Laurent Ruquier : "On peut dire ce qu'on veut, à condition que ce soit sur Twitter !"

Laurent Ruquier était l’invité de Valérie Expert et Gilles Ganzmann sur Sud Radio le 17 mai dans "Le 10h - midi". Il présente son livre "Finement con" publié aux éditions Flammarion.

Laurent Ruquier, invité de Valérie Expert dans "Le 10h - midi" sur Sud Radio.

Laurent Ruquier : "C'est le moment de se battre pour la liberté d'expression"

Laurent Ruquier, qui va fêter ses 30 ans de radio, présente quotidiennement depuis 2014 "Les Grosses Têtes" sur RTL, depuis 2017 l'émission "Les Enfants de la télé" chaque dimanche après-midi sur France 2 à 18h25, et depuis le 26 septembre 2020, il anime "On est en direct" diffusée chaque samedi soir en seconde partie de soirée sur France 2, en remplacement de l'émission "On n'est pas couché". Dans son nouveau livre Finement con, une préface extrêmement engagée sur ce qu'est l'humour aujourd'hui, la difficulté pour les humoristes de s'exprimer, souligne Valérie Expert. "Je suis content d'avoir vécu mes années radio et mes débuts il y a quelques années et pas maintenant ! confie Laurent Ruquier. C'est sûrement plus difficile aujourd'hui. Ce n'est pas que l'époque me pèse, je n'ai pas envie de dire 'c'était mieux avant', mais en ce qui concerne la liberté d'expression, c'est le moment de se battre pour veiller à ce que toutes les chapelles n'empêchent pas les gens de s'exprimer !"

 

"On peut dire ce qu'on veut, à condition que ce soit sur Twitter !"

"Ce n'est pas qu'on ne peut plus rien dire, c'est pire que ça ! estime-t-il. Il y a des endroits où on peut tout dire, c'est Twitter, sur les réseaux sociaux. Sur Twitter, vous avez des gens qui vous insultent, qui ont des propos racistes, homophobes, contre les femmes, contre les juifs, contre les musulmans, tout ! Il y a une haine terrible, mais c'est sur ce même réseau social que certains lobbies, certaines associations, certains comités se font un malin plaisir d'empêcher les humoristes et parfois les journalistes de faire une blague sur un sujet ou un autre, déplore-t-il. C'est un paradoxe total ! On peut dire ce qu'on veut, à condition que ce soit sur Twitter, c'est l'AFP d'aujourd'hui", dénonce-t-il.

Laurent Ruquier explique que cette préface est un acte politique. "On doit continuer à pouvoir rire de tout, mais c'est devenu quand même un vrai travail d'acrobatie. Il faut éviter les chausse-trappes, une polémique qui va naître au moindre propos de travers. Il faut faire attention à qui on s'adresse et ne pas se fier aux réactions des réseaux sociaux. C'est le problème des jeunes humoristes, souligne-t-il. On essaie de me monter contrer McFly et Carlito mais je n'ai absolument rien contre eux ! J'ai pris cet exemple-là parce que j'ai trouvé que ce n'était pas le rôle d'humoristes de faire une vidéo sur les gestes barrières. Norman, que j'aime beaucoup, c'est fait connaître grâce à Youtube et les réseaux sociaux, mais le danger de ces moyens-là, c'est qu'ils sont tellement habitués à comptabiliser leur nombre de likes ou de followers qu'il suffit qu'il y ait 1.000 personnes qui les insultent pour qu'ils s'excusent et retirent ce qu'ils ont dit, s'inquiéter pendant des jours et des jours de l'avenir de leur carrière alors que ça n'est pas représentatif ! Une carrière se fait en fonction de ce qu'on a envie de dire et de faire, pas en fonction de ce que les gens ont envie que vous disiez !"

Laurent Ruquier a été accusé dans ses émissions de radio d'être homophobe, grossophobe. "C'est grotesque !, estime-t-il. Ils ont écouté l'émission pendant 3 mois, forcément vous pouvez ressortir ce que vous voulez ! Il ne faut pas prêter attention à ça, et les 'Grosses Têtes' sont devenues bien plus tolérantes que ce qu'elles étaient à l'époque de Philippe Bouvard", assure-t-il. "Avant, quand on dépassait un peu les limites, c'étaient les journaux de gauche qui vous défendaient et c'étaient plutôt dans les journaux de droite qu'on était un peu coincés. Maintenant, c'est l'inverse !, s'étonne Laurent Ruquier. Sûrement parce que les journaux comme Libération, l'Obs ou Télérama ont leurs lecteurs à qui ils ont envie de faire plaisir".

 

"En ce moment, j'aime bien Jadot !"

Quel homme ou quelle femme politique a surpris Laurent Ruquier ? "En ce moment, j'aime bien Jadot !, confie-t-il. Aujourd'hui, l'utopie c'est l'écologie et sauver la planète, estime-t-il. Chez les écolos, il y a beaucoup d'extrémistes, certains vont un peu trop loin dans le jusqu'au-boutisme écolo, ce n'est pas le cas de Yannick Jadot, qui est plutôt plus sage. Quand il parle, il est plutôt sensé et intelligent. Ce n'est pas interdit que s'il est candidat, je vote pour lui !"

 

"J'aime beaucoup Pascal Praud ! On n'est pas dans le politiquement correct habituel !"

Interrogé sur les chaînes d'info qu'il regarde, Laurent Ruquier affirme "regarder plus facilement CNews aujourd'hui que BFM ! Parce que j'ai envie de me marrer ! Ça paraît surprenant que je dise ça, mais j'aime beaucoup Pascal Praud, ça me fait rire ! Je ne suis pas d'accord avec 90% de ce qui se raconte, mais au moins il se passe quelque chose et on n'est pas dans le politiquement correct habituel !"

Une émission dans laquelle Laurent Ruquier regrette d'être allé : "Je n'irai plus chez Charline Vanhoenacker sur France Inter. À part 2 ou 3 que je sauverais du lot, ce ne sont pas des gens corrects..."

 

 

 

 

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