Sandrine Mercier - Explosion AZF : "nous pensions être attaqués par une bombe"

En direct de Toulouse, les journalistes Sandrine Mercier et Juan Hidalgo, réalisateurs de la série documentaire "AZF" qui sera diffusée lundi 20 septembre sur France 3 Occitanie, étaient les invités de Valérie Expert et Gilles Ganzmann sur Sud Radio le 20 septembre dans "Le 10h - midi".

Sandrine Mercier, Juan Hidalgo et Christine Bouillot, invités de Valérie Expert dans "Le 10h - midi" sur Sud Radio.

Explosion à l'usine AZF : "On a pensé comme à peu près tous les Toulousains qu'il y avait une bombe et qu'on était attaqués"

Le 21 septembre 2001, dix jours après les attentats de New-York, l’explosion à l’usine AZF à Toulouse fait 31 morts, des milliers de blessés et des dizaines de milliers de sinistrés. Sandrine Mercier, journaliste et réalisatrice, était alors correspondante à Toulouse pour M6. "J'étais dans une télé locale à Toulouse, se souvient-elle, en plein centre-ville, les bureaux étaient vitrés et quand il y a eu l'explosion, on a pensé comme à peu près tous les Toulousains à ce moment-là, que ça se passait chez nous, qu'il y avait une bombe et qu'on était attaqués... On s'est réfugiés sous la table et après enfin, il y a eu la phase de prise de conscience. On a pris nos caméras avec Juan Hidalgo [qui a co-réalisé le documentaire, ndlr] et on est partis, raconte-t-elle. Ça a été une journée incroyable, qui nous a considérablement marqués. D'où notre envie de revenir 20 ans après relater cet événement".

Au moment de la catastrophe, Christine Bouillot, correspondante pour Sud Radio, sortait de la matinale de Sud Radio. "On sortait de la conférence de rédaction, c'était un vendredi et il faisait ultra beau !, se rappelle-t-elle. On sortait d'une semaine éreintante puisqu'on suivait l'après 11 septembre. Il y a eu tout à coup l'explosion puis l'effet de souffle, qui nous a tous sidérés. Je revois encore le journaliste sortant de la rédaction en criant : 'ils ont fait péter Toulouse !'"

Sandrine Mercier : "On a voulu s'adresser à la génération d'après, qui souvent n’a pas connu AZF"

Sandrine Mercier a pris le parti de présenter le documentaire sous forme de fiction, mélangée à des images d'archives, avec une jeune femme qui raconte comment son père est mort dans cette catastrophe. "La jeune femme est une comédienne mais tout est vrai, explique la réalisatrice. On a voulu s'adresser à la génération d'après, qui souvent n’a pas connu AZF. Clara nous a paru la position idéale pour faire parler ces voix plurielles, toutes ces victimes qui ont perdu un proche. On a récolté énormément de témoignages de ces 'orphelins', ces gens qui ont perdu souvent un père".

"Ce qui nous intéressait par rapport à Clara, de l'incarner dans une comédienne, c'est de pouvoir personnaliser, ajoute Juan Hidalgo. Lorsqu'on a rencontré les orphelines et les orphelins, beaucoup se sont retranchés derrière le traumatisme qu'ils avaient encore. C'était un frein à pouvoir remonter une histoire avec de l'émotion, une histoire cinématographique comme on souhaitait le faire avec France 3, qui nous a tout de suite soutenus dans ce projet". 

Un documentaire pour faire renaître l'histoire de l'usine AZF

Ce documentaire a demandé un énorme travail d'archives, confie Sandrine Mercier. "On a pris toutes les archives mais il n'y avait pas beaucoup de correspondants et beaucoup de problèmes techniques, souligne-t-elle. Et on était en 2001, il n'y avait pas les réseaux sociaux. On avait des petits téléphones sans forcément de vidéo, on a cherché des gens qui avaient filmé à titre individuel avec des caméscopes. Tout l'enjeu était de voir des images que personne n'avait vues pour refaire connaître cette histoire".

"Pendant 18 ans, on a cherché des causes, des coupables ; notre intention n'était pas de donner une énième version à l'enquête, en aucun cas de refaire le procès non plus, tient à préciser Juan Hidalgo, mais de transmettre un récit clair".

 

 

 

Cliquez ici pour retrouver l'intégralité de l’interview média en podcast.

Retrouvez l'invité média de Valérie Expert et Gilles Ganzmann du lundi au vendredi à partir de 10h00 sur Sud Radio dans "Le 10h - midi".

Sur quelle fréquence écouter Sud Radio ? Cliquez ici !