Gilles Simeoni : "La Corse ne pouvait pas détourner le regard et ne pas tendre la main" à l'Aquarius

Gilles Simeoni : "La Corse ne pouvait pas détourner le regard et ne pas tendre la main" à l'Aquarius

Gilles Simeoni (Président du Conseil exécutif de Corse) était ce mardi l'invité de Véronique Jacquier dans le Grand journal de 18h, afin d'évoquer la situation du navire humanitaire Aquarius, qu'il se dit prêt à accueillir sur l'île de beauté.

Alors que l'Aquarius - ce navire humanitaire affrété par l'ONG SOS Méditerranée - se trouve toujours en stand-bye en mer avec à son bord 629 migrants, la Corse s'est proposée d'accueillir le bateau. Gilles Simeoni (Président du Conseil exécutif de Corse) s'en est expliqué.

"Beaucoup, en Corse, en France et dans le monde, auraient fait pareil"

Invité du Grand journal de 18h, l'élu autonomiste a ainsi justifié sa proposition par l'urgence humanitaire. "Confronté à une situation de détresse et d'urgence qui se déroule à une centaine de kilomètres de nos côtes, nous avons pris la décision de façon spontanée de proposer notre aide", a-t-il d'abord affirmé, tout en assurant que ce geste n'était "pas un pied de nez au gouvernement ou à la France". "Je ne mésestime pas les difficultés générées par la gestion des flux de migrants (...) mais il faut quand même remettre l'humain et les valeurs universelles au cœur des décisions. Franchement, on ne pouvait pas imaginer détourner le regard et ne pas tendre la main au moment ou des femmes, des hommes et des enfants étaient en détresse au large de la Corse", a-t-il encore insisté.

Quid de la légitimité d'une telle décision, prise indépendamment du gouvernement ? "Je suis président du Conseil exécutif, la collectivité de Corse est propriétaire des ports. Il y avait des gens en mer qui manquaient de vivres et étaient exposés à des conditions météo de plus en plus dégradées. Le port de Valence, qui était pressenti, était trop loin, alors j'ai donc dit : 'si besoin, venez dans notre port', au moins le temps que les choses s'apaisent et que la tempête se calme", a-t-il rétorqué . "Beaucoup de femmes et d'hommes, en Corse, en France, en Europe et dans le monde, auraient fait pareil", a-t-il ajouté. "J'ai prévenu la préfète de Corse qui m'a dit que, le cas échéant, si cette décision était suivie des faits, il y aurait des conséquences difficiles à gérer", a-t-il par ailleurs expliqué, précisant que la préfecture lui avait indiqué que "des infrastructures risquaient de faire défaut".

>> Retrouvez l'intégralité de l'interview, disponible en podcast

 

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