Sylvie Pierre-Brossolette (CSA) : "On n'a rien demandé à Raquel Garrido"

Sylvie Pierre-Brossolette, membre du CSA ©PATRICK KOVARIK - AFP
Sylvie Pierre-Brossolette, membre du CSA ©PATRICK KOVARIK - AFP

Raquel Garrido a annoncé qu'elle quittait la France Insoumise, avançant que le CSA lui avait contraint de prendre cette décision pour garder son poste de chroniqueuse sur C8. Invitée du 10h-12h sur Sud Radio, Sylvie Pierre-Brossolette, du CSA, a assuré que l'organisme n'avait fait que rappeler la règle du décompte de temps et parole et que Raquel Garrido "en a tiré la conclusion qu'il valait mieux quitter la politique pour pouvoir s'exprimer plus longuement".

Dans les colonnes du Journal du Dimanche, Raquel Garrido a annoncé son intention de quitter la France Insoumise et la vie politique, afin de se consacrer à son activité de chroniqueuse dans l'émission Les Terriens du Dimanche sur C8. Dans les colonnes de l'hebdomadaire, elle expliquait avoir été "placée devant un dilemme par le CSA". En d'autres termes, quitter la politique ou voir son temps de parole décompté au profit de la France Insoumise.

Si l'avocate a fait son choix et privilégié son activité médiatique plutôt que politique, le Conseil supérieur de l'audiovisuel dément les explications de l'intéressée. Invitée du 10h-12h sur Sud Radio, Sylvie Pierre-Brossolette, membre du CSA, explique avoir simplement "rappelé la règle" du décompte du temps de parole des personnalités politiques dans les médias.

"On n'a pas tout à fait la même version, a indiqué Sylvie Pierre-Brossolette. On n'a rien contraint du tout, on n'a rien demandé. On a juste rappelé la règle. Les personnalités politiques sont décomptées dans les temps de parole, ce que la loi demande au CSA de faire. Raquel Garrido en a tiré la conclusion qu'il valait mieux quitter la politique pour pouvoir s'exprimer plus longuement, mais nous n'avons jamais été en contact avec elle."

Toutefois, si Raquel Garrido a annoncé qu'elle allait "tourner la page" de la politique, sa proximité avec la France Insoumise et les idées portées par le mouvement de Jean-Luc Mélenchon restent les mêmes. Dès lors, sa parole gardera la même teinte politique, mais ne sera plus décomptée. Pour Sylvie Pierre-Brossolette, il faut différencier une proximité idéologique d'un activisme politique : "Si elle n'a plus la carte de son parti, si elle n'a pas d'activité militante, ça rentre dans la liberté de penser. Chacun peut avoir ses opinions personnelles. Il y a une règle. S'il y a des gens qui sont proches d'un parti politique et qui sont invités dans une émission, on ne va pas les décompter. On a eu le cas de beaucoup de personnalités politiques qui ont arrêté. Mme Bachelot, par exemple, ou Daniel Cohn-Bendit, qui n'a plus de carte politique, plus de mandat. Il y a un certain nombre de critères pour différencier un homme politique ou un journaliste, un chroniqueur engagé. C'est la liberté d'expression en France."

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