Annie Genevard sur la loi contre le séparatisme : "On voit bien que le gouvernement a peur"

Annie Genevard, députée LR du Doubs, vice-présidente de l'Assemblée nationale et présidente du conseil national des Républicains, était l’invitée du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le mercredi 27 janvier sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Annie Genevard interviewée par Patrick Roger sur Sud Radio le 27 janvier 2021 à 7h40.

Emmanuel Macron temporise sur un éventuel nouveau confinement général de la population. "Il faut tout faire pour éviter un nouveau reconfinement", explique Annie Genevard, qui rapporte "que les Français n’en peuvent plus", parce qu’il y a d’importants risques au niveau économique, psychologique ou encore de l’acceptabilité de la mesure. Les informations sont toutefois contradictoires, concède la députée LR du Doubs. "On continue d’être dans la confusion, et ça c’est un élément supplémentaire non seulement d’inquiétude des Français, mais aussi de leur exaspération qui monte", déplore-t-elle.

 

"Ne pourront être vaccinés que ceux qui vont avoir la deuxième dose"

"On va savoir si le couvre-feu à 18 heures est véritablement efficace", s'impatiente la députée pour qui "la clé du problème c’est la vaccination. Or c’est là que notre pays pêche douloureusement", regrette l'élue. La France est en effet en retard par rapport à ses voisins européens, avec tout juste un million de vaccinés. "J’ai moi-même des échos de ma circonscription, la situation est catastrophique", s'indigne Annie Genevard.

La vaccination risque d’être encore plus compliquée à cause des retards de livraisons annoncés par Pfizer/BioNTech. "On manque de doses et d'aiguilles", confirme la députée. "On doit décommander les rendez-vous, on va être obligés de fermer des centres de vaccination, c’est le cas dans ma ville", rapporte la vice-présidente de l'Assemblée nationale. Elle explique que "ne pourront être vaccinés que ceux qui vont avoir la deuxième dose", car elle doit être inoculée dans un temps imparti de deux à trois semaines après la première injection.

 

"On peut craindre effectivement de la désobéissance"

"Il y a des scènes de protestation qui peuvent se muer en révolte à l’entrée des centres de vaccination", prévient l'élue du Doubs. Après des scènes de révolte, ces derniers jours aux Pays-Bas, contre la mise en place du couvre-feu, il pourrait y avoir un risque de désobéissance civile en France. "Je pense que les Français ont été courageux et responsables jusqu’à présent", confie-t-elle.

"Mais à force de ne pas comprendre la stratégie, d’être soumis à des injonctions contradictoires, de constater que la désorganisation l’emporte, on peut craindre effectivement de la désobéissance", réagit Annie Genevard. Pour la vice-présidente de l’Assemblée nationale, "c’est extrêmement grave". Les scènes de révolte pourraient "s’emballer sans que l’on puisse les contrôler", craint-elle. Pour garder le contrôle, "il faut une politique comprise, cohérente, suivie" et "une vaccination qui réussisse", estime-t-elle.

 

"Le problème est gravissime"

Le projet de loi sur les principes républicains, également appelé projet de loi contre les séparatismes, avance à l’Assemblée nationale, mais certains doutent encore de son efficacité. Un avis partagé par Annie Genevard qui ne croit pas que cette loi sera efficace. "Et ça me navre", confie-t-elle, car toutes les personnes auditionnées "ont dit que la situation était très grave, qu’il y avait des territoires entiers qui se séparent de la République, des groupes qui veulent subvertir notre pays en substituant aux lois de notre pays celles de la Charia..."

"Le problème est gravissime", selon Annie Genevard qui attendait "une grande loi contre le séparatisme islamiste, ou contre le communautarisme islamiste". Pour la députée, "quelle que soit la façon dont on la nomme il s’agit bien de cette idéologie de l’islamisme radical, politique", ajoute-t-elle. Or, dans cette loi, "vous n’y trouverez pas le mot islamisme ou communautarisme", déplore la parlementaire, qui dénonce "la peur du gouvernement, de heurter une certaine frange de la population".

"Il y a des choses, dans ce texte, mais rien qui soit essentiel pour signifier aux islamistes ‘non, nous ne vous laisserons pas faire, nous ne vous laisserons pas imposer vos lois dans notre pays’", regrette l'élue.

 

"Le burkini, c'est un message politique que nous envoient les islamistes"

La défenseure des Droits s’est attaquée, mardi 25 janvier, à l’interdiction du burkini, le maillot de bain islamique, qu’elle considère être "une discrimination". "Je m’inscris totalement en faux par rapport à l’analyse de la défenseure des Droits", réagit Annie Genevard. "Je pense que le burkini, c’est comme le voile intégral, c’est comme tout ce qui exprime la volonté de visibilité d’un Islam fondamentaliste radical, c'est un message politique que nous envoient les islamistes", prévient la députée LR.

Elle ajoute que "c’est pour les femmes, l’expression d’une conception de la femme qu’il faut dérober au regard des hommes", estimant que "c’est vraiment une infériorisation de la femme, et des hommes d’une certaine façon". "Pour moi, le burkini n’a pas sa place", affirme l'élue du Doubs, notamment car "on n’autorise pas certains vêtements de bain dans les piscines". "Pourquoi autoriserait-on le burkini ?".

 

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