Aubert : "On ne va pas faire de Wauquiez la victime expiatoire de ce système"

Julien Aubert, député (LR) du Vaucluse (©MARTIN BUREAU - AFP)

Document Sud Radio. Le candidat à la présidence des Républicains Julien Aubert et le vice-président de la région Auvergne-Rhône Alpes Philippe Meunier reviennent tous deux sur les révélations de Lyon Capitale sur les droits à la retraite que touchera Laurent Wauquiez pour son passé de deux mois au Conseil d’État. 

Le magazine mensuel lyonnais Lyon Capitale publie cette semaine une enquête dont les résultats nous informent que Laurent Wauquiez cotise depuis plus d’une décennie pour sa retraite suite à son passage au Conseil d’État, dont il est officiellement "en détachement" pour sa carrière politique. Problème, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes n’a effectivement travaillé au Conseil d’État que… deux mois. Une situation malgré tout tout à fait légale, comme il l’a lui-même rappelé sur Facebook ce jeudi.

Aubert : "Wauquiez est certes un concurrent, mais c’est aussi un compagnon"

Contacté par Sud Radio, Julien Aubert, député du Vaucluse et adversaire de Laurent Wauquiez dans la course à la présidence des Républicains, plaide pour une réforme du système. "C’est clairement une forme de déstabilisation, mais il n’est pas dans mes habitudes d’en profiter pour essayer d’en tirer un avantage quelconque. Laurent Wauquiez est certes un concurrent, mais c’est aussi un compagnon, avec qui je partage des valeurs politiques. Sur le fond, c’est évidemment la question du statut des fonctionnaires, beaucoup plus que le cas de Laurent Wauquiez. Si on voulait mettre un terme à cette situation, le gouvernement a les moyens de proposer une réforme. (…) Il y a une forme de schizophrénie en France. D’un côté on dit qu’on ne veut pas de politiciens professionnels, et de l’autre tout le débat sur la moralisation de la vie politique a porté sur des amendements où on voulait interdire aux députés d’avoir la moindre activité professionnelle à côté de leur mandat ! C’est profondément stupide : si vous êtes chirurgien et qu’on vous interdit pendant cinq ou dix ans de pratiquer votre activité, vous serez incapable d’exercer votre activité professionnelle antérieure…", assure-t-il.

"Je peux comprendre pourquoi certains se demandent pourquoi ce type de droit est ouvert.C’est toute la difficulté des inégalités de traitement liées notamment au statut de la fonction publique. La liste d’avantages donnés au fil des années à telle ou telle catégorie de fonctionnaires est longue, donc on ne va pas non plus faire de Laurent Wauquiez la victime expiatoire de ce système qui, certes, mérite d’être réformé", ajoute-t-il par ailleurs.

Meunier : "Quel est l’intérêt de ce genre d’articles ?"

De son côté, Philippe Meunier, vice-président (LR) de la région Auvergne-Rhône-Alpes, s’insurge violemment contre la parution de cette enquête. "Ce qui me choque, ce sont ces articles rédigés depuis un certain nombre de mois en France pour attaquer sans cesse les hommes politiques, les décrédibiliser et mettre à mal, si ça continue dans cette direction, notre propre système politique. Laurent Wauquiez respecte la loi, donc je me demande pourquoi faire ce genre d’articles rédigés par des journalistes qui devraient faire preuve d’un peu plus de déontologie", se questionne-t-il.

"Quel est l’intérêt de ce genre d’articles ? Laurent Wauquiez paye ses cotisations, il est dans le régime de la loi, comme d’ailleurs les journalistes quand ils bénéficient d’un avantage fiscal qu’ils sont les seuls à avoir. À quoi ça sert ? Qu’on rédige des articles sur le projet politique de M. Wauquiez ou qu’on porte une appréciation sur ses idées, très bien, c’est le jeu démocratique. (...) Ce genre d’articles fielleux n’ont qu’un objectif : décrédibiliser les politiques et la politique en général. (…) On ne va pas se raconter d’histoires : Laurent Wauquiez est candidat à la présidence des Républicains. D’après l’article, il est dans cette situation depuis 13 ans et cotise dans le cadre de son statut. Pourquoi cet article sort-il maintenant ? C’est quand même assez surprenant qu’il suffise qu’un homme politique soit candidat à une élection pour que des questions soient posées sur son parcours ou sa situation personnelle…", tempête-t-il.

Propos recueillis par Benjamin Glaise.

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