernement qui entraînent une réticence des Français à voyager. "C’est sûrement un sujet : je suis très inquiet des conséquences sociales de cette période", confie-t-il. S’il concède que la santé passe bien évidemment d’abord, "on peut aussi sereinement se dire que cette période dans laquelle on est tous masqués, tous protégés, est une période qui aura des conséquences dans notre vie sociale", prévient le député qui se dit préoccupé "des gens se regardant comme des animaux de plus en plus". 

Le secrétaire général des Républicains s'attaque également à la décentralisation assumée du gouvernement concernant les règles sanitaires, qui renforcent l’incompréhension des Français. "Une règle sanitaire n’a pas vocation à être différente d’un département à un autre", s'insurge-t-il.

L'élu espère que le gouvernement explique "précisément" comment va évoluer "la question des tests" et "qu’on soit sur de l’opérationnel". Le gouvernement doit dire "territoire par territoire, comment les choses doivent être gérées". "Je suis pour que l’État assume pleinement son rôle régalien", assure Aurélien Pradié.

 

"Marlène Schiappa parle toujours, fait de la mousse, mais derrière ça n’avance pas"

Marlène Schiappa a défendu la jeune femme agressée à Strasbourg au motif qu’elle portait une jupe et a annoncé que plus de 1.800 infractions pour outrage sexiste ont été enregistrées depuis la promulgation de la loi. Pour Aurélien Pradié, les choses "n’avancent pas". "Marlène Schiappa parle toujours, fait de la mousse, mais derrière ça n’avance pas"regrette le parlementaire Les Républicains qui avait soutenu le principe du "bracelet anti-rapprochement". "C'est quelque chose qui permet de protéger les femmes qui sont en danger de mort", explique-t-il.

L'élu du Lot rappelle que "la loi a été votée en décembre de l’année dernière" et "devait être appliquée en janvier". Mais l’application a été reportée en juillet, puis de juillet en septembre, s'indigne le député. "Nous sommes le 23 septembre, aujourd’hui il n’y a toujours pas le déploiement des bracelets anti-rapprochement dans notre pays", remarque-t-il.

"Le baratin, ça ne suffit pas pour protéger les femmes", estime le député qui accuse le gouvernement d’un manque "de volonté politique". "Marlène Schiappa incarne une forme d’impuissance de la macronie : c’est de la mise en scène, de la comédie. Sauf que lorsque c’est vital, on n’a pas le droit de faire de la comédie", insiste Aurélien Pradié.

 

"Il manque une volonté européenne aujourd'hui"

Alors que Bruxelles dévoile aujourd'hui sa réforme de la politique migratoire, Aurélien Pradié voit en cette question "la démonstration de l'échec de l'Europe depuis plusieurs années". "On ne réglera pas cette question si on ne la coordonne pas au niveau européen", estime-t-il, tout en prévenant que cette question sera "de plus en plus présente". "L'Europe doit jouer son rôle", appelle-t-il en invitant à "une organisation et une répartition européenne".

"Souvent, ce sont les mêmes pays qui assument l'inconséquence d'autres pays", regrette le parlementaire qui juge que la question migratoire "se gère aux frontières". "Si nous voulons éviter d'avoir des bidonvilles, qui sont une honte pour la République, il faut gérer aux frontières", estime-t-il, en se remettant à "une volonté européenne, qui n'existe pas aujourd'hui".

 

"C'est la droite qui a le plus fait sur les questions de l'environnement"

Le secrétaire général des Républicains a entamé un tour de France de l'écologie. "Je veux rappeler que la droite a historiquement beaucoup fait pour l'écologie", confie-t-il, prenant pour exemple la création du premier ministère de l'Ecologie par Georges Pompidou, le discours de Johannesbourg de Jacques Chirac ou encore le Grenelle de l'environnement organisé par Nicolas Sarkozy et Jean-Louis Borloo. "C'est la droite républicaine qui a fait le plus sur les questions de l'environnement, et pas seulement sur les déclarations", insiste-t-il.

Le député souhaite se faire le porte-parole de cette "génération de trentenaires" qui ne souhaite pas voir le sujet de l'environnement "être kidnappé par des extrémistes de tout bord". "Je ne veux pas que demain ce sujet se retrouve entre les mains d'écologistes qui ont en tête plus de déconstruire notre vision de la société que de s'occuper de l'environnement", prévient Aurélien Pradié qui appelle la droite "à ne pas abandonner ce sujet". "La droite républicaine doit apporter un espoir", lance-t-il.

 


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