Le Capitole envahi à Washington : "Les pro Trump pourraient fonder un autre parti"

Harold Hyman, journaliste franco-américain spécialiste des questions internationales (Cnews), auteur de Tribus américaines (éditions Nevicata) était interviewé dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 7 janvier. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Les soutiens de Donald Trump ont envahi le Capitole. Et maintenant ? (Photo by Saul Loeb / AFP)

Révolution ou insurrection ? Les manifestants pro-Trump ont envahi le Capitole, et une femme y a perdu la vie, abattue. Comment les partisans de Donald Trump ont-ils pu entrer aussi facilement au cœur du pouvoir américain ?

 

"Tout le monde se renvoie la balle"

"Cela fera l’objet d’une enquête, estime Harold Hyman, journaliste franco-américain spécialiste des questions internationales. Tout le monde se pose cette question outre-Atlantique. Le Capitole, c’est la maison du peuple. Quand on y rentre, c’est très grand : c’est le sénat plus l’assemblée nationale, avec la gare du nord au milieu. On vous palpe, vous passez au détecteur de métaux et c’est tout. De nombreuses personnes se promènent là pour essayer de rencontrer leurs élus. Ils ont toutes sortes de pancartes et de chapeaux bizarres. La police spéciale n’est pas habituée à matraquer les gens qui entrent. C’est leur dernier instinct et cela a joué contre eux."

Peut-on dire qu’il n’y avait pas suffisamment de policiers déployés autour du Capitole ? "Il y avait un manque d’effectifs, estime l’auteur de Tribus américaines (éditions Nevicata)/. La polémique commence à monter : on aurait dû déployer la garde nationale de Washington, sorte de corps de réserve de 1.100 militaires. Il se dit que la maire aurait dû faire appel à eux, que le président, chef des armées, aurait dû accélérer la chose. Tout le monde se renvoie la balle, et les gardes nationaux sont arrivés comme les carabiniers de légende, quand tout était fini pour encadrer le bâtiment."

 

"Les Républicains sont en train d'entrer en guerre civile"

Donald Trump a demandé aux manifestants de rentrer chez eux, tout en continuant de contester les résultats de l’élection. "Oui, c'est le pompier pyromane, juge Harold Hyman. C’est lui qui a dit dans son discours « marchons vers le Capitole et mettons fin à cette farce, à ce vol. » Les manifestants sont arrivés au moment même on l’on votait sur la validation de la victoire de Joe Biden. On est dans une ingérence caractérisée."

Peut-on parler d’une fracture américaine totale, avec deux peuples qui s’affrontent et un parti républicain cassé en deux ? "À l’intérieur de ces deux camps, cela se subdivise, estime le journaliste franco-américain. Les Républicains sont en train d'entrer en guerre civile. Ceux qui sont pour Trump pourraient fonder un autre parti. La rumeur circule très fortement que cela pourrait s’appeler le parti du peuple. Les autres Républicains sont en train de retrouver leur instinct de conservateur, très soucieux de la forme des choses, du droit et des mœurs civilisées."

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