Asselineau : "Sortir de l’UE et rester en bons termes avec nos voisins"

Présent sur le plateau du Grand Matin week-end de Sud Radio ce samedi, le candidat (UPR) à la présidence de la République, François Asselineau, a notamment évoqué son ambition de faire sortir la France de l’Union européenne et de l’Otan.

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C’est une candidature qui en a surpris plus d’un, mais qui a bel et bien été validée par le Conseil constitutionnel ce vendredi 10 mars. Président-fondateur de l’UPR (Union Populaire Républicaine)François Asselineau (59 ans) sera bel et bien sur la ligne de départ de la course à l’Elysée le 23 avril prochain pour le premier tour. Interrogé au micro de Philippe Verdier ce samedi dans le cadre du Grand Matin week-end de Sud Radio, le nouveau candidat a notamment révélé les trois premières décisions qu’il prendrait s’il était élu président de la République, avec un leitmotiv maintes fois répété : redonner toute son indépendance à la France.

"Un Frexit n’isolera pas la France du reste du monde"

"Ma première décision sera de convoquer un sommet extraordinaire des chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne pour dire que nous appliquerons l’article 50 pour sortir de l’UE. Mais nous resterons en très bons termes avec nos voisins, nous ne nous isolerons pas du tout du reste du monde ! Regardez la Suisse qui n’est ni dans l’Union européenne, ni dans l’euro, ni dans l’Otan : est-ce un pays fermé sur le monde ? Est-ce un pays extrémiste ? Pas du tout ! C’est au contraire le pays où l’on se porte le mieux au monde d’après le PNUD, idem pour la Norvège et l’Islande. Ma deuxième décision sera de notifier au gouvernement de Washington la volonté de la France de sortir de l’Otan, en utilisant l’article 13 du Traité de l’Atlantique nord. Ma troisième décision sera de mettre immédiatement un terme aux fusions forcées des communes et aux réformes territoriales en cours. (…) Le public ne sait pas toujours que 20 000 communes vont disparaître par fusion dans les prochaines années. (...) De surcroît, il semble également prévu de supprimer les départements à horizon 2020. Je suis totalement contre, cela ruinerait l’égalité entre les territoires", a-t-il indiqué.

Influencé par Charles de Gaulle et Philippe Séguin

Alors que l’idée de sortir de l’Union européenne et de l’Otan est partagée à droite comme à gauche, comment classer politiquement François Asselineau et l’UPR ? Le candidat répond. "Le mouvement politique que j’anime a été classé par le ministère de l’Intérieur en "divers", au-dessus du clivage droite-gauche. Je m’inspire en effet beaucoup de Charles De Gaulle et, plus proche de nous, de Philippe Séguin, qui avait raison à 98 % lors de son discours à l’Assemblée nationale en 1992 sur Maastricht", annonce-t-il avant d’expliquer en quoi il se distingue de Marine Le PenJean-Luc Mélenchon et Nicolas Dupont-Aignan. "Ces trois personnalités sont effectivement très critiques de l’Union européenne – elles ne sont pas les seules d’ailleurs. Mais ils proposent de renégocier les traités européens. Mais ça, on a déjà donné, merci. Les renégociations ne mènent à rien, on l’a vu en 1997 avec la promesse de Lionel Jospin de renégocier les critères de Maastricht, on l’a vu avec François Hollande qui avait promis de renégocier le TSCG, etc. Pour renégocier les traités, il faut l’accord des 27 autres gouvernements et des 27 autres peuples", déplore-t-il.

Un parti en essor depuis les régionales de 2015 ?

Très discret dans les médias, l’UPR est pourtant un mouvement qui se développe à vitesse grand V à en croire François Asselineau, qui veut croire en un contexte favorable pour la mise en place de ses idées. "Ma candidature paraît inattendue un peu à tort car notre mouvement s’est beaucoup développé. Je l’ai créé le 25 mars 2007 il y a bientôt dix ans, et nous avons recueilli près de 20 % des suffrages aux élections régionales de 2015 alors même que nous ne passons quasiment jamais dans les médias dominants. Nous nous développons beaucoup plus rapidement depuis, c’est ce qui nous a justement permis avec près de 17 000 adhérents d’aller prospecter auprès de beaucoup de maires depuis un an et demi. (…) L’accueil est différent aujourd’hui parce que les événements ont confirmé les analyses que je fais depuis dix ans. Ensuite, les Britanniques ont voté en faveur du Brexit le 23 juin 2016. Il y avait face à mes analyses une certaine incrédulité du public qui se disait qu’on ne pouvait pas sortir de l’Union européenne. Depuis le vote britannique, plus personne ne me dit en France qu’on ne peut pas sortir de l’Union européenne. Au contraire, beaucoup de gens et notamment des maires ruraux me disent qu’il faut que le débat ait lieu", assure-t-il avant de conclure sur une note d'optimisme qui sonne presque comme une mise en garde : "mon score à cette élection va surprendre".