La communauté internationale rend hommage à Liu Xiaobo et interpelle la Chine

Liu Xiaobo, prix  Nobel de la Paix 2010
Liu Xiaobo, prix Nobel de la Paix 2010

Suite à l’annonce du décès du prix Nobel de la paix Liu Xiaobo, plusieurs responsables politiques internationaux ont rendu hommage au dissident chinois. Certains pointent ouvertement la responsabilité de Pékin.

Atteint d'un cancer du foie en phase terminale, Liu Xiaobo savait ses jours comptés. Alors que le dissident chinois, emprisonné pour subversion, avait bénéficié d'une remise en liberté conditionnelle en mai dernier afin d'être hospitalisé d'urgence, son souhait d’être soigné à l’étranger n’avait pas été exaucé par les autorités chinoises. Ce sont ces dernières qui ont annoncé son décès ce jeudi, à l’âge de 61 ans. Une nouvelle qui a ému de nombreuses personnalités du monde entier.

L’Allemagne salue un "héros de la démocratie et des droits civiques"

L’Allemagne a été l’une des premières à réagir, notamment par la voix d’Angela Merkel, en visite à Paris. "Je suis profondément attristée par la mort de Liu Xiaobo, le courageux combattant pour les droits civiques et la liberté d'expression. Ma plus profonde sympathie à sa famille", a déclaré la chancelière dans une déclaration publiée sur Twitter par son porte-parole Steffen Seibert.

Ministre allemand de la Justice, Heiko Maas a lui aussi rendu hommage à Liu Xiaobo sur le célèbre réseau social. "Sa résistance par la non-violence a fait de lui un héros de la lutte pour la démocratie et les droits de l'homme", a-t-il déclaré.

Le Drian : "Les droits de l’homme font partie de notre dialogue avec la Chine"

La France a également réagi par l’intermédiaire de Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères. "C'est avec une profonde tristesse que j'ai appris le décès de Liu Xiaobo, prix Nobel de la Paix 2010. En dépit de longues périodes de détention, il n'a cessé depuis plus de trente ans de défendre avec courage les droits fondamentaux, et notamment la liberté d'expression. La France avait appelé à plusieurs reprises à sa libération et souhaite que les autorités chinoises assurent la liberté de mouvement de son épouse, Mme Liu Xia, de sa famille et ses proches. La défense des droits de l'Homme est une priorité de la diplomatie française partout dans le monde. À ce titre, cette question fait partie de notre dialogue avec la Chine", a assuré le chef de la diplomatie française dans une déclaration.

Plus tard dans la journée, le président de la République Emmanuel Macron s'est lui aussi exprimé sur cette nouvelle.

La Chine clairement pointée du doigt

Secrétaire d'État des États-Unis, Rex Tillerson a salué de son côté le prix Nobel de la Paix 2010, jugeant qu’il avait "consacré sa vie à l'amélioration de l'humanité" et exhortant Pékin à "libérer son épouse Liu Xia de sa résidence surveillée et de la laisser quitter la Chine selon son souhait".

Cette interpellation de la Chine a par ailleurs trouvé un certain écho du côté du comité Nobel, qui avait décoré Liu Xiaobo en 2010 alors qu’il était détenu en Chine. "Nous trouvons profondément troublant que Liu Xiaobo n'ait pas été transféré dans un établissement où il aurait pu recevoir un traitement médical adéquat avant que sa maladie n'entre en phase terminale. Le gouvernement chinois porte une lourde responsabilité pour sa mort prématurée", a accusé la présidente du comité, Berit Reiss-Andersen.

Zeid Ra'ad Al Hussein, Haut Commissaire aux droits de l'homme de l'Onu, a de son côté salué "un champion des principes, qui avait consacré sa vie à la défense et à la promotion des droits humains, pacifiquement et sans relâche, et qui avait été emprisonné pour avoir défendu ses convictions". "Liu Xiaobo était la vraie incarnation des idéaux démocratiques, non violents, dont il était un ardent défenseur", a-t-il ajouté, appelant lui aussi le gouvernement chinois à accorder à Liu Xia, épouse du défunt, "à l'autoriser à se rendre à l'étranger si elle le souhaite".

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