éditorial

L'édito de Natacha Polony

Natacha Polony ©Anthony Ghnassia
Politique

2018 va-t-elle être une période de reconstruction idéologique ?

Natacha Polony évoque aujourd'hui les enjeux de la restructuration de l'échiquier politique français en 2018.

Que va devenir l'échiquier politique dans l'année qui vient ? 2018 est intéressante dans la mesure où elle s'ouvre sur un vide. Emmanuel Macron en majesté qui a retrouvé d'ailleurs la pâmoison médiatique puisque l'on a terminé 2017 sur une période où il marchait de nouveau sur les eaux. L'ensemble des médias se demande comment on peut le critiquer mais sans jamais aller regarder les résultats sur le fond. Mais c'est vrai qu'il plaît et qu'il a l'air de savoir ce qu'il veut donc tout le monde est fasciné.

En face de cela, il n'y a rien ! Alors on a bien vu arriver Laurent Wauquiez qui entend bien se positionner en opposant, sauf qu'il est prisonnier de ses ambiguïtés comme tous les opposants à Emmanuel Macron et c'est bien là le problème... Marine Le Pen souffre de ce débat qui a prouvé qu'elle ne pouvait pas mener une bataille électorale et qu'elle ne serait jamais un chef. En face, vous avez un Jean-Luc Mélenchon qui est complètement entravé par la puissance de tous ses militants venus du Nouveau parti anticapitaliste, qui ont déjà ruiné le NPA et qui risquent de ruiner la France insoumise si le leader de LFI n'arrive pas à les contrôler et à éviter les ambiguïtés,c'est-à-dire à être clair sur les questions de laïcité, de civilisation et de structuration de la nation. Or, pour l'instant il ne l'est pas !

2018 va-t-elle être une période de reconstruction idéologique ? C'est la seule chose que l'on peut attendre. Pourquoi ? Parce que ce qui manque face aux propositions de Macron - qui sont d'ailleurs ambivalentes puisqu'il a un fond à la fois libéral et néo-libéral - ce sont des gens qui sont clairs. Donc la question est de savoir comment reconstruire un corpus idéologique qui apporte une réponse permettant de critiquer le système dont on a vu qu'un bonne part des Français ne veut plus. Comment répondre à ces gens-là sans une réponse extrême, caricaturale et démagogique ? Quand on entend Laurent Wauquiez expliquer qu'il veut réconcilier l'Europe de Jean Monnet et celle de Philippe Séguin, on comprend qu'il y a un problème...

Est-ce que l'on peut avoir un corpus cohérent, une réflexion ? Ça va être toute la question. Ensuite, il y aura la question de l'incarnation. 

>> L'intégralité de la chronique est disponible en podcast

 

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