Riyad et ses alliés du Golfe rompent avec le Qatar, accusé de "soutenir le terrorisme"

L'Arabie saoudite et plusieurs de ses alliés du Golfe ont décidé de rompre avec le Qatar, accusé de "soutenir le terrorisme".

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Crise diplomatique sans précédent au Moyen-Orient. Tôt ce matin, l'Arabie saoudite a rompu ses relations avec le Qatar, accusant ce dernier de "soutenir le terrorisme" et d'abriter sur son sol "divers groupes pour déstabiliser la région, comme la confrérie des Frères musulmans, Daech et Al-Qaïda". Tous les vols entre les deux pays ont par ailleurs été suspendus jusqu'à nouvel ordre. Ce sont ensuite l'Égypte, le Bahreïn, les Émirats arabes unis et le Yémen qui ont imité leur voisin, fragilisant encore un peu plus le petit émirat qui se retrouve désormais isolé dans le Golfe persique.

Doha a immédiatement réagi et a accusé ces États de vouloir "mettre sous tutelle" le Qatar et de l'étouffer économiquement. La Bourse local a d'ailleurs chuté de 8% dès l'ouverture des opérations. Cette rupture intervient deux semaines après la visite à Riyad du président américain Donald Trump - son premier déplacement officiel à l'étranger - au cours de laquelle ce dernier avait exhorté les pays musulmans à lutter contre le terrorisme. 

Le Qatar a également été exclu de la coalition militaire des pays arabes qui combattent actuellement les rebelles houthis pro-iraniens au Yémen. Une décision dont s'est félicité le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, lequel accuse Doha de soutenir les rebelles houthis, en dépit de sa participation à la coalition.

Autre répercussion de cette décision diplomatique : lundi après-midi, le club de football saoudien Al-Ahly a annoncé de son côté la résiliation d'un contrat passé avec Quatar Airways. Le club a expliqué avoir pris cette décision par sa volonté d'être "au diapason des décisions du gouvernement" saoudien. Plus tard, lundi après-midi, l'Arabie Saoudite a aussi décidé de fermer les bureaux de la chaîne de télévision Al Jazeera. Six compagnies aériennes du Golf ont également annoncé suspendre leur vols avec le Qatar. En outre, les avions du Qatar n'auront pas le droit d'emprunter l'espace aérien de l'Egypte, ni d'atterrir dans le pays, dès mardi à partir de 4h, ont assuré les autorités égyptiennes dans un communiqué. 

Il s'agit de la plus grave crise diplomatique dans cette région depuis la création en 1981 du Conseil de coopération du Golfe (CGC), composé de l'Arabie saoudite, de Bahreïn, des Émirats arabes unis, du Koweït, d'Oman et du Qatar.