Thaïlande : "Il y a urgence à les faire sortir"

Des médecins pénètrent dans la zone sécurisé pour prodiguer des soins aux premiers rescapés
Des médecins pénètrent dans la zone sécurisé pour prodiguer des soins aux premiers rescapés CHIANG RAI PUBLIC RELATIONS OFFICE / AFP

Invité Sud Radio. Dominique Beau, conseiller technique national du spéléo-secours français, était l’invité du 7h10 Grand Matin Sud Radio. Il est venu nous parler des enfants coincés dans une grotte en Thaïlande, feuilleton dramatique scruté avec attention par le reste de la planète.

C’est une histoire qui fait trembler le monde entier. En Thaïlande, 12 enfants et leur entraîneur se sont retrouvés pris au piège dans une grotte alors qu’ils tentaient de se protéger de la pluie. En pleine période de mousson en Thaïlande, évacuer ces enfants est une mission extrêmement périlleuse car la sortie se trouve après un dédale de boyaux très étroits parfois remplis d’eau, le tout sur une longueur de plusieurs kilomètres. Or, pour ces adolescents âgés de 11 à 16 ans, la plupart ne sait pas nager et aucun d’entre eux n’a déjà fait de plongée. Depuis 15 jours qu’ils sont coincés, c’est une course contre la montre qui s’est mise en place pour tenter de les sauver. Ce dimanche, quatre des enfants ont pu être évacués et transportés à l’hôpital. Il s’agirait des adolescents les plus forts du groupe afin de montrer l’exemple à ceux qui restent et leur prouver qu’il est possible de sortir.

Dominique Beau, invité du 7h10 de Sud Radio, est conseiller technique national du spéléo-secours français. Pour lui c’est une "situation hors-norme" qui s’explique par le fait "ce sont des enfants qui sont concernés, ce ne sont pas des spéléologues confirmés, ce qui est un type de problème auquel nous n’avons pas été confrontés auparavant". Et alors qu’au départ, les autorités thaïlandaises parlaient d’une évacuation possible dans plusieurs semaines, tout s’est accéléré hier, "d’après les informations sur place, il y avait vraiment urgence à les sortir. La crainte, en cette période de l'année en Thaïlande c’est la montée des eaux qui pourrait encore plus bloquer les passages" explique Dominique Beau. "La difficulté en plus du parcours sinueux qui amène vers la sortie, c’est le fait d’avoir à faire franchir ces passages par des personnes qui n’ont jamais pratiqué de plongée ou de spéléologie, qui plus est des enfants qui doivent être épuisés" ajoute t-il.

En effet, avec la faim, la soif, le noir, le stress, les 12 enfants et leur entraîneur souffrent probablement d’un état de fatigue important, "c’est sûr que c’est quelque chose qui les marquera pour le restant de leur vie. Mais ce qui est important en spéléologie c’est de ne jamais être seul. Le fait qu’ils soient tous ensemble pour s’épauler et se soutenir, cela aide" précise Dominique Beau.

En France, des situations similaires sont déjà arrivées par le passé mais avec des configurations différentes : les personnes secourues étaient adultes et entraînées. Pour Dominique Beau, il est essentiel de se renseigner avant de pratiquer cette discipline : "il faut aller vers les clubs, les fédérations. Partir avec des professionnels et s’assurer que les conditions météorologiques sont bonnes pour pouvoir aller sous terre" conseille t-il.

Les opérations de sauvetage pour venir en aide aux personnes qui restent devraient reprendre dans la journée.

>>> Réécoutez l'interview de Dominique Beau par Philippe Verdier 

 

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