éditorial

L'édito de Véronique Jacquier

Véronique Jacquier

"Aimez-vous votre métier ?" C’est la question que l’on pose aux auditeurs ce matin. On voit des métiers qui ont du mal à recruter. Pourquoi ? Les Français ne s’investissent plus dans leur travail ou les métiers ne sont-ils plus adaptés à nos façons de vivre ?

Deux chiffres sidérants : 1 Français sur 3 seulement se déclare engagé dans son travail, selon une étude de l’assureur Malakoff-Médéric parue jeudi.

Pas de fierté pour son entreprise. Pas de plaisir à venir le matin. Et l’envie de se faire prescrire un arrêt de travail, alors qu’on n’est pas malade, a doublé en dix ans !

La raison principale : le métier que l’on fait n’est pas porteur de sens. Il y a de plus en plus de "métiers à la con". Le gardien de musée qui n’est payé que pour surveiller une pièce. Il devient dingue !

Très à la mode, le poste de "responsable d’amélioration continue" pour réduire les coûts dans une grande entreprise. Dans les faits, on ne sait pas ce qu’il améliore. Il y a aussi, dans les grosses structures, les réunions où l’on ne parle pas de ce que l’on va faire mais de comment on va le faire et avec qui. Ça donne une organisation qui ne parle que d’elle-même. Les salariés ont le sentiment de perdre leur temps et d’être inutile.

Et c’est la même chose pour les métiers ! Demandez à un garagiste. Il vous dira qu’il met 4 mois pour trouver un mécanicien. Demandez à un restaurateur. Impossible de trouver un serveur ou un cuisinier alors qu’il y a 300 000 emplois à pourvoir dans l’hôtellerie et la restauration.

À la Pomarède, un village entre Toulouse et Carcassonne, l’hôtel-restaurant du Château a dû fermer à cause d’une pénurie de personnel. Pourtant, le taux de chômage est à 8,7% dans la région. Les employés veulent leur soirée et leur week-end. Même chose dans les salons de beauté. Difficile de trouver des esthéticiennes qui veulent travailler le samedi après-midi.

Pourquoi une telle désaffection pour certains métiers ?

L’emprise de la télé est impressionnante. Les jeunes qui veulent être cuisinier pensent qu’ils seront les futures grandes toques de Top Chef. Même chose chez les élèves mécaniciens qui rêvent des écuries de Formule 1. Tous veulent tout, tout de suite, et avec un confort immédiat de vie. Sans trop travailler…

Ce n’est pas la vie justement…Tiens, savez vous quel est l’un des métiers qui fait le plus rêver ?

Etre membre d’une police scientifique. Très à la mode avec les séries télé.

Sinon arrive en tête: acteur, architecte, vétérinaire, médecin, et en 7e position président de la République !

Et devinez quels sont les métiers où l’on recrute le plus…

Les aides-soignants, les cuisiniers, mais aussi les aides à domicile, les agents d’entretiens de locaux, les serveurs de restaurants et les ingénieurs en informatique. Tous les métiers qui ne font pas forcement rêver et qui ne sont pas forcement aimables. Mais ils le deviennent si l’ambiance de travail est sympa. Nous sommes des êtres humains pas encore remplacés par des robots.

 

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