Amélie de Montchalin : "La Fête à Macron ? L'opposition ne sait pas quoi proposer"

Amélie de Montchalin, députée (LREM) de l'Essonne

Députée (LREM) de l'Essonne, Amélie de Montchalin était l’invitée politique du Grand Matin Sud Radio ce vendredi. L’occasion pour elle de revenir sur le rôle des députés de la majorité, la fin de l’exit tax, les critiques de l’opposition, la SNCF ou encore le Service National Universel.

Les députés français ont-ils les moyens de réaliser correctement leur travail d’évaluation et de contrôle du gouvernement ? Pas vraiment, selon Amélie de Montchalin, députée LREM de l’Essonne, à l’origine d’une initiative à l’Assemblée nationale pour vérifier l’utilisation de l’argent public. "Aujourd’hui, si on croit à la démocratie, il faut que les députés qui représentent les Français doivent avoir les moyens de faire un travail responsable. Trop de choses dépendent de l’administration, de la technocratie, et on nous dit de voter des choses qu’on ne connaît pas forcément bien. On ne connaît pas les hypothèses lancées pour telle ou telle mesure, on n’a ensuite pas les moyens de voir si ça a bien fonctionné. On va donc revoir le calendrier de travail pour nous donner du temps et revoir comment l’argent dépensé en 2017 a fonctionné", déclare-t-elle à Sud Radio ce vendredi.

Et si plusieurs organismes comme la Cour des comptes exercent déjà cette fonction, Amélie de Montchalin assure qu’une meilleure coordination est possible. "Ces organismes ne sont pas connectés au Parlement. Il ne faut pas les supprimer mais les faire travailler avec nous ! On va donc passer des conventions pour faciliter les échanges. C’est du bon sens en barre. S les Français payent avec leurs impôts énormément d’évaluations, de recherches et d’études, il faut que les parlementaires puissent y avoir accès pour comprendre ce qu’il se passe et avoir une position éclairée face aux lobbies", plaide-t-elle.

"L’exit tax a un effet terrible, elle encourage les gens à partir plus vite"

La députée francilienne s’est également exprimée sur la fin de l’exit tax, une mesure controversée souhaitée par Emmanuel Macron. "Il y a une confusion. Tout le monde nous dit que c’est un truc pour les riches. Non, c’est un truc pour l’investissement. Toute notre politique est faite pour rendre la France attractive, pour créer de l’emploi et du travail qui paye. Je ne sais pas créer des emplois, ce n’est pas mon rôle. Ce sont les entrepreneurs qui le font, et il faut qu’ils puissent rester en France. L’exit tax coûte extrêmement cher à gérer, c’est très compliqué. Surtout, elle a un effet terrible puisqu’elle encourage les gens à partir plus vite car s’ils partent pendant huit ans, ils sont exonérés de la taxation ! Ça a donc un effet contradictoire. On ne veut pas faire de la politique fiscale symbolique. Si vous faites la flat-taxe et la réforme de l’ISF, vous ne pouvez pas garder l’exit tax ! On cherche à être cohérent", explique-t-elle.

Quant à la grève en cours à la SNCF, Amélie de Montchalin espère bien qu’elle prendra fin bientôt, tout en défendant l’ouverture à la concurrence du rail français. "Nous ne sommes pas sourds à cette colère. Les cheminots disent qu’on n’a pas entretenu le réseau SNCF. C’est vrai, c’est pour ça qu’on veut remettre de l’argent ! (…) La concurrence est un principe acté par la France, maintenant il faut que ça marche. La concurrence, ça sert à ce que dans les futures lignes de tramway, de métro et de train dans toute la France, on ait une qualité de service qui soit à la hauteur des besoins. Peut-être que la SNCF sera la bonne entreprise, très bien, peut-être que quelqu’un d’autre veut le faire et le fera bien. (…) On a voté un texte, il y a eu des concertations et plein de choses sur la table. Évidemment qu’il faut que la grève s’arrête et qu’on sorte de ce mouvement ! On ne va pas faire une grève tous les trois jours pendant les cinq ans qui viennent !", lance-t-elle.

"L’opposition agite les peurs et cherche à faire de la diversion"

Alors que la France Insoumise organise ce samedi la "Fête à Macron" pour manifester son opposition à la politique menée par l’exécutif depuis un an, Amélie de Montchalin s’indigne d’un tel procédé. "Je vois ça comme une opposition qui ne sait pas quoi proposer, agite les peurs et cherche à faire de la diversion. Quand la France Insoumise et Eric Coquerel proposent un contre-budget à la commission des Finances, ça m’intéresse parce qu’on peut au moins discuter de fond. Faire une Fête à Macron quatre jours après le 1er mai, pour moi ça s’appelle de la diversion, et c’est attiser une forme de croyance selon laquelle on pourrait faire des choses en allant manifester. Faisons des propositions, proposons des transformations, débattons du fond !", propose-t-elle.

Enfin, la députée de l’Essonne a défendu le Service National Universel, qui pourrait s’avérer très utile selon elle. "Ce qui est utile dans notre pays, c’est de recréer un collectif et de la mobilisation des jeunes à vivre ensemble. Aujourd’hui, il y a une forme de discrimination et de ségrégation, une assignation à résidence d’une partie de notre jeunesse qui ne se connaît plus elle-même. La France ne se connaît plus elle-même parce qu’elle ne connaît pas les autres Français de sa génération qui vivent autour d’elle. Une expérience commune, un apprentissage commun, c’est un très bel objectif", affirme-t-elle.

Réécoutez en podcast toute l’interview d’Amélie de Montchalin dans le Grand Matin Sud Radio

 

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