Héritage de Johnny Hallyday : "Les débats vont prendre plusieurs années"

Johnny Hallyday en plein concert (©Patrick Stollarz - AFP)

La notaire Barbara Thomas-David était l’invitée du 18h Sud Radio ce vendredi pour décrypter les enjeux de l’audience judiciaire qui a eu lieu à Nanterre entre les avocats de Laeticia Hallyday, femme de Johnny Hallyday, et ceux des deux aînés de la star, David et Laura.

C’est une audience particulièrement intense qui a eu lieu ce vendredi au Tribunal de grande instance de Nanterre entre les avocats de Laeticia Hallyday d’un côté, David Hallyday et Laura Smet de l’autre. En jeu, l'assignation en référé déposée par Laura Smet et David Hallyday, qui demandent un droit de regard sur l'album posthume de leur père ainsi que le gel de son patrimoine, en attendant que leur litige au sujet de l’héritage de la star soit réglé sur le fond. Après près de quatre heures de débats, le tribunal a indiqué qu’il rendrait sa décision le... 13 avril prochain.

Invitée du 18h Sud Radio ce soir, la notaire Barbara Thomas-David s’est notamment montrée sceptique sur l’argument brandi par les avocats des deux enfants Hallyday, qui ont clamé que Johnny Hallyday était "un destin français, [et que ] la loi qui doit s’appliquer est la loi française". "C’est un argument qui est plus médiatique que juridique. Juridiquement, c’est le lien social le plus étroit qu’entretient Johnny et sa famille avec soit les États-Unis, soit la France, qui permettra de déterminer si c’est le droit français ou le droit californien qui s’applique", déclare-t-elle.

"Le droit français ne reconnaît pas le trust sur le territoire français"

Au centre des débats sur cet héritage figure notamment la question du trust regroupant les biens du chanteur. "Le droit français ne reconnaît pas le trust sur le territoire français. En revanche, il en reconnaît l’existence à l’étranger s’il est légitimement et légalement constitué. Ce qui est à mon sens le cas en l’occurrence. Mais le droit français a un principe d’ordre public : la réserve héréditaire. Le problème reste le même : ce n’est pas parce que les biens sont dans un trust qu’on ne peut pas appliquer la réserve héréditaire si c’est – bien sûr – le droit français qui s’applique", analyse Barbara Thomas-David.

La notaire s’attend par ailleurs à des procédures longues et fastidieuses. "Les débats seront longs et vont prendre plusieurs années. Je ne peux pas faire de pronostics mais il est clair qu’il va falloir s’attacher de façon très précise sur les liens les plus étroits que Johnny Hallyday et sa famille entretenaient au moment du décès. Étaient-ce avec les États-Unis, où les enfants étaient scolarisées et où ils avaient beaucoup de liens ? Ou était-ce avec la France, où il avait sa résidence à Marnes-la-Coquette et où il venait très souvent ? C’est ça que les avocats de Laura et David vont devoir plaider : montrer que le lien de rapprochement avec la France était plus étroit que ce que l’on n’imagine", indique-t-elle.

Réécoutez en podcast l’interview de Barbara Thomas-David dans le 18h Sud Radio

 

Sur le même sujet
Vos réponses pour cet article

Ajouter un commentaire

Les rubriques Sudradio