Annulation du "contrat du siècle" de sous-marins : "Joe Biden est un gaulliste"

L’annulation du "contrat du siècle" de sous-marins entre la France et l’Australie, quels enjeux et quelles conséquences ? Gil Mihaely, historien et directeur de publication de la revue "Conflits", était l’invité de Patrick Roger le 20 septembre dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h10. 

Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre australien de l'époque Malcolm Turnbull visitent un sous-marin australien à Sydney, le 2 mai 2018 (Brendan Esposito - Pool/AFP/Archives)

Annulation du "contrat du siècle" de sous-marins entre la France et l'Australie : "comme dans les années 1930, avec la montée du Japon"

Dans cette affaire, la France s’est-elle faite rouler dans la farine par ses alliés Américains et Australiens ? "C’est sans doute un camouflet assez pénible, reconnaît Gil Mihaely, historien et directeur de publication de la revue Conflits. Dans quelques mois, les conséquences vont rester et chacun sera calmé un petit peu. Mais au-delà des émotions, pour aller vite, Joe Biden est un gaulliste. Les États-Unis ont placé la Chine au centre de leur attention géostratégique, et cela n’est pas sans conséquence."

"Pour prendre un exemple, nous sommes pour eux, dans le Pacifique, comme dans les années 1930, avec la montée du Japon. On se souvient que durant la Deuxième Guerre Mondiale, l’Angleterre était le porte-avion des États-Unis face à l’Allemagne et l’Australie face au Japon. La géographie n’a pas changé, la carte reste la même, sauf que ce n’est pas le Japon mais la Chine."

 

Achat de sous-marins : "Les Australiens ont changé d’avis parce que la Chine a changé"

"Les États-Unis restent une super-puissance. Ils peuvent changer les règles, et vendre des sous-marins nucléaires, estime Gil Mihaely. Ils ont décidé que c’était leur intérêt vital. Sur la forme, c’était plus que lamentable, mais on se demande si cela pouvait être autrement tout devant rester secret jusqu’au dernier moment." Est-ce la question de fournir une motorisation nucléaire et non diesel qui a posé problème ? "Cette question a été posée dès le début. Le temps de passage d’un port australien vers la mer de Chine est très long. Leurs sous-marins actuels sont fabriqués par la Suède, ce sont des sous-marins traditionnels énormes."

"Les Australiens ont changé d’avis et demandé des sous-marins nucléaires parce que la Chine a changé, résume l’historien et directeur de publication de la revue Conflits. Mais la France n’est pas démunie." Peut-on aller jusqu’à quitter l’OTAN ? "Je ne pense pas. Pour le commandement unifié, c’est possible, mais ce ne doit pas être une vengeance. Il faut voir quel est notre intérêt, notre position vis-à-vis de la Chine. Dans quelques mois, on parlera d’autre chose. Nos cartes ne sont pas aussi bonnes que celles des Américains mais elles ne sont pas si mauvaises."

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