Jean Jouzel : "en 2020 on pourrait peut-être attendre les 50 degrés en France"

Jean Jouzel, climatologue et ancien vice-président du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), était l'invité de Jean-Marie Bordry dans "Les vraies voix" le 12 août 2021 sur Sud Radio.

Jean Jouzel, invité de Jean-Marie Bordry dans "Les vraies voix" sur Sud Radio. © AFP

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a présenté son sixième Rapport d'évaluation. Alors, quels enseignements pour la France?

 

"Un million de personnes en France, de façon ponctuelle, pourraient être submergées"

Comme l’explique Jean Jouzel, le changement climatique a et aura un impact encore plus considérable sur les populations. "Le changement climatique est lié aux activités humaines. On sait pertinemment depuis vingt ans que ce changement climatique se manifeste par un réchauffement et s’accompagne d’événements extrêmes : pluies torrentielles, sécheresses. Ce que nous vivons est ce qui était anticipé il y a une vingtaine d’années.

On aura toujours des étés normaux, mais on aura de plus en plus souvent des étés anormaux. Des canicules de plus en plus longues, de plus en plus intenses. Dans une dizaine d’années on aura peut-être 48 degrés en France. Mais c’est surtout pour 2050 que des questions se posent. On pourrait peut-être attendre les 50 degrés en France. Le nombre de victimes climatiques pourrait être multiplié par 30 dans un climat à +3 degrés. On pourrait avoir chaque année 100.000 victimes au niveau de l’Europe. Il y a ces problèmes des villes côtières, qui souffrent de l’élévation du niveau des mers. Il y a un risque de submersion pour les régions côtières. On parle d’un million de personnes en France qui, de façon ponctuelle, pourraient être submergées."

 

"Le problème, c’est le fossé énorme qu’il y a entre les objectifs et les engagements pris par les pays"

Selon Jean Jouzel, le principal défi pour les gouvernements maintenant est de traduire les objectifs en engagements et de les mettre en œuvre. "Dans les objectifs c’est presque parfait. Les États-Unis, l’Europe, la Chine… 130 pays ont annoncé la neutralité carbone à l’horizon 2050, la Chine en 2060. Cela pourrait être une note d’optimisme. En tout cas les gouvernements s’appuient sur le rapport du GIEC pour définir leurs objectifs. Le problème, c’est le fossé énorme qu’il y a entre les objectifs et les engagements pris par ces pays."

Jean Jouzel porte un regard positif sur les travaux de la Convention citoyenne pour le climat. "En France, la Convention citoyenne pour le climat a apporté des réponses ambitieuses et pertinentes quant à notre façon de nous déplacer, nous nourrir et nous loger. Sur tous ces aspects il y a des recommandations de citoyens qui sont très pertinentes."


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