Sans Alain Juppé, quel plan B pour la droite si Fillon se désistait ?

François Fillon, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy
François Fillon, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy

Alors qu’Alain Juppé a officialisé ce lundi son intention de ne pas se présenter à l’élection présidentielle en lieu et place d’un François Fillon très fragilisé, les tractations continuent au sein de la droite pour se chercher un éventuel plan B. Mais le temps presse.

Rejetant les "marchandages" et assurant ne pas être en mesure de rassembler son camp et d’incarner le renouveau demandé par les Français, Alain Juppé a officialisé ce lundi matin son refus de prendre la relève d’un François Fillon extrêmement fragilisé dans sa course à l’Élysée. Quelques heures plus tard, le camp des sarkozystes a appelé François Fillon à réfléchir très sérieusement à l’idée de nommer lui-même un successeur. "La question est de savoir si François Fillon est toujours en capacité de gagner la présidentielle. C'est à lui de répondre en son âme et conscience", a ainsi expliqué au Figaro un participant à une réunion organisée ce lundi autour de Nicolas Sarkozy, à laquelle ont notamment pris part Laurent WauquiezEric WoerthLucChatelBrice HortefeuxChristian EstrosiFrançois Baroin et Christian Jacob. "Les conditions de l'union de la droite et du centre ne sont pas là. Il faut aujourd'hui faire revenir l'UDI dans la campagne. C'est à Fillon de proposer une sortie de crise", indique un autre participant. Reste à savoir qui pourrait incarner cette solution de secours, solution qui a par ailleurs été écartée par François Fillon lui-même dimanche au Trocadéro et sur le plateau du journal télévisé de 20H de France 2.

François Baroin, celui dont on parle beaucoup

Parmi les noms les plus régulièrement cités, celui de François Baroin. Maire de Troyes depuis 1995, député de l’Aube pendant plus de 15 ans sous quatre législatures différentes, ancien porte-parole du gouvernement Juppé en 1995 et ministre sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, l’avocat fait aujourd’hui partie du cercle proche de Nicolas Sarkozy qu’il a soutenu pendant la primaire et qui était, de l’aveu de beaucoup d’observateurs, promis au poste de Premier ministre en cas d’élection de ce dernier. Alors que sa relative discrétion dans les affaires nationales et son "jeune" âge (51 ans) peuvent lui donner une image de figure du renouvellement politique malgré un CV déjà très conséquent, François Baroin a par ailleurs reçu le soutien officiel de GeorgesFenech, qui appelle les élus LR à le parrainer auprès du Conseil constitutionnel, même en cas de maintien de François Fillon. "J'émets le vœu que François Baroin, homme humaniste et d'expérience, représentant d'une nouvelle génération, parvienne dès aujourd'hui à provoquer un large rassemblement de tous ceux qui aspirent au redressement de la France dans l'esprit de nos valeurs qui fondent notre grande démocratie", a-t-il ainsi déclaré dans un communiqué. Une chose est sûre : le maire de Troyes est actuellement le mieux placé au sein de la "galaxie Sarkozy".

Xavier Bertrand, le retour en grâce

Ancien ministre de Dominique de Villepin puis de François Fillon de 2005 à 2012, Xavier Bertrand a par la suite traversé une petite période loin des projecteurs nationaux. Mais sa victoire ultra-médiatisée face à Marine Le Pen lors des dernières élections régionales, où il s’est fait élire président de la région des Hauts-de-France grâce, entre autres, aux voix de la gauche au second tour, a mis un gros coup de projecteur sur lui. C’est d’ailleurs avec deux autres présidents de région qui ont fait tomber la gauche locale, Valérie Pécresse (Île-de-France) et Christian Estrosi (PACA), que l’ancien maire de Saint-Quentin (Aisne) a annoncé ce dimanche vouloir rencontrer François Fillon pour lui proposer une sortie "respectueuse". Mais c’était avant le retrait d’Alain Juppé ce lundi… Si son profil peut lui permettre d’espérer rassembler la droite et le centre, pas sûr toutefois que Xavier Bertrand ait réellement envie de plonger dans la fosse aux crocodiles. Selon La Voix du Nord, il aurait en effet confié mercredi dernier à une cinquantaine d’élus de la droite et du centre son refus d’incarner un éventuel plan B.

Jean-Louis Borloo, le revenant poussé par l’UDI

Maire de Valenciennes et député du Nord pendant de longues années, cinq fois ministre de 2002 à 2010, Jean-Louis Borloo a officiellement pris du recul sur la vie politique, se consacrant désormais notamment au développement énergétique de l’Afrique. Mais en ces temps troubles pour la coalition droite-centre, de nombreuses voix à l’UDI commencent à susurrer le nom du fondateur et premier président du parti. C’est notamment le cas de son actuel leader, Jean-Christophe Lagarde. "Si on devait rester dans cette situation de blocage, je demanderais à Jean-Louis Borloo de venir nous aider en étant candidat. Le plus légitime, c’est Alain Juppé, arrivé deuxième à la primaire. Mais si Les Républicains ne trouvent pas de solutions, notre famille politique ne pourra pas soutenir un candidat qui condamne notre alliance à l’échec. Et dans ce cas-là, je pense qu’il serait souhaitable que Jean-Louis ne soit plus médiateur mais acteur", a-t-il déclaré dimanche sur les ondes d’Europe 1. D’autres personnalités du centre-droit, telles que Laurent Hénard et Yves Jégo, en appellent également à Jean-Louis Borloo.

Valérie Pécresse, la grosse cote

Et si François Fillon était remplacé par une femme ? Si tel était le cas, il y a fort à parier que le nom de Valérie Pécresse serait rapidement évoqué. Ancienne députée des Yvelines, ministre de l’Enseignement supérieur et porte-parole du gouvernement sous le mandat de Nicolas Sarkozy, celle qui est aujourd’hui présidente élue de la région Île-de-France peut faire figure de recours à droite. Fervent soutien de François Fillon en 2012 lors du duel fratricide avec Jean-FrançoisCopéValérie Pécresse avait néanmoins misé (à tort) sur le cheval Juppé lors de la primaire, avant de se rallier tardivement à François Fillon. Sur les ondes de Sud Radio ce lundi, le maire (LR) de Suresnes Christian Dupuy et la sénatrice Fabienne Keller ont sous-entendu que Valérie Pécresse pourrait parfaitement incarner un recours. "Je n’appelle pas à voter pour un candidat en particulier, mais il faut faire gagner la France et pas un candidat. [Valérie] Pécresse, mais il y en a d’autres, pourrait devenir candidate, elle a l’expérience avec l’Île-de-France. Les choses changent chaque jour, on verra", a insisté Fabienne Keller dans les colonnes de 20 Minutes.

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