Gilets jaunes : "on a du mal à trouver des invités pour défendre le président !"

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Les gilets jaunes font des records d'audience sur les chaînes et programmes d'information. ©BERTRAND GUAY - AFP

Les chaînes d'information, mais aussi les chaînes nationales, multiplient les émissions spéciales consacrées aux gilets jaunes. Avec des records d'audience à la clef et une difficulté inédite : les chaînes de télévision ont du mal à trouver des invités pour défendre le président de la République, a expliqué Yannick Letranchant, le directeur exécutif de l'information à France Télévisions au micro de Valérie Expert, lundi 3 décembre. 

Près de 10% d'audience pour BFM TV samedi après midi 1er décembre, même chose pour CNEWS et LCI qui battent également des records d'audience : les gilets jaunes "passionnent" les Français. Entre 17h et 19H, toujours samedi 1er décembre, près de 6 millions de téléspectateurs suivaient les chaînes d'information à cette heure là. 

Dimanche 2 décembre au soir, 24 heures après les événements survenus à Paris et un peu partout en France, le JT de TF1 a attiré 7,7 millions de téléspectateurs, quand l'émission spéciale de France 2, après le JT, a rassemblé 5,3 millions de Français devant leur poste.  Rémy Pernelet estime que plus de 10 millions de téléspectateurs ont regardé une chaîne de télévision qui parlait des gilets jaunes dimanche soir. 

Gilets jaunes : 10 millions de téléspectateurs dimanche soir 

Chose inédite, France 2 a donc même déprogrammé le film "The Revenant" avec Leonardo Di Caprio, dont ce devait être la première diffusion sur une chaîne, en clair, pour diffuser à la place une émission spéciale en direct animée par Léa Salamé et Thomas Sotto.

"Nous n'avons pas fait cette émission là pour l'audience" explique Yannick Letranchant, directeur exécutif de l'information à France Télévisions. "Ce que nous avons voulu, c'est "déshystériser" le débat et la couverture, pour essayer de donner des clefs de compréhension. On veut savoir, on veut comprendre, et le fait que cette émission ait bien marché prouve que nous avons eu raison de le faire".

"Il y a une demande d'information mais pas seulement pour savoir si le rond point va être bloqué, mais au delà de cela, pour essayer de comprendre le phénomène. Mais aussi on voit que c'est une forme de contestation par procuration, avec une adhésion des Français qui est très importante. Est-ce une crise sociale, une crise sociologique, une crise économique et on le voit bien une crise politique, ou en tout cas qui peut le devenir ?" conclu Yannick Letranchant, qui ajoute "on a eu du mal à trouver des invités pour défendre le président de la République parce que ce n'est pas facile". 

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