Sommet Afrique-France à Montpellier : "Il y a sept millions d’Africains binationaux en France"

Que reste-t-il de la France-Afrique ? Seidik Abba, journaliste, écrivain, ancien rédacteur en chef central à "Jeune Afrique", spécialiste des questions africaines, était interviewé dans "Sud Radio vous explique" sur Sud Radio le 11 octobre. "Sud Radio vous explique" est diffusé tous les jours à 7h45 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Macron, France-Afrique
Emmanuel Macron lors du sommet Afrique-France à Montpellier le 8 octobre 2021 (Ludovic MARIN - AFP).

Sommet Afrique-France à Montpellier : "Souvent, les vérités n’étaient pas dites"

Retour sur le sommet Afrique-France auquel a assisté Emmanuel Macron le 8 octobre. Un sommet un peu particulier, car aucun chef d’État africain n’y assistait, seulement la jeunesse. "Je pense qu’il y a chez Emmanuel Macron la volonté de sortir des sentiers battus, estime Seidik Abba, ancien rédacteur en chef central de Jeune Afrique, spécialiste des questions africaines. Depuis 1973, et l’instauration du premier sommet entre la France et ses anciennes colonies, le sommet ayant par la suite été ouvert au reste du continent, c’était devenu une occasion d’échange entre le président français et ses homologues africains."

Cependant, "souvent, les paroles, les vérités n’étaient pas dites, estime le journaliste et écrivain. Il y a eu de la part d’Emmanuel Macron la volonté d’avoir de nouveaux interlocuteurs pouvant dire les choses avec une franchise un peu brutale. Cela permet à la France de savoir en quoi s’améliorer. D’autant plus qu’elle est concurrencée par la Chine et la Russie sur ce qui semblait être son pré carré, comme la Centrafrique et le Mali."

 

Sommet Afrique-France à Montpellier : "Solder le passé permet de mieux avancer"

Le dialogue a été brutal, quand les jeunes présents ont fustigé l’arrogance, le colonialisme et le paternalisme français. "Oui, par exemple quand cette jeune malienne a interpellé Macron en termes moins diplomatiques, ou l’exigence du jeune sénégalais demandant la repentance de la France pour les crimes coloniaux, détaille Seidik Abba. On peut changer le passé, comme le travail entrepris avec Emmanuel Macron sur le Rwanda. On ne peut pas construire une relation que sur le passé, mais le fait de le solder permet de mieux avancer."

Quel est aujourd’hui le regard de l’Afrique sur la France ? "Une bonne partie de l’Afrique a conscience de sa relation privilégiée avec la France, notamment du fait de sa communauté linguistique, estime l’ancien rédacteur en chef central de Jeune Afrique. Il y a sept millions d’Africains binationaux en France. Le président Macron veut qu’ils soient des acteurs, des passerelles entre la France et l’Afrique, que la diaspora puisse jouer un rôle important."

 

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