Alexis Corbière : "Mélenchon n'a insulté personne"

Alexis Corbière, député LFI de Seine-Saint-Denis et porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 8 juin 2021 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Alexis Corbière, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 8 juin 2021 à 7h40.

La polémique sur les déclarations de Jean-Luc Mélenchon concernant un possible événement tragique à quelques jours de la Présidentielle 2022 continue, et enfle même car le chef de file de La France Insoumise n’a pas présenté d’excuses en bonne et due forme. "Ses propos sont très clairs", estime Alexis Corbière qui qualifie la polémique de "bruit". "Comme si des gens avaient été insultés."
"Jean-Luc Mélenchon, c’est quand même plusieurs années de vie politique, une constante, une parole maîtrisée", juge le député LFI qui rappelle que le parti avait eu des positions de soutien aux familles des victimes lors de chaque attentat qu'ils ont "condamné de la manière la plus vigoureuse".
"Il n’y a pas à s’excuser, on n’a pas insulté qui que ce soit !"

 

Jean-Luc Mélenchon n'a "absolument pas" insulté les victimes d'attentats

"J’entends toute une série de snipers, comme on dit, des marcheurs qui expliqueraient quasiment que Jean-Luc Mélenchon aurait eu des propos infamants, insultant les victimes… absolument pas. Il faut arrêter."
Alexis Corbière estime que c’est "une manœuvre qui est en place pour dégrader le débat public" et "éviter de discuter de beaucoup de choses" peut-être plus importantes comme le chômage ou la relance économique.
"Moi, j’en ai assez de cette période", déclare le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon. Il juge que la "constante politique de quelqu'un" est attaquée à coups de phrases sorties de leur contexte ou isolées au milieu d’un plus grand discours. "On veut lui sortir autre chose que le sens de son propos" de ces phrases.

 

Dans une campagne politique, il y a "des gens qui sont plus ou moins favorisés"

Ce qu’a dit Jean-Luc Mélenchon, explique Alexis Corbière, parlait de "puissances d’argent" qui "influencent notamment les campagnes présidentielles, souvent en choisissant le candidat". "Il évoquait notamment la trajectoire météorique de M. Emmanuel Macron."
Le chef de file LFI, pour son porte-parole, dit "ne soyons pas des enfants de ce point de vue-là" alors qu’il y a, dans une campagne politique, "des gens qui sont plus ou moins favorisés".
Mais ce n’est pas tout : "aussi, à l’occasion d’une élection présidentielle, il y autre chose qui vient souvent percuter l’élection présidentielle", à savoir "l’arrivée d’attentats". Ce fait, qui s’est répété en 2012 et en 2017 notamment, s’explique car "l’attentat a une vision politique" et que, donc, le terroriste choisit son timing.
Alexis Corbière souligne que Jean-Luc Mélenchon a précisé son propos et déclaré que "les auteurs des attentats choisissent un moment pour frapper en particulier".

 

"Il y a tout un tas de gens qui instrumentalisent ces faits"

Pour certains, les propos du chef de file LFI étaient complotistes au sens où ils semblaient sous-entendre une manipulation des élections de la part d’une puissance. "Ce n’est pas ce qu’a dit Jean-Luc Mélenchon", rétorque son porte-parole. Néanmoins, "à l’occasion de ces attaques, il y a tout un tas de gens qui instrumentalisent ces faits, pour effectivement mettre au cœur de la discussion non plus la question sociale, non plus telle ou telle chose, mais le fait que tel attentat, lui, occupe toute la campagne". Et de cet intérêt central, "on en vienne à parler de l’islam, des musulmans et de plusieurs millions de nos concitoyens".

 

Papacito "menace de mort Les Insoumis au sens large"

Jean-Luc Mélenchon a, lundi 7 juin 2021, annoncé porter plainte contre la vidéo du youtubeur d’extrême-droite Papacito, supprimée par Youtube depuis, qui mettait en scène l’exécution d’un militant d’extrême gauche. Le youtubeur, explique Alexis Corbière, "menace de mort Les Insoumis au sens large, les électeurs de Jean-Luc Mélenchon".
Son style est, selon le député LFI, "fascistoïde potache" et a un ton "assez détestable". Or, "on sait très bien qu’une vidéo qui circule peut avoir des conséquences".

Le député, tout comme d’autres collègues, avait été visé par des menaces de mort, message jugé dangereux par le Président de l’Assemblée nationale si bien que la personne à l’origine de cette vidéo a écopé d’une peine de prison alors que le message est "d’une intensité beaucoup plus faible que ce que fait ce dénommé Papacito".
Or, dans le cadre de Papacito, "M. Zemmour explique que c’est son ami" et pourtant l’affaire est jugée comme étant "un contre-feu" de Jean-Luc Mélenchon. "Sous-entendu, Mélenchon a dit à son copain Papacito fais moi une vidéo, menace moi de mort..." afin de détourner le regard de la polémique.

 

"Il y a un effet d'aubaine pour toute une série de grands groupes"

Pour revenir sur le plan social et politique, Alexis Corbière rappelle qu'il y a "420 plans de licenciements en un an" et "des millions d'emplois qui vont être détruits". "Il y a un effet d'aubaine pour toute une série de grands groupes" qui reversent plus de 50 milliards d'euros aux actionnaires. "Parlons de ça", demande le député LFI, et non "passer le temps à décortiquer une phrase".

Si Jean-Luc Mélenchon "pensait vraiment que c'étaient les puissances d'argent qui ont poussé M. Macron qui étaient auteurs des attentats, il le dirait".

 

"Le gouvernement va faire 2,7 milliards d'économies sur le droit des chômeurs"

La France a été un des pays où il y a eu le plus d'aides déployées lors de la crise de la Covid-19. Alexis Corbière remarque toutefois que sur la fin du quoi qu'il en coûte, "le gouvernement n'est pas très précis". En particulier, sur le remboursement du PGE (Prêt Garanti par l'État) pour lequel les petits patrons "ont un manque de visibilité sur ce que va être la suite".

Et, depuis le 1er juin 2021, "la réforme Assurance-chômage" soit "1,3 million de personnes qui vont voir leurs droits se dégrader", souligne le député LFI. "Le gouvernement va faire 2,7 milliards d'économies sur le droit des chômeurs." Pour lui, c'est "intolérable dans une époque où on sait que, déjà, la crise du Covid a pour effet l'augmentation de la pauvreté".

De fait, "l'enjeu, aujourd'hui, c'est relocaliser l'industrie" et "l'économie" pour "des raisons écologiques et des raisons sociales". "C'est la leçon que nous devions tirer, que le président de la République avait tiré de la crise du Covid." Il estime que la relocalisation et la relance industrielle doivent être le sujet de la Présidentielle 2022 : "c'est ce que je souhaite".

 

 

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