"Alain Delon a depuis toujours une fascination-répulsion pour le milieu des bandits"

Frédéric Ploquin, co-auteur de Les derniers seigneurs de Paris

Co-auteur avec Michel Mary du livre "Les derniers seigneurs de Paris" sur la saga des frères Hornec, Frédéric Ploquin était l’invité du Grand Matin Sud Radio ce jeudi.

Mais qui sont les frères Hornec, ce fameux clan familial qui règne sur le milieu parisien depuis le début des années 1990 ? Au micro de Sud Radio, Frédéric Ploquin, co-auteur avec Michel Mary du livre Les derniers seigneurs de Paris, revient sur la saga de cette fratrie et l’enquête interminable de la police sur ceux qui sont, selon lui, "l’ultime visage du milieu en région parisienne". "Depuis le début des années 1990, ils ont mis la main sur tout ce qui nourrit traditionnellement le milieu : la nuit, les boîtes de nuit, les jeux, les restaurants, tous les rackets qui nourrissent le grand banditisme depuis les temps des frères Guérini", ajoute-t-il.

"La police sous-estime au début l’ampleur de ce clan"

Issus de Montreuil en Seine-Saint-Denis, les frères Hornec (Jean-Claude, Mario et Marc) ont commencé à être dans le radar de la police "à partir de 1992 et de l’assassinat en plein Paris de celui qui était considéré comme le parrain parisien, Claude Genova", indique Frédéric Ploquin. "Ce milieu des manouches était sous-estimé. Au début des années 1990, la police sous-estime l’ampleur de ce qu’il y a derrière ce clan. La brigade criminelle rentre en piste après ce meurtre en plein Paris, et ne va jamais les lâcher. Nous suivons pas à pas cette enquête qui va durer plus de 20 ans sans jamais véritablement aboutir", précise-t-il avant de revenir sur les raisons de leur résistance face à la justice.

"La force de ce clan est d’être passé à travers les plus grosses condamnations. Ils tombent, mais en général il y a des erreurs de procédures, des interventions diverses et variées, des rebondissements qui d’ailleurs scotchent les policiers. Ils ont d’excellents avocats, citons ici Jean-Yves Liénard et Denis Giraud. Ensuite, ces manouches qui ont grandi à Montreuil se sont alliés au milieu maghrébin montant dans les années 1990-2000 en Seine-Saint-Denis. Ils ont l’habitude de sous-traiter énormément, de contrôler à distance. Ils ont toujours la mainmise à l’arrière-plan, mais ils ne montent pas forcément sur les coups tous les jours. C’est pour ça qu’ils sont difficiles à coincer", explique-t-il.

"Alain Delon, ce n’est pas ce qu’on pourrait appeler une victime"

Frédéric Ploquin et Michel Mary reviennent par ailleurs dans ce livre sur l’apparition de certaines figures du show-business dans l’enquête sur les frères Hornec. "À un moment donné, Dany Boon se fait serrer par de faux policiers sur le bord de l’autoroute et on veut lui piquer sa voiture ce jour-là. Alain Delon, c’est autre chose. Ce n’est pas ce qu’on pourrait appeler une victime. Lors de la dernière arrestation de l’un des frères, Marc, Alain Delon est allé voir le juge pour lui dire que c’était son ami et qu’il voulait un permis de visite pour le voir en prison. Depuis toujours, Alain Delon a une sorte d’attirance fascination-répulsion pour le milieu. Il est depuis toujours dans le sillage des bandits qui dominent. (…) L’enquête de la brigade criminelle plonge à un moment dans la nuit parisienne et essaye de voir qui possède quoi, qui a ouvert quelle boîte de nuit, etc. Ils vont tomber sur une boîte de nuit du quartier Montparnasse à Paris possédée directement par le clan Boudou et soupçonnée d’avoir capté une partie de l’argent de Johnny Hallyday. Le milieu n’est jamais très loin de la nuit et du show-business", déclare-t-il.

Réécoutez en podcast l’interview de Frédéric Ploquin dans le Grand Matin Sud Radio

 

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